‹ l'eglise merovingienne et l'etat pontificalChapitre 9 sur 222 · ALES · texte numérisé non relu

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empirique de lutter contre la vie chère que nous avons connu pendant la guerre, et auquel on a sagement renoncé,

Ce dédain s’appliquait au travail en général, pas seulement au travail manuel. Il y avait cependant une exception pour la culture du sol, qui était anoblie pour eux, par le caractère sacré, que nous allons voir, de la propriété foncière, Mais cette exception était la seule et très strictement limitée. Tout le commerce, et ce qui serait plus tard l’industrie, était abandonné aux affranchis, si ce n’est même aux esclaves. La profession d'avocat était seule admise. Il en résulte que la richesse mobilière ne se créait que très lentement. Les hommes libres qui avaient seuls le droit de posséder la terre, privés ainsi de toutes ressources accessoires, tombaient facilement, s'ils n'étaient pas très riches, à l’état de. propriétaires indigents. Ils étaient obligés de vendre ou d’engager leur avoir, et devenaient, sur leur propre héritage, les colons de leur puissant voisin. . Leur situation se rapprochait de la condition servile, C’est ainsi que la société s’orientait d’elle-même vers la grande propriété qui contenait en germe les éléments du régime féodal.

La propriété du sol, et pour préciser, la grande propriété, voilà ce que voulaient les Romains. C’est sous cette forme qu’ils concevaient la richesse, qui était, avons-nous dit, le but de leurs efforts. Elle était d’ailleurs réservée, dans l’immensité de l'Empire, aux citoyens romains, aux seuls hommes libres qui

Macaigne R

PA TRRE

jouissaient de la plénitude des droits civils et de la protection des lois. Le grand commerce maritime existait déjà, cependant, cette forme de l’activité n'était pas appréciée. Les Carthaginoïs étaient navigateurs et commerçants, les Romains étaient agriculteurs, et ce fut sans doute la cause de leur implacable rivalité. L'histoire ou la légende de Cincinnatus et les Géorgiques de Virgile témoignent de la haute estime où ils tenaient la culture du sol, et ils étaient dans le vrai; c’est ce qui fit leur force, malgré les très graves défauts de leur état politique. La véritable source de la richesse n’est pas dans l'échange, mais dans la création des produits. L’agriculture a été, à juste titre, dans tous les temps, et elle est encore aujourd’hui, la plus noble des professions, parce qu’elle s'applique à des objets de première nécessité, et dont on ne peut pas abuser. Le premier qui inventa la charrue est le plus grand bienfaiteur de l’humanité.

Mais, les Romains voyaient dans la propriété du sol quelque chose de plus. Pour nous, l’idée du travail domine tout. La terre est un capital, comme un autre, qui est tout d’abord le fruit de l’épargne que chacun a réalisée pour assurer sa propre subsistance, Et quand le domaine dépasse les besoins de l’individu au sens le plus large, cette partie du sol constitue un instrument de travail, dont l’appropriation est alors justifiée par l’intérêt général des consommateurs, et non pas pour l’avantage particulier d’un seul. Les .vieux Romains n’entraient pas dans

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