‹ L'église et son œuvreChapitre 39 sur 98 · I. Quand parut l'Église, où en était l'agriculture · texte numérisé non relu

I. Quand parut l'Église, où en était l'agriculture

Si belle que soit la terre, il y faut la main de l'homme; autrement elle n'a qu'une végétation ingrate et dénaturée, elle se couvre de forêts immenses où le soleil ne pénètre plus, de plantes luxuriantes et éparses qui encombrent le sol et gênent le cours des eaux ; ou bien tout à coup la vie expire, et le désert roule sur les plus belles terres l'opprobre de ses sables stériles. Quand l'homme s'approche de la terre avec ses outils meurtriers et féconds, c'est la vie qui apparaît, c'est le froment et la vigne, c'est la nourriture et le breuvage. Et quand l'homme, au contraire, s'éloigne de quelques pas, quand sa main s'affaiblit, quand il laisse trop longtemps se rouiller la charrue comme l'épée se rouille dans le fourreau, la nature toute puissante, mais désordonnée et aveugle, reprend aussitôt possession du sol ; l'épine triomphante élève audessus des blés desséchés sa couronne de feuilles et de fleurs ; la forêt renaît dans toute sa magnificence; les bêtes sauvages s'installent dans la cabane désolée du laboureur ; les oiseaux reconstruisant leurs nids chantent la défaite de l'homme ; la nature entière se réjouit comme un peuple qui a chassé son tyran et qui a reconquis sa liberté.

Telle était, Messieurs, vers le ive et le ve siècle de notre ère, la situation agricole dans l'Empire

CONFÉRËN EH I I HOMMES

romain démoralisé. Tool le monde voulait jouir, ne rie' voulait travailler; les campagnes ent <L -i mauT- jue

les mœui ent le mal au lieu de le dimi-

nuer et de le guérir. Avec cela, les ] ins

leurs incursions furieui -riaient de dévaster les

et le sol eu:

: plus qu'une image de désolation et 3 tbrèts druidiques couv m-

; les bêtes sauvage : rôder

en plein jour dans l - -romain

traînards «les diverses - germaniques s'étaient

9 bois et en avaient t'ait des repa-

ait nulle part.

- is la double action des vieux Rom rrom-

pus et des jeunes races barbares indiscipline

îlture était partout d ut perdue.

Ou ter et la réhabiliter? Oui va

remettre la main à la et à la charrue? Qui

va renouveler ! le 1 urope? Qui? Ll -

Elle va mène ivres col*

la culturr .ture du sol. Ici, II

sieurs, ir . - et constatons dans le

i intlu - les institutions monas-

tiques. Il y a quelqu à la réeep'

rs du i ligne, régiment de nouvelle

dont il prenait le commandement, le ..né leur souhaitait la bienvenue en termes : Messieurs, notre régiment n'a par

toire: nous tâcherons de lui en faire une. » Et ces paroles si simples et si nobles faisaient courir un frisson patriotique parmi les auditeurs. Ainsi dirent les moines il y a quinze siècles : L'agriculture n'a plus d'histoire: nous tâcherons de lui en faire une. Et ils se mirent à l'œuvre. Voyons-les se livrer au travail et donner l'exemple.

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