‹ L'Église libre dans l'État libre, discoursChapitre 5 sur 10 · L ÉGLISE LIBRK · texte numérisé non relu

L ÉGLISE LIBRK

que.... enfin la dictature exercée au nono de la multitude déclarée souveraine, et payant de sa liberté la rançon de sa souveraineté dérisoire; naaîtresse pendant un jour, esclave le lendemain et pour des siècles.

Voilà pour ta vie politique. Mais dans la vie morale, dans la vie de Tâme, que de périls plus graves encore dans Tétat social que les usurpations monarchiques des trois derniers siècles ont légué à la démocratie! La passion universelle et exclusive du bien-être; la disparition du frein de l'honneur, car la foule, disait déjà Machiavel, n*est pas tenue d'avoir de l'honneur; la folle confiance de Torgueil humain, Tinfatuation de l'utopie, le culte dépravé du succès immoral, Fhumilité chrétienne remplacée par la servilité, d'incessantes et formidables tentations dans tous les domaines de la pensée et de l'action ; la vogue d'une publicité sans bornes, acquise à tout ce qui attaque le dogme et la

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morale chrétienne; Teffrayanle popularité d^écrivains sans pudeur et sans foi, si bien qualifiés par M. Guizot de malfaiteurs intetleC" fuels {Afouvement d'adhésion); le théâtre transformé, sous la protection de la police, en laboratoire d*insultes et de calomnies contre nous ; l'histoire indignement falsifiée, transformée tantôt en réceptacle d'immondices, tantôt en réhabilitation systématique des persécuteurs et des bourreaux, depuis Henri VI II jusqu'à Robespierre ; le roman devenu , non plus seulement, comme autrefois, le pourvoyeur du sensualisme, mais encore le prédicateur de la théologie du mal et Tanatomisle des difformités sociales {Nouvelle adhésion); l'éducation de nos enfants, celle même de nos filles, convoitée, disputée par la main insatiable de monopoleurs incrédules qui, sous le nom et les couleurs de l'État, nous les arracheraient pour les enfermer dans des prisons intellectuelles et les

y retenir jusqu'à ce que la trace des croyances domestiques soit oblitérée de leurs âmes; la religion, enfin, victime de l'indifTérence des masses, de Tacharnement des lettrés, de la défiance ou de Thostilité du pouvoir, en attendant que la vraie théorie puisse devenir applicable. Et cette théorie, la voici, exposée à treize ans de distance par deux apôtres qu'il convient de louer au moins de leur franchise. En novembre 1849, un représentant du peuple, alors assez notoire, M. Félix Pyat, disait, dans une lettre publique aux électeurs : « La République a les deux pouvoirs, les deux glaives, car elle procède de la souveraineté du peuple, et le peuple est souverain spirituel comme il est souverain temporel.. Plus de tiare ni de couronne. Le peuple est pape comme il est roi. »

Et Tan dernier ici même, en Belgique, à Bruxelles, au congrès de TÂssociation internationale pour le progrès des sciences so-

ciales, un démocrate français a dit : <( Non , Messieurs, nous ne voulons pas des deux glaives, nous n'en voulons qu'un; mais nous voulons l'avoir dans la main*. » {Sensation prolongée.)

Vous le voyez, ces aspirations à la fois naïves et féroces de la tyrannie fulure nous ramènent aux plus odieuses servitudes du passé. L'idéal de celte démocratie antichrélienne et antilibérale n'est autre que l'omnipotence concentrée dans une seule main, et l'écrasement de l'âme et du corps sous un pouvoir unique, comme en Chine, comme dans l'antique Egypte, comme dansTEmpire romain ^ Et, ainsi que l'a démontré dans trois

* Annales de l'Association internationale pour le progrès des sciences sociales^ IP 11 v., p. 160,

* Qu'on veuille bien réfléchir sur Tabîme de servitude que recèle une phrase comme celle-ci, que j'extrais du Siècle^ c'est-à-dire de l'organe le plus répandu de la démocratie antichrétienne et antilibérale : UÊtat doit obliger chaque citoyen à le ser-

pages admirables notre savant Dœllinger', le despotisme unitaire de l'empire romain était bien moins menaçant pour la liberté de l'âme et de la foi chrétienne que ne le serait l'absolutisme de l'État moderne : ces premiers Césars ne connaissaient ni la censurei ni la police, ni l'enseignement officiel » ni la bureaucratie 9 ni la télégraphie, ni les diemins de fer, ni la gendarmerict ni aucune des ressources infinies que la civilisation met au service de la tyrannie. {Nouvelle sensation.)

En voilà bien long sur les dangers qui menacent l'âme et la société sons le régime démocratique, et je n'ai pas tout dit. Mais j'ai tenu à ne dissimuler ni les périls du

inr de son intelligence comme de son bras {n^ du 5 décembre 4864)! Louis XIV disait bien : VÊtat, c'est moi; mais il n'eût jamais osé en tirer cette conséquence.

* Heidenihum und Christenthum, p. 415

présent ni ceux de Tavenir devant une assemblée de chrétiens, appelés à lutter, eux et leurs enfants, avec la grâce de Dieu , contre toutes les inventions et tous les triomphes

du mal.

Faut-il en conclure que ces dangers, que

ces maux soient plus graves, plus terribles que ceux auxquels nos pères ont été exposés, et dont rÉglise a triomphé jusqu'ici?

Je réponds hardiment : Non. Le monde a toujours été livré à des tentations et à des épreuves faites pour épouvanter les chrétiens, mais non pour les vaincre. Le régime féodal, cette glorieuse et féconde réaction contre rabaissement monarchique de Rome et de Byzance, à côté de ses bienfaits et de son incontestable grandeur, de sa robuste et virile liberté , a vu se creuser dans son sein des abîmes de corruption et d'égoïsme où il a fini par s'engloutir. Avec les seuls écrits des grands saints du moyen âge, tels que

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saint Bernard et saint Pierre Damien, je me charge de tracer de n'importe quel siècle, entre le vu* et le xiii% ces deux âges d'or de la société du moyen âge, un tableau non moins lamentable et non moins vrai que celui qui vous a peut-être troublés tout à rheure. D'ailleurs, en admettant que les maux d'autrefois aient été moindres que ceux d'aujourd'hui, nous n'avons pas le choix. Il ne nous est pas donné d'échanger les maux du xix* siècle contre ceux du xii*, mais il nous est imposé de lutter contre ceux de notre temps, et j'ajoute avec une entière confiance : Il nous est parfaitement possible de les vaincre. (Adhésion.)

Tous les périls que je viens de signaler menacent également l'Église et la société.

Mais l'Ëglise, bien plus sûrement que la société, en possède le remède. Après le secours d'en haut, qui ne saurait lui manquer, elle trouvera dans les idées et dans les institutions

de la démocratie elle-même les armes et les ressources nécessaires pour combattre victorieusement les dangers et les infirmités que ladémocratie a enfantés : Salus ex inimicis tuis. Je ne vais pas jusqu'à prétendre que la religion seule puisse suffire à défendre le monde moderne de la ruine morale qui le menace.

L'exemple de l'empire romain devenu chrétien, et tombé, sous le nom de Bas-Empire, au dernier rang du mépris des hommes, me préserverait de cette illusion. Mais j'affirme quelasociété contemporaine ne se sauverapas sans lin recours énergique au christianisme intégral, au christianisme dans sa forme la plus complète et la plus vitale, à l'Église catholique. Ce ne sera pas assez de toute la sagesse, de tout le courage, de toutes les vertus des générations présentes ou futures, pour lutter contre de si formidables périls; elles y succomberont si elles s'obstinent à s'y engager sans Dieu, sans le Dieu des

chrétiens, le Dieu de TEglise. Oui, si la démocratie, devenue souveraine et seule arbitre de ses destinées, imite la bourgeoisie voltairienne dans sa répugnance pour le frein religieux, dans son indifférence pour le frein moral, dans sa haine du prêtre; si, comme sa devancière, elle se laisse pervertir et énerver par la prospérité, pour ne retrouver la foi et la raison que sous l'empire de la souffrance et de la peur, on peut lui prédire une prompte et honteuse ruine . (ilppfanidissemento.) Elle ne se relèvera, de temps à autre, dans un paroxysme de turbulence éphémère, que pour retomber chaque fois plus bas dans Tabime du césarisme.

La religion^ nous l'avons dit cent fois, a be^ sain de la liberté ; mais nous avons toujours ajouté : La liberté a nm moins besoin de la rdigion^ et plus, mille fois plus que toute autre, la liberté démocratique. Sans le secours de l'antique bienfaitrice du monde, toujours vi-

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vante et toujours jeune» jamais la liberté moderne ne viendra à bout des obstacles et des ennemis qui Tassiégent. Plus on est démocrate, plus il faudrait être chrétien ; car le culte fervent et pratique du Dieu fait homme est le contre-poids indispensable de cette tendance perpétuelle de la démocratie à constituer le culte de Thomme se croyant Dieu.

(Vive approbation.) L'enivrement de soi, l'idolâtrie du bonheur terrestre, Tapothéose de la raison souveraine du peuple souverain, ce poison inhérent au développement de la démocratie, ne rencontre d'antidote que dans la foi et rbumilité du chrétien.

C'est pourquoi Tocqueville, cet illustre contemporain que Ton cite déjà comme un ancien, a prononcé celte sentence immortelle; <( Plus rhomme s'accorde de liberté sur la terre, plus il doit s'enchaîner du côté du ciel. S'il n'a pas de foi, il faut qu'il serve, et s'il est libre, qu'il croie, n (Applaudissements.)

Ici encore, les faits parlent plus haat que la théorie. Tous les pays qui ont conquis et conservé la liberté, toutes les révolutions démocratiques qui ont réussi, portent au front la naarque indélébile de la religion; témoin la Hollande au xvi« siècle, TAngleterre auxvii% rAmérique au xvni% et je suis fier de pouvoir ajouter : La Belgique au xix". Interrogez tous ceux qui reviennent des États-Unis, ils vous diront à quel pointée peuple immense, si grand, si belliqueux, si prodigieux au milieu de ses malheurs, de ses discordes, est dominé parla religion, et comment celte religion, sous une forme, le plus souvent incomplète, erronée, mais sérieuse et sincère, demeure la première de ses institutions politiques, la seule même qui soit universelle et invariable. Le crime

des auteurs de la révolution française, crime impardonnable devant Dieu comme devant les hommes, c'est d'avoir méprisé, outragé et persécuté la religion de la France. C'est pour

cela qu'elle n'a point réussi, et qu'on a pu dire d'elle avec une haute et triste raison : « Civilement, elle a fait son œuvre; politiquement, elle n'est jusqu'ici qu'une grande espérance trompée *. »

Insistons sur celte nécessité, impérieuse pour la démocratie moderne de recourir humblement et cordialement à la religion de ses pères.

Dans l'une des phases les plus récentes de cette révolution qui dure encorey au 24 février 1848, une main ennemie pénétra dans le cabinet du grand et intègre orateur que l'émeute venait de proscrire, y déroba les notes qu'il se proposait de porter le lendemain à la tri* bune, et les livra à la publicité. On y lisait entre autres cet axiome : « Deux caractères essentiels du bon citoyen dans un pays libre : 1* savoir respecter et supporter la liberté

• Le prince Albert de Broglie, en 4855.

d'autroi ; ST savoir se servir de sa propre liberté*. »

Or, je le demande» qai donc enseignera Tart de pratiquer ces deux conditions au bon citoyen de la démocratie moderne? qui, si ce n'est la religion ? — Qui lui enseignera surtout à réagir contre le niveau écrasant de TEtat moderne? qui lui inspirera cette force morale, cette patience virile, cette persévé* rance invincible, cette intraitable indépendance dont nous aurons de plus en plus besoin pour tenir tète au torrent? {Mouvement.) Qui maintiendra la vie dans nos ftmes et Tespérance dans notre cœur, quand nous aurons roulé de mécompteen mécompte, deservitude en servitude, quand nos votes, nos vœux, nos discours seront noyés dans les clameurs serviles de la foule, quand nos mûns seront dé-

« Guizot, Projet de discours publié dans la Revue rétrospective^ n» 28.

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sarmées, nos lèvres cousues, notre plume brisée? {Longue approbatùm.) Qui» si ce n*est la religion ? Car elle seule est la source intarissable de cette force surnaturelle qui maintient le ressort des âmes, qui leur instille rinstinct du droit, de la dignité et de la li^ berté. J'ajoute encore et toujours : La religion personnifiée dans l'Eglise catholique; car c'est elle, et elle seule qui, malgré certaines alliances regrettables et certaines apparences contraires, finira toujours, à un jour donné, par entrer en lutte avec le pouvoir absolu.

Elle seule a su résister au premier des Napo*léons, à rbeure où le continent tout entier se prosternait devant lui. Elle seule sait encore, comme aux jours de sa jeunesse, enfanter des martyrs ; et le martyre, a dit je ne sais plus quel philosophe, est une invention du ciel pour dompter les maîtres de la terre. (Accla^ mations.) Qui encore parviendra à consolider, à réta-

blir dans la conscience des masses celle notion de la propriélé qui a déjà reçu de si rudes alleintes, et que menacent bien d'autres dangers? N'est-ce pas, encore une fois, la religion? Car, on Ta dit très -justement, «pour croire à la propriété, quand on ne croit pas à Dieu, il faut être propriétaire ^ » {Rires universels et prolongés.) Eh ! qui donc pourrait contenir et réprimer cette passion universelle et exclusive du bien-être dont nous risquons tous d'être à la fois complices et victimes , si ce n'est l'Église catholique, elle qui a toujours consacré, avec une sollicitude toute spéciale, l'inviolabilité de la propriété , mais en inspirant au propriétaire l'esprit de sacrifice et d'abstinence, en imprimant à la propriété elle-même le caractère d'une charge, d'une obligation morale? Elle qui a donné au monde le type le plus corn-

* L'Univers, en \H%.

plet, le plus universel et le plus varié de cette propriété corporative si sagement garantie et pratiquée en Angleterre et en Hollande comme en Amérique » si follement méconnue par nos législateurs modernes » et dont la coexistence est indispensable à la propriété individuelle, pour garantir et consolider celle-ci; elle, enfin, dont la spoliation inexcusable a donné le signal de tous les attentats commis au nom de TÉtat contre le droit privé, et justifié d'avance tous les arguments du communisme et du socialisme moderne. {Adhésion.)

Je pourrais ainsi passer en revue toutes les plaies et tous les périls que je signalais tout à l'heure , montrer partout le remède à côté du mal , et ce remède toujours accessible et toujours efficace entre les mains maternelles de l'Église. Mais le temps presse , et je me borne à ceci. Toutes les aspirations libérales et légitimes de la société moderne impliquent

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le développement énergique de Yeffort et de la responsabilitéy de Teffort moral et de la res* ponsabililé individuelle , c'est-à-dire des deux notions fondamentales de la vie chrétienne.

 qui donc pourrait-elle s'adresser pour apprendre à discipliner l'effort » à définir et à mesurer la responsabilité, si ce n'est à la religion chrétienne ? N'est-ce pas là qu'elle est assurée de trouver l'inappréciable et indispensable secours de ces grandes vertus naturelles que la religion adopte» conserve et propage, que l'Ëglise catholique a consacrées sous le nom des quatre vertus cardinales , et qui y reconnues et vantées par la philosophie, n'ont cependant trouvé leur véritable sanction et leur entier développement qu'au sein des sociétés chrétiennes? Ce n'est pas à la politique » c'est au catéchisme que nous demanderons leurs noms et leurs attributions : la prudence , qui éclaire et gouverne notre esprit; Injustice, qui repose sur le res-

pect du bien et du droit d'autrui ; la iempi-rance^ qui réprime toute convoitise déréglée; la force^ fortitudOf c'est-à-dire la force d'âme, qui sait tout braver pour accomplir le bien , et tout souffrir plutôt que de manquer au devoir. J'ose dire qu'aucun régime n'exige la pratique exacte et constante de ces quatre vertus autant que la démocratie. Aucune constitution ni aucun programme politique ne remplacera pour elle cette page du catéchisme. (Approbation prolongée.)

Mais, pour appliquer ces remèdes souverains dont les catholiques sont dépositaires, pour exercer sur la société moderne l'action salutaire qui leur appartient , il leur faut autant de bonne foi que d'abnégation. Il faut surtout que des malentendus invétérés soient éclaircis et dissipés. Il ne faut plus qu'on puisse nous soupçonner de ne pas accepter les conditions d'une époque militante, ni de sacrifier les nécessités ui^entes du temps ae-

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tuel à des chimères, à des regrets , même les plus naturels elles plus honorables; ni surtout de vouloir ramener le monde » directement ou indirectement , à un passé éteint sans retour.

Aucune précaution n'est superflue pour rassurer la susceptibilité ombrageuse de l'opinion à cet endroit. On a toujours et partout les yeux ouverts sur notre conduite, sur nos écrits, sur nos discours, et dès que nous donnons un prétexte quelconque à croire que des doctrines hostiles à la société moderne sont au fond de notre cœur , nos ennemis s'emparent de ce prétexte, si frivole qu'il soit, pour l'exploiter contre TËglise et contre la vérité catholique , pour justifier leurs préventions, leurs violences et leurs iniquités *.

* « Avant tout, les catholiques et la presse catholicjue doivent éviter tout ce qui pourrait faire croire qu'il y a dans le passé certaines institutions, certaines formes politiques et sociales qui échappent^

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D'ailleurs» de même qu'il ne faut pas juger l'Eglise ni l'ensemble de la doctrine catholique d'après les paradoxes ouïes palinodies de tel écrivain excentrique , il ne faut pas non plus juger le fond des principes de la démocratie ni le fond du cœur des masses démocratiques d'après les invectives ou les dénonciations des romanciers et des journalistes en vogue. Tout condamner dans la société moderne parce qu'elle est démocratiaue c'est s'abandonner à une aberration aussi ouérile que de tout admirer dans la société ancienne, parce qu'elle était aristocratique ou monarchique. {Nouvelle adhésion.) La classé moyenne» la bourgeoisie elle-même, que l'on

selon nous, à toul perfectionnement ultérieur; que nos efforts tendent à les louer sans réserve et à les recommander a la génération future comme Tunique moyen de salut. » Mgr Kettler, évéque de Mayence. Liberté^ Autorité^ Église^ 4862, ch. !•% p. S de la traduction de M. Tabbé Belet.

attaque si voloatiers aujourd'hai, d'en haut et d'en bas» et à qui l'on fait payer cher sa prépondérance momentanée; la bourgeoisie, qui a commis de si grandes fautes , n'a pas été tout entière coupable de ces fautes. Â côté de ceux qui les ont commises» et qui, au besoin, les recommenceraient, elle renferme beaucoup d'éléments honnêtes et précieux, beaucoup d'âmes qui ont toute sorte de droits à être étudiées, ménagées et ramenées. Que dis-je? n'est-ce pas elle qui peuple de ses enfants nos conférences de Saint- Vincent de Paul? N'est-ce pas elle qui a donné au catholicisme la plupart de ses plus géné^ reux champions, tels que Lacordaire et Oza<* nam, pour ne citer que les morts ? 11 y a une certûne haine contre le bourgeois» dont certains catholiques se font imprudemment les échos, et qui n'est au fond qu'un symptôme morbide de la jalousie plébéienne dont notre société est aUdate. Ce qu'on poursmt en lui.

c'est encore un semblant d'aristocratie » un dernier débris de hiérarchie sociale. (Trèsbien.) Un dénigrement acre et venimeux ne guérira aucune des plaies d'une société où la bourgeoisie et le peuple» où toutes les classes se confondent et se pénètrent par des influences mutuelles, qui font retomber sur l'ensemble le bien et le mal que l'on serait tenté d'imputer à telle ou telle fraction du corps social. Ne soyons donc ni les panégyristes ni les détracteurs à outrance de la société moderne. Sachons l'étudier, l'avertir, la corriger, s'il se peut ; mais sachons surtout nous persuader que nous n'en verrons pas d'autre.

RésigDons-nous courageusement à la reconnaître et à la servir, avec l'espoir de la purifier et de la relever par la justice et la vérité. C'est le meilleur, peut-être l'unique moyen d'empêcher les révolutionnaires et les Sardanapales de mettre la main sur elle, pour l'exploiter au profit de leur cupidité ou de leur égoïsme.

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Mais il ne suffit pas d'établir que le catholicisme peut et doit apporter un remède souverain aux maux de la démocratie, je prétends encore établir que le catholicisme n*a rien à redouter de la démocratie libérale, et qq*il a tout à espérer du développement des libertés qu'elle comporte.

Le catholicisme a tout intérêt à combattre, pour son propre compte, ce qui menace et ce qui compromet la société moderne et la liberté , qui en est le principe nouveau et yital. L'absolutisme , la centralisation , la démagogie , voilà les grands ennemis de la démocratie libérale : ce sont aussi les forces que rÉglise rencontre partout sur son chemin , partout armées et partout implacables contre elle.

Refouler les envahissements de l'État, consacrer les droits de la propriété, respecter la liberté individuelle, établir et maintenir le droit d'association, voilà ce qu'exigent le pra-

grès et la consolidation de la démocratie; voilà aussi ce que doit vouloir l'Église, car nul n'en profitera autant qu'elle.

Toutes les extensions de la liberté politique et civile seront favorables à l'Église, et toutes les restrictions tourneront contre elle. Quelle est donc la liberté moderne qui ne soit désormais ou nécessaire ou au moins très -utile à l'Église? Il y a des libertés dont la démocratie se soucie peu , et que les catholiques regrettent ou réclament avec raison , telles que la liberté de tester , la liberté de la charité ; il n'y en a pas une seule parmi celles même que la révolution a enfantées dont les catholiques n'aient encore plus besoin que les démocrates. (Approbation.)

Partout aujourd'hui ce sont les catholiques qui ont besoin de la liberté , et qui , bon gré mal gré, l'invoquent ou la regrettent. Partout ce sont nos adversaires qui la restreignent » ou la violent, ou l'escamotent, en invoquant

contre nous le maintien ou Textension des usurpations de l'État sur le domaine de la conscience , de la famille , de la propriété et du libre arbitre.

C'est pourquoi il ne faut jamais cesser de répéter les fortes paroles écrites y il y a vingt ans» par celui qui est devenu le plus illustre de nos évêques , et dont chaque jour , écoulé depuis lors, n'a fait qu'accroître la glorieuse autorité :

« Ces libertés si chères à ceux qui nous accusent de ne pas les aimer» nous les procla* mons» nous les invoquons pour nous comme pour les autres...

« Nous acceptons, nous invoquons les principes et les libertés proclamés en 89...

« Vous avez fait la révolution de 1789 sans nous et contre nous , mais pour nous , Dieu le voulant ainsi malgré vous *. » (Afh plaudissements et bravos prolongés,)

* J)\xpB,nloxip^ De la pacification religieuse^ 4844,

Prenons une à une les idées les plus populaires f les institutions les plus acceptées au sein de la démocratie moderne, je défie qu'on en trouve une seule qui, dans l'étal actuel du monde , ne soit acceptable ou même profitable aux catholiques.

Le xix* siècle se vante , et avec raison , d'avoir restauré l'idée de nationalité. Cette idée , comme je viens de l'indiquer , je la croîs plutôt menacée que servie par les progrès delà démocratie cosmopoTite. Transformée en principe absolu , elle peut, comme toutes les idées et tous les principes de ce monde, provoquer des applications immodérées, périlleuses, et tomber dans l'absurde. Mais,piise en soi, sans exagération, sans abus, elle est une vérité, et comme toute vérité , elle est une puissance. Or , cette idée , d'où vient- elle? Qui donc a bajrtisé, béni, instruit, formé, consacré toutes les nationalités chrétiennes? qui donc a veillé sur leur

croissance avec la plus materoelle tendresse, si ce n*est TËglise? Dans l'antiquité, ne sontce pas les peuples religieux par excellence , comme les Juifs et les Romains, qui ont maintenu la flamme toujours vivante de Tesprit national , dans la bonne comme dans la mauvaise fortune? Et dans le monde moderne, qu'il s'agisse de nationalités triomphantes, comme la France , ou souffrantes comme l'héroïque Pologne; de nationalités unitaires comme l'Espagne, ou mixtes comme la Hongrie ; de nationalités d'origine latine , d'origine germanique ou d'origine mixte comme la vôtre, qui donc ont-elles toutes trouvé à côté de leur berceau et pendant toute leur carrière, si ce n'est l'Ëglise, ses missionnaires , ses pontifes , ses apôtres , ses saints , ses moines , ses innombrables ministres perpétuellement courbés sur les sillons qu'ils creusent de siècle en siècle pour y semer la civilisation , la vertu , la justice et la

liberté? {Vive adhésion.) Il faut supposer , d'un côté, le comble de ringratilude , et, de Tautre , un abîme d'inintelligence » pour établir un conflit entre la régénération légitime des nationalités opprimées et l'inépuisable maternité de l'Église.

D'autres m'objecteront peut-être le suffrage universel. Le suffrage universel! Je n'en suis pas l'apologiste; j'en suis, au contraire, la victime. (Hilarité.) Mais il existe, et il menace de gagner chaque jour du terrain. Ceux qui le réprouvent ou le contestent en droit ne peuvent faire autrement que de le reconnaître comme un fait, et, sachez-le bien, ce fait, une fois introduit, deviendra un fait définitif et une conquête irrévocable. Mais ce fait ou ce droit qu'a-t-il donc d'incompatible avec l'Église, avec la vérité catholique? Nous autres, vieuxlibéraux, vieux parlementaires, hommes des anciens partis, comme disent les nouveaux courtisans (Nouvelle hilarité et bravos)^

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nous pouvons bien nourrir de graves appréhensions, de légitimes inquiétudes sur la possibilité de concilier la pratique du suffrage universel avec les lumières et Tindépendance qu'exige le gouvernement représentatif chez le corps électoral; mais, tous, victimes ou vainqueurs du suffrage universel, nous avons le même intérêt à désirer, à exiger qu'il soit éclairé, affranchi, délivré de toute influence abusive, de la pression des menaces ou des promesses du pouvoir. Ce n'est pas seulement notre intérêt, c'est notre devoir, notre honneur, notre avenir moral qui nous imposent ce programme. En quoi ce programme peutil blesser les intérêts ou les droits de l'Eglise? Pourquoi, d'ailleurs, l'Eglise, née pour éclairer, pour convertir, pour gouverner, non pas quelques hommes, mais tous les hommes; pourquoi craindrait- elle d'être en contact avec les masses sur le terrain du suffrage électoral? Ah! je suis mille fois de l'avis de ceux

qui estiment que l'Eglise ne doit descendre sur ce terrain, comme sur tout champ de bataille électoral, qu'à très-bon escient, avec d'infinies précautions et pour des motifs strictement impératifs. Mais, une fois admise la nécessité pour elle de sortir dans certains cas de sa neutralité politique, pourquoi donc reculerait-elle plutôt devant le suffrage universel que devant le suffrage restreint? N'at-elle pas, au contraire, d'autant plus de facilités pour parler aux hommes que la sphère de son action grandit ? N'a-t- elle pas mille moyens légitimes d'arriver au cœur, à l'esprit, à l'oreille des masses? Et, dût-elle échouer une fois^ deux fois, dix fois même, ne peutelle pas espérer, & meilleur droit que personne, des retours salutaires , des revanches éclatantes? Dût-elle même n'y rencontrer qu'un perpétuel mécompte, s^y exposer avec bonne foi et avec confiance dans son droit serait mille fois moins humiliant que de tout

attendre soit de la faveur d'un prince, ce qui est le plus grossier des pièges, soit de la reconstruction d'une aristocratie, ce qui est la plus chimérique des utopies. (Très-bien! Trèsbien!)

Que dirons-nous du grand principe démocratique de l'égalité devant la loi, de Tégale répartition des charges et des obligations civiles et sociales? En quoi peut-il nuire à l'Eglise, ou gêner son action, ou blesser ses principes? En vérité, cela n'a plus besoin d'être discuté. Ah I nous le savons bien, il y a encore de par le monde des privilèges, et on les invoque encore, et on en créerait trèsvolontiers de nouveaux, mais uniquement contre l'Eglise, contre nous, à notre détriment, et jamais ni nulle part à noire profil. (Adhésion.) Dans l'ordre temporel, l'avènement de tout le monde à tout ; toutes les carrières envahies par un nombre illimité de prèten^ danls pour un nombre limité de places ; les

plus hautes fortunes exposées eu prime aux ambitions les plus obscures ; des convoitises ardentes et innombrables allumées par l'éducation dans tous les cœurs, puis éteintes par d'inévitables mécomptes chez les naufragés de la concurrence universelle, toujours disposés à attendre d'une révolution ce que la chance ordinaire leur a refusé : voilà ce qu'entraîne la démocratie moderne. Certes, il y a là un péril sérieux pour l'organisation politique, pour le repos social, et il peut être permis aux hommes politiques de s'en effrayer. La société en mourra peut-être. Mais TEglise ! elle en a vécu, et depuis dix-huit siècles. {Mouvement prolongé.) Oui, que faitelle autre chose, depuis qu'elle existe, si ce n'est de vivre de ce principe et de ce péril, elle qui n'a jamais admis dans sa puissante hiérarchie aucune condition de naissance ou de fortune, qui a toujours appelé aux plus éminentes dignités de cette hiérarchie les

plus obscurs d'entre ses enfants, qui a eu pour premier pape un pécheur du lac de Tibériade, et qui, en plein moyen âge, en pleine aristocratie féodale, n*a pas connu de pontife plus illustre et plus puissant que saint Grégoire VIT, le fils d'un charpentier toscan? {Nouveaux bravas.)

Mais serrons la question de plus près. Prenons la Constitution belge, la plus libérale en même temps que la plus démocratique de l'Europe. En venant ici, je me suis arrêté, comme toujours, avec une émotion profonde, devant ce monument qui orne votre capitale, le monument du Congrès et de la Constitution, élevé à votre indépendance nationale par les mains de la liberté satisfaite (Adhésion), et couronné parla statue d'un roi honnête homme (Nouvelle adhésion) , d'un roi fidèle à tous ses serments, qui n'a jamais ni opprimé, ni dé* pouillé, ni corrompu personne, et dont le règne aura été, non-seulement le plus long,

mais aussi le plus heureux» le plus populaire et le plus honoré de tous les règnes de ce siècle. {Applaudissements universels. Intenruption prolongée. Lassemblée tout entière se lève pour adhérer de la voix et du geste aux paroles de V orateur.) Au-dessous de la statue de ce roi exceptionnel, j'ai vu quatre autres statues qui représentent les quatre grandes libertés que votre Constitution a données à la Belgique pour patrimoine et au monde pour exemple :

la liberté d'enseignement, la liberlé d'association, la liberté de la presse et la liberté des cultes. Ce sont des catholiques, j'en appelle à tous les souvenirs, ce sont des catholiques qui ont le plus contribué à ce que ces quatre libertés fussent données pour bases fondamentales à votre édifice constitutionnel. {Nouveaux applaudissements.) Us ont eu mille fois raison, quoi qu'en aient pu dire quelques fanatiques d'absolutisme et d'intolérance. Je les en remercie avec le plus tendre respect:

l'expérience les a mille fois justifiés, car il n'est pas une seule de ces libertés qui, aujourd'hui comme en 1830, ne nous soit indispensable à nous, à vous, à tous les catholiques des deux mondes. {Très-bien! Très-bien !)

La liberté de renseignement ! Inutile d'insister sur ce point; C'est nous qui l'avons surtout et partout réclamée; c'est à nous que surtout et partout elle profite ; c'est contre nous, exclusivement contre nous, qu'elle est sans cesse méconnue ou violée par la force ou par la ruse ; c'est à nous surtout qu'on la refuse là où elle n'existe pas encore.

La liberté (T association ! Mais c'est encore à nous surtout qu'elle profite; c'est à nous surtout qu'elle est nécessaire, absolument nécessaire pour toutes nos œuvres de charité, d'enseignement, de dévoûraent, de vie spirituelle et pénitente, pour que l'Eglise, notre mère , puisse vivre de la plénitude

de sa vie , sans être enchaînée , mutilée, comprimée dans l'essor miraculeux de son immortelle jeunesse , de sa prodigieuse fécondité. C'est contre nous seuls qu'on voudrait exhumer ces lois inhumaines, heureusement tombées en désuétude, misérables débris de tous les régimes despotiques, qui refusent aux chréliens associés pour le service de Dieu et du prochain l'égalité, la liberté et la fraternité civique. {Adhésion.)

La liberté de la presse ! C'est-à-dire la publicité, c'est-à-dire la vie intellectuelle, morale, littéraire et scientifique, politique et sociale. Mais où en seraient nos prêtres, où en seraient nos évoques, où en serait le Pape lui-même, dans l'état actuel du monde, si la presse était partout, comme elle l'est dans certains pays, saus la main du pouvoir, censurée, mutilée, étouffée, au gré de quelques laïques ? Comment s'y prendraient-ils pour faire connaître à leur troupeau la vérité, le

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devoir, la véritable et suprême autorité ? A Dieu ne plaise que je méconnaisse les abus de la presse, ou que je veuille réclamer*, comme quelques-uns, son impunité absolue, sa liberté illimitée ! Je ne suis même pas de ceux qui croient que les bons livres ou les bons journaux puissent réparer tout le mal que font les mauvais journaux et les mauvais livres. Mais j'affirme que, dans les pays que nous représentons ici, France, Angleterre, Allemagne, Italie, toute restriction arbitraire infligée à la presse ne tournera qu'au profit des ennemis de la religion, ne servira qu'à accroître le monopole oppressif des vieux journaux, ne généra et ne supprimera que les publications catholiques , ne laissera passer librement que le poison et ne confisquera que l'antidote. (Applaudissements.) Nulle part elle ne profitera à l'Eglise; il n'en résultera qu'un état de choses comme celui que nous voyons en France, où sept évoques

n'ont plus le droit de se concerter pour donner, par la voie des journaux, un avis aux fidèles sur leur devoir électoral , tandis que cent journalistes, officieux ou autres, tenus à la plus stricte réserve envers le dernier des sous-préfets, peuvent, chaque jour, discuter et décrier les droits, les intérêts et les vérités de la religion; tandis que les professeurs salariés par l'Etat pour instruire la jeunesse peuvent librement blasphémer contre la divinité de Jésus-Christ ! J'appelle et j'approuve de tous mes vœux des mesures non préventives qui réprimeraient équitablement les abus de la presse là où il en existe ; j'approuve et j'appelle bien plus ardemment encore toutes celles qui, en la dégageant des entraves fiscales ou policières qu'elle rencontre ailleurs qu'ici, lui permettront de créer une publicité loyale, sérieuse, complète. Car la publicité, c'est l'arme des faibles, c'est le refuge des vaincus, c'est le frein des forts,

des méchants, des menteurs {Vive adhésion); c'est, dans une société démocratique, la garantie suprême, celle que nulle autre ne peut remplacer, et qui peut seule tenir lieu de toutes celles que trouvait l'ancienne société dans la hiérarchie des rangs , dans l'indépendance des situations, dans l'empire des traditions. Pour nous, catholiques, qui sommes en minorité dans tant d'États mod'ernes, et qui, là même où nous sommes en majorité, n'en avons ni les droits ni la force, c'est le premier de nos besoins. La liberté de la presse, c'est la liberté de la plainte, et la plainte, quand elle a pour auxiliaire la publicité , c'est le levier qui renverse les murailles des citadelles et des cachots. (Trèsbien!) Oui, si oppressive que soit la légalité, si violents que soient les préjugés populaires, tôt ou tard la plainte, armée du droit d'écrire et de parler, saura en venir à bout. {Nouveaux bravos.)

C'est la liberté de la presse, aidée et dirigée par la liberté de la tribune, qui a arraché, après trente ans d'efforts, Témancipation des catholiques au bigotisme de la protestante Angleterre. Ce sont elles qui, après dix ans de lu.lte, ont conquis la liberté d'enseignement sous la République française. J'entends dire quelquefois que les catholiques sont opprimés en Belgique ; j'ai même lu, très-récemment, dans une feuille française « que la Belgique était un théâtre d'expérimentation destiné à montrer tout ce que la religion avait à redouter sous une constitution libérale*. » Mais, je vous le demande, à vous, Belges qui m'écoutez, lequel vaut le mieux d'être opprimé comme on l'est en Belgique,

« Le Monde du 6 mars 1863. L'Univers du 16 mars 4858 avait déjà dit : « La Belgique est donnée en « exemple aux nations catholiques pour leur mon- « trer ce qu'un peuple chrétien peut attendre du o règne des libertés modernes. »

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avec la faculté de parler et d'écrire libreroent, et de faire les élections que vous faisiez il y a deux mois, ou d'être protégé, comme on Test ailleurs, avec un cadenas sur les lèvres? {Explosion d'applaudissements.)

Reste la liberté des cultes, que je ne sépare à aucun titre de ses sœurs ; mais cette matière veut être traitée avec quelque détail. C'est une thèse immense et, à quelques égards, nouvelle dans une assemblée comme a vôtre. Vous êtes fatigués et moi aussi ; permettez-moi de ne la développer que de-

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