‹ L'Église libre dans l'État libre, discoursChapitre 4 sur 10 · U « L'ÉGLISE LIBRE · texte numérisé non relu

U « L'ÉGLISE LIBRE

surtout de théologie. Je parle uuiquemeDt en homme politique et en historien. Je ne réponds pas par des arguments dogmatiques aux dogmatiseurs qui me condamnent et que je récuse. J'invoque les faits et j*en tire des enseignements purement pratiques, que je vous propose. J'invoque rexpérience et voici ce qu'elle répond.

Il n'existe plus un seul pays au monde (j'entends un pays qui compte dans l'opinion et dans les destinées du monde) où l'Eglise puisse faire fond sur la protection exclusive d'un pouvoir quelconque. Toutes les tentatives faites pour consolider ou renouer l'antique alliance de l'autel et du trône sur la base de l'emploi du pouvoir coactif contre les adversaires de l'Eglise ont misérablement échoué. Au contraire, toutes les fois qu'il lui a fallu vivre et lutter contre ces adversaires, sans pouvoir armer contre eux le bras séculier, l'Eglise a retrouvé, avec une mer-

veilleuse rapidité, les beaux jours de sa force et de sa jeunesse*

. Au début des temps modernes, un prince généreux et habile, qui fut à la fois un grand homme et un grand roi, Henri lY, introduisit en France la liberté de conscience, sous une forme incomplète , mais la seule que pût comporter la société alors. Il donna Tédit de Nantes. Aussitôt éclata cette magnifique efflorescence du génie, de la discipline, de réloquence» de la piété, de la charité catho* liques, qui place le dix-septième siècle au premier rang des grands siècles de TEglise.

Elle commence avec saint François de Sales, et unit avec Fénelon, ce tendre et courageux apôtre de la liberté de conscience. Le petit-fils de Henri IV, Louis XIV, de la même main qui vensdt d*imposer à l'Eglise de France la servitude des quatre articles de 1682, révoqua l'œuvre de son aïeul et proclama l'unité de croyance dans son royaume.

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Tout le monde y vit le triomphe de l'Eglise.

On crut l'orthodoxie à jamais garantie et l'hérésie extirpée. Or, c'est précisément le contraire qui arriva. C'est l'Eglise catholique qui, après un siècle tout entier de décadence, se vît à la veille d'être extirpée du sol de la France. La révocation de l'édit de Nantes ne donna pas seulement le signal d'une odieuse persécution. Avec le cortège d'hypocrisies et d'inhumanités qu'elle traînait à sa suite, elle fut l'une des principales causes du relâchement du clergé, du débordement et des profanations du dix-huitième siècle. La foi et les mœurs disparaissaient graduellement, quand la Révolution vint proscrire l'Eglise. Celle-ci ne se releva que dans le sang, mais pour vivre de sa propre vie, pour user désormais, sans privilège et sans appui séculier, de son immortelle énergie, pour donner au monde le spectacle de la prodigieuse renaissance dont nos

pères et nous-mêmes avons été témoins.

À la suite de cet exemple, combien d'autres ne pourrait-on pas emprunter à Thistoire contemporaine ? Peut-être y reviendrai-je plus loin. Mais, dès à présent, il faut remarquer que la simple apparence d'une alliance trop intime de l'Eglise avec le trône suffit pour la compromettre et l'affaiblir. De 1814 à 1830, nous avons vécu en France sous une Charte qui garantissait la liberté politique et la liberté religieuse, mais en déclarant que la religion catholique était la religion de l'Etat. Depuis 1824 surtout, le Roi et ses enfants donnaient l'exemple public de la plus sincère piété. Il n'y eut jamais l'ombre d'une mesure violente arbitraire contre les dissidents. Mais le ministre de l'instruction publique était un êvêque. Les instituteurs de toutes les paroisses étaient nommés par les évêques. Les professeurs de tous les collèges étaient épurés par Mgr Frayssinous. Or, toute

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celte protection (si légitime et si natnrelle chez les Bourbons) donnée à la religion, n'avait abouti qu'à lui faire atteindre les der* niëres limites de Fimpopularilé. En 1830, tous les prêtres, Tabbé Lacordaire entre autres, étaient réduits à ne sortir dans la rue que sous un déguisement laïque.

En 1848, ce même Lacordaire paraissait en froc dominicain dans l'assemblée des représentants du peuple, et un évêque était appelé à bénir rinauguration de la Constitution républicaine sur la place de la Concorde.

Comment expliquer ce contraste autrement que par l'attitude fière, digne et indépendante que le clergé avait dû prendre bon gré mal gré sous la royauté parlementaire? Je ne dis pas que le gouvernement sceptique et indifférent du roi Louis-Philippe voulût du mal à l'Église ; toujours est-il qu'il ne lui a fait que du bien. Au contraire, le gouvernement de la

Restauration, qui lui voulait tant de bien, ne lui avait fait que du mal.

Pourquoi cet étrange résultat? Parce que, moins l'Église est solidaire d'un pouvoir quelconque et moins elle invoque son appui, plus elle apparaît forte et populaire en face de la société moderne. Celte vérité était reconnue par tout le monde il y a quelques années. De* puis lors, elle a été reniée par plusieurs sous l'empire d'une étrange illusion. J'imagine que, grâce à de récents événements, elle redevient peu à peu évidente pour tous.

Ne craignez pas. Messieurs, que je veuille raconter ici l'histoire de ce qui se passe en France depuis douze ans. Vous comprenez tous le sentiment de réserve et de dignité qui m'empêche d'user de votre bienheureuse liberté pour dire aujourd'hui tout ce que je pense du régime sous lequel je dois rentrer demain pour y achever ma vie.

Je me borne à rappeler en passant que.

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lorsqu'en 1852 l'Empire se releva sur les ruines de la République, en supprimant la liberté de la tribune et de la presse, un trop grand nombre de catholiques se persuadèrent que le pouvoir absolu allait rétablir la prépondérance politique de TÉglise en s'inféodant à elle. On le lui demandait avec tous les transports d'un dévoûment passionné. Malgré des avertissements aussi énergiques que répétés, on se précipitait dans ses bras ou plutôt à ses pieds, en lui disant : « Soyez à nous, nous sommes à vous. » Et on lui montrait nos quarante mille prêtres prêts à devenir les auxiliaires de ses quatre cent mille soldats pour fonderie second Empire. Chacun sait aujourd'hui où tout cela devait aboutir. {Adhésion.) Sans doute l'empereur Napoléon III pouvait user de sa toute-puissance autrement qu'il ne Ta fait. Il pouvait montrer que la ré • pression même extra-légale et violente de l'anarchie n'arrêterait le développement d'au-

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cune de nos libertés anlérieures. Il pouvait, sans porter aucune atteinte à l'égalité de toutes les confessions devant la loi, achever Tœuvre de l'affranchisseraent de l'Église, si heureusement commencée sous la royauté parlementaire et sous la république. C'est parce qu'il ne l'a pas voulu que, dès le début de sa dictature, je me suis séparé de lui. Mais reconstituer l'ancienne prépondérance de l'Église sur la base ou sous la forme du privilège; lui donner, à elle seule, la parole au milieu du silence universel ; la laisser seule libre et seule active en face de ses ennemis enchaînés et bâillonnés, c'est à quoi ni lui ni aucun autre potentat du monde actuel ne saurait réussir, en supposant, par impossible, qu'ils en eussent la pensée. Toutefois la seule idée d'une pareille issue de nos crises perpétuelles, la seule expression de ces prétentions chimériques ont suffi pour refaire à l'Église, en France, une situation périlleuse. Et, s'il

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éclatait aujourd'hui une nouvelle révolution, on frémit à la pensée de la rançon qu'aurait à payer le clergé pour la solidarité illusoire qui a semblé régner, pendant quelques années, entre TËglise et l'Empire.

Ne cessons donc pas de nous rappeler et de répéter les belles paroles de M. Guizot, de cet illustre protestant qui s'est couronné d'une gloire nouvelle en défendant, contre d'ingrats catholiques, la souveraineté pontificale (Applaudissements) :

« Les bienfaits du despotisme sont courts, et il empoisonne les sources mêmes qu'il ouvre. Il ne possède, pour ainsi dire, qu'un mérite d'exception, une vertu de circonstance, et, dès que son heure est passée, tous les vices de sa nature éclatent et pèsent sur la société * . »

Ici, sans doute, je ne prêche que des con-

Histoire de la Civilisation en France^ ^ leçon.

vertis. Dans la libre Belgique, le pouvoir absolu ne rencontre que de rares admirateurs.

Mais je sors d'un pays où, depuis douze ans, Ton a entendu chaque jour, dans le camp catholique, proscrire et maudire la recherche des garanties politiques, la liberté de la tribune et les résistances parlementaires. En étudiant la généalogie de cette école, je lui ai trouvé un ancêtre qui a devancé et résumé toutes ses diatribes contre la liberté politique, dans une fameuse lettre du 7 avril 1771 à Saint-Lambert : « Je ne suis pas par- «lementaire.., j'aime mieuxobéir à unbeau « lion qui est né beaucoup plus fort que moi, « qu'à deux cents rats de mon espèce. » {Mouvement prolongé d'hilarité.) C'est Voltaire qui écrivait ainsi. Le beau lion était Louis XV.

Les monarchies absolues finissent ordinairement par un Louis XV, après avoir commencé par un Louis XL Les catholiques qui, en Belgique, en Au-

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triche ou ailleurs, seraient tentés de se plaindre des inconvénients et des ennuis de cette forme agréable et honnête de la démocratie qui s'appelle la royauté parlementaire» me rappellent ces libéraux naïfs de la Restauration qui s'étonnaient, après la Révolution de juillet, de voir reparaître le budget d'un milliard. L'illustre émule du grand orateur que je citais tout à l'heure, M. Thiers, leur disait : « Âh ! vous vous plaignez d'avoir un « milliard à payer ; eh bien! saluez au pas- « sage ces rives heureuses, car vous ne les « reverrez plus ! » (Hihrité.) A ceux qui murmurent contre le régime constitutionnel tempéré par la royauté, il faut aussi dire : « Sa- «luez ces rives heureuses, car, une fois « quittées, une fois perdues de vue, vous ne « les reverrez plus. Il vous faudra désormais

« naviguer, éperdus et tremblants, en pleine <i démocratie, en pleine république, en plein «suffrage universel, et tâcher de ne pas

« y perdre la lêle. » ( Nouvelle hilarité. ) Nous voici revenus sur le vaste terrain des dangers de cette démocratie qui a envahi le monde moderne ; dangers que les catholiques sont condamnés à rencontrer partout et toujours, mais qu'eux seuls doivent envisager sans crainte, parce qu'eux seuls sont sûrs de trouver dans leur foi la force de les hraver et de les surmonter. Souffrez que je résume ces dangers et que je les définisse en quelques mots.

Le premier de tous est cet esprit révolutionnaire qui n'est pas de l'essence de la démocratie, mais qui, presque partout, se confond avec elle ; cet esprit plus fatal mille fois à la liberté, dont il empoisonne les sources, qu'à l'autorité, dont il ne subit que trop volontiers le joug en échange d'une pâture quelconque jetée à ses instincts destructeurs. {Adhésion.) C'est lui qui, par les terreurs qu'il inspire comme par les appétits qu'il excite, est le

principal auteur de tous les abaissements de la vie publique de notre temps. {Nouvelle adhésion.) C'est lui qui condamne la démocratie à se déshonorer en abdiquant et en se personnifiant tantôt dans un César, tantôt dans une Convention.

Là même où la démocratie n'aboutit pas au césarisme, elle est toujours exposée, en Europe comme en Amérique, à être dissoute et broyée par le niveau égalitaire. Il ne s'agit pas de celte égalité raisonnable et légitime qui n'est que l'équité naturelle appliquée aux institutions sociales, mais de cette égalité brutale qui, en proscrivant toute indépendance et toute diversité, méconnaît à la fois la première loi de la nature et la première condition de la liberté; qui poursuit le talent et l'intelligence comme les richesses et k naissance ; qui dit avec Fouquier-Tinville à Lavoisier : « La République n'a pas besoin de savants ! » et avec M. Louis Blanc, au

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Luxembourg, en 1848 : a La supériorité d'iur lelligenee ne constitue pas plus un droit que la supériorité musculaire. » Là où elle rëgue, et elle aspire à régner partout, Tappauvrisse^ ment et le sommeil de Tesprit humain suivent de près l'asservissement des cœurs, L'invio* lable toute-puissance de la médiocrité pro* page et fomente une défiance haineuse contre tout ce qui s'élève ou se redresse.

Toute pensée libre et virile est mise au ban de l'universelle platitude. Toute dignité personnelle devient suspecte; toute résistance locale ou individuelle» impossible. Le droit est étouffé par la force» comme la qualité par la quantité. Les inégalités naturelles et légitimes nées du travail et du mérite sont sacri-^ fiées aux passions et aux préjugés de la foule. Le talent» l'éloquence» la vertu» la justice sont noyés sous les flots de ces masses aveugles et muettes» irresponsables et in viola* blés» que nul châtiment n'atteint» que nulle le-

çoD ne corrige» mais que dlndignes meneurs égarent et dominent trop souvent, pour les conduire, à travers les saturnales de l'émeute, aux honteuses douceurs de la servitude. L'individu, le citoyen isolé, demeure dépouillé de toute garantie comme de toute initiative; et la propriété n'est pas moins menacée, pas moins dépréciée que l'individu. Dernier abri du privilège, dernier et incontestable signe de l'inégalité, et d'une inégalité choquante entre toutes, elle se voit assimilée à l'aristocratie de naissance. L'héritage rencontre déjà les mêmes objections que l'hérédité. Minée chaque jour par les envahissements de l'expropriation appliquée, non plus à la nécessité ou même à l'utilité publique, mais à la convenance ou à la fantaisie des agents de l'État, l'inviolabilité de la propriété risque d'être bientôt reléguée parmi les préjugés gothiques et les obstacles impuissants que le progrès écrase en passant.

Ces symptômes du mal dont tous les peuples modernes sont atteints, éclatent surtout dans les progrès constants et quotidiens de la centralisation, inventée par les princes pour faciliter le triomphe de toutes les révolutions, et qui, après avoir été le tombeau de la royauté du vieux droit, menace de devenir la prison, Tergastule de la démocratie moderne. Cette centralisation insensée commence heureusement à devenir suspecte aux démocrates intelligents et indépendants ; mais nulle part (depuis nos efforts trop rapides et trop timides à l'Assemblée législative de 1849) on n'a songé à lui opposer une digue sérieuse.

Elle continue partout à armer TÉtat d'une puissance que ne soupçonnaient pas nos^ aïeux ; qui envahit des régions, telles que l'enseignement ^ et la charité, où son ac«

* « En établissant en principe que TÉtat seul en-

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lion avait toujours été ÎDConnue chez les peuples anciens ; qui s'exerce surtout par la distribution exclusive de ces fonctions publiques» dont le nombre s'accroît sans cesse et dont Tardente curée enflamme toutes les classes. Cette passion universelle et furibonde des places fait de la société une proie dont vivent des générations entières de parasites» en attendant que d'autres générations de solliciteurs affamés aient réussi à les remplacer par des miracles de servilité ou par la marée montante d'une révolution. Celte lé-

seigne, et qu'un homme ne peut communiquer oralement sa pensée aux autres à moins de se constituer le salarié de l'État, le parti libéral a fondé un énorme instrument de tyrannie qui fera courir les plus grands dangers à la civilisation moderne. » Savez-vous qui a dit cela? C'est M. Renan dans la Revue des Deua>Mondes de 1858. Il est vrai qu'alors il n'était pas encore chargé d'une mission scientifique par l'Empereur, et professeur salarié par l'État.

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pre sociale se reproduit dans toute l'Europe avec une régularilé effrayante. Il en est de même de celte assimilation qui s'opère entre les législations et les institutions de tous les pays, sur l'échantillon de la centralisation française. Elle prépare l'avénementd'une sorte de cosmopolitisme nouveau qui finira par tuer la notion de la patrie en même temps que le sentiment de la dignité individuelle.

L'Europe marche ainsi par toutes les voies à ce hideux- régime de l'empire romain, sorti, lui aussi t des flancs d'une démocratie cx)rrompue, et qui trouve de nos jours, chez nos savants officiels, chez nos lettrés de cour et même chez certains professeurs allemands S de si effrontés panégyristes. Napoléon P*^ »

déjà montré à l'Europe continentale qu'il n'était pas impossible de courber les nations

* Au premier rang desquels il faut signaler MM. Mommsen et Droysen.

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les plus civilisées sous le joug d'une universelle humiliation. Les lois et les mœurs des Étals centralisés et démocratisés à Texcès abaisseront désormais devant la conquête les barrières et les obstacles dont ne sut pas toujours venir à bout ce grand homme de proie.

Me sera-t-il permis d'ajouter que les progrès de la centralisation ne m'alarment nulle part plus qu'en Belgique? Et si, en échange de la gracieuse et cordiale hospitalité qui nous est offerte ici, j'osais hasarder un conseil d'ami, je dirais aux Belges de tous les partis : « Résistez à outrance aux envahissements de la bureaucratie et de la centralisation. Uésistez, non-seulement par amour pour vos li- Jbertés politiques et religieuses, mais encore et surtout dans l'intérêt de votre nationalité si chère à tous les cœurs vraiment libéraux.

Ne votez pas d'avance dans vos lois l'annexion que répudient votre patriotisme et votre bonheur. » {Applaudissements unanimes.)

Celles mêmes d'entre les nations qui échapperaient par leur grandeur matérielle à la honte d'une absorption sympathique demeurent, tant que la démocratie n'aura pas trouvé son assiette morale, exposées à toutes les humiliations que comportent Tégalité sans la liberté et une civilisation raffinée sans vitalité politique. Elles risqueront longtemps de voir les jalousies de l'égalité aboutir à une servilité croissante; les entraînements étourdis de la foule se résoudre en des paniques et des léthargies ridicules; le niveau des caractères s'abaisser en même temps que celui des capacités ; la réalité de la vie publique remplacée par de vains simulacres; le droit de chacun asservi à la volonté de tous; la vie politique immolée à Tamour du repos, au besoin d'une sécurité éphémère; la révolution évoquée tantôt comme un épouvantai!, tantôt comme une complice, pour enchaîner la liberté publia

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