II. La famille défigurée par l'homme
Née du souffle de Dieu même dans les berceaux de l'Eden, la famille a été défigurée par la passion de l'homme. Pendant quarante siècles, nous assistons au spectacle de sa décomposition. Entrez dans la maison des païens, à Rome, à Sparte, à Athènes; partout. Vous y trouvez l'infanticide, le divorce, la polygamie. Vous y trouvez Mercure qui protège le vol, Saturne qui dévore ses propres enfants, Jupiter qui sanctionne et divinise l'adultère, Vénus qui autorise les plaisirs de la chair, et les petits dieux du foyer qui sourient à toutes les voluptés de la table en regardant avec indulgence les péchés de luxure... Et, vous adressant à ces familles païennes,. vous leur direz avec Corneille :
Des crimes les plus noirs vous souillez tous vos dieux, Vous n'en punissez point qui n'ait son maître aux cieux.
Elles devaient donc tomber en poudre ces idoles
qui avaient usurpé les hommages du monde ; ils devaient s'éteindre ces foyers domestiques, où la religion était peut-être pire que l'incrédulité
Et, chose remarquable, la seule religion vraie de l'antiquité, la religion juive elle-même, n'a pas pu protéger suffisamment la belle organisation de la famille primitive. Elle a dû faire des concessions aux passions de l'homme et aux inconstances du cœur, en introduisant la répudiation dans la législation matrimoniale. Comme si Dieu, afin de montrer combien c'est un problème redoutable que la création d'une famille, avait voulu réserver à la vraie religion, et encore à la religion arrivée à son plus haut degré de pureté et de puissance, l'honneur d'assainir, de restaurer et de transfigurer les foyers. Jésus-Christ est venu, et il a rendu à la famille une beauté que ne lui avaient pas laissée les jours antiques, une splendeur inconnue même des premiers jours du monde. Voyons cela.