Monlalembert, Œuvres poléiniques, I, p
non callîoliques, précédemment soumises à la Iiussie, de décider elles-mêmes de leur propre sort, de se développer et de prospérer selon leur génie propreet leurs ressources particulières. » Derechef,encore,Grî eût aimé que Lamennais fût là, — le Lamennais d'avant la révolte : pressentez-vous avec quelle flamme d'allégresse il eût su répercuter ce message du Père commun pour les nationalités non catholiques, message d'amour, message d'émancipation ? A l'heure 011 riiumanité du xx^ siècle, en gestation d'innombrables libertés, tournait un regard pressant, — et très pressé, — vers une dernière souveraineté, cell j du Pape, n'aurait-il manqué à Benoît XV, pour être plus pleinement compris, que d'avoir un Lamennais comme interprète, et d'orienter son verbe émancipateur !
Ballanche écrivait jadis à l'auteur des Paroles cfun croyant : « Vous avez, mis le
feu à la cité du présent, avant de vous informer si la Cité de l'avenir était prête à recevoir ses nouveaux habitants *. » Des millions de vies humainesviennenl d'édifier celte cité de l'avenir sur des assises de douleur et de sang; elle se dessine, elles'essaie ; tant bien que mal, elle s'agence ; le Pape, par son appel au droit des peuples, s'y est naturalisé. Elle ménage à l'Église dos conditions de vie nouvelle et des perspectives nouvelles : essayons de voir, et peut-être de prévoir.