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ces considérations Pour eux, la propriété du sol était un attribut essentiel de l'autorité; c'était la manifestation primordiale du gouvernement qui est indispensable aux sociétés humaines.
Il faut reconnaître que cette conception, qui pour eux était purement traditionnelle, ne manque pas d’une forte part de vérité, en ce sens que c’est bien le lieu qui crée le lien social. Si on imagine un domaine isolé, capable de se suffire par la variété de ses produits, il convient et il suffit pour la paisible subsistance de ses habitants, qu'il soit gouverné par une autorité qui y fasse régner le bon ordre. Telle était en effet la fonction de la puissance paternelle confiée au père de famille, véritable souverain d’un minuscule petit état indépendant. Cet éiément pouvait lui-même se fédérer avec d’autres du même genre pour former la cité, et le groupement des cités constituait la grande patrie. Le défaut de ce système était de considérer principalement une poussière de molécules et de transporter, de disperser la personnalité de l’organisme principal sur les cellules qui le composent. Ces dernières sont bien des êtres vivants. En tant que vivants, ces éléments ont leur fonction propre qu’il faut se garder de méconnaître, mais ils sont imparfaits, privés des organes essentiels des êtres supérieurs, et il est excessif de leur attribuer une trop grande part du pouvoir souverain. À réduire ainsi le cadre de l’association humaine, on en diminue en même temps les ressources et les bienfaits. La division du travail devient difficile
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dans un petit groupe, et on n’y trouve plus les compétences nécessaires aux spécialitést.
Ajoutons pour compléter, que le domaine était attribué non pas à l'individu mais à la famille se continuant indéfiniment. Il renfermait l'autel du foyer et le tombeau des ancêtres. On y célébrait toute une liturgie qui aurait pu avoir une portée morale, si elle n'avait pas été gâtée par d’étranges déviations. Des coutumes du même genre se rencontrent un peu chez tous les anciens peuples, et on trouve encore aujourd’hui chez les Chinois ie culte des Ancêtres.
Par la force des choses, cette souveraineté du père de famille a été vite atténuée, et l’autorité sociale a été établie sur une base plus large. Mais la notion du domaine isolé a subsisté. Il était limité par des bornes sacrées et séparé du voisin par une bande de terre inculte. Il y a eu assurément dans tous les
temps de petites propriétés, où vivaient des familles pauvres d’hommes libres, mais il est clair qu’une telle conception de la propriété, où le père de famille
est un souverain qui rend la justice, postule le grand domaine, et c’est en effet ce qui a eu lieu. Chez les anciens Gaulois il y avait aussi de grands domaines, mais la conquête romaine a eu, en général, pour la propriété privée, de très graves conséquences qu’il est nécessaire d'exposer, Elle a créé, pour un temps, le domaine colossal au profit des grandes familles