‹ l'eglise merovingienne et l'etat pontificalChapitre 126 sur 222 · partie, en · texte numérisé non relu

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2. Marion, Diction. des Insi. de la France aux xvu® ei xvix1® siècles,

Paris 1923, p. 321.

rel, au total 37 sur 139, soit environ un tiers, pour les évêques comme pour les archevêques. Mais ces dignités n'avaient aucun rapport avec la hiérarchie ecclésiastique, de simples évêques en étaient pourvus alors que leur métropolitain n’en avait pas. Voici quel en était le détail d’après lAlmanach Rogal de 1789,

Il] y avait 19 comtes-évêques et aucun comtearchevêque, Lisieux, St-Pol-de-Léon, Agen, Cahors, Vabre, Rodez, Mende, Aleth, Agde, Montpellier, Lodève, Gap, Die, Valence, Viviers, Chalon-sur- Saône, Autun, Toul, Verdun.

Trois évêques étaient comtes et pairs, Noyon, Beauvais, Châlons-sur-Marne.

Deux archevêques et deux évêques étaient ducs et pairs : Reims, Paris, Laon et Langres.

Un archevêque et deux évêques étaient princes : Embrun, Apt, Grenoble.

Deux archevêques et trois évêques étaient princes du Saint-Empire : Besançon, Cambrai, Belley, Metz, Strasbourg.

Enfin, un archevêque et deux évêques étaient présidents des Etats : Narbonne, Lescar, Pamiers.

N'oublions pas que dans tous les autres cas, l’évêéque jouissait toujours d’un certain pouvoir temporel, aucun prélat n’était dépourvu d’une justice seigneuriale plus ou moins étendue, C’est ainsi que la ville de Nantes était partagée à peu près également entre le comte et l’évêque. On peut donc dire, pour tâcher de résumer d’un mot une situation très compliquée, que le tiers, ou peut-être même la moitié

du territoire a été à une certaine époque, vers le xne siècle, soumis à la souveraineté temporelle des princes de l'Eglise. On admet, d’autre part, que la propriété ecclésiastique a pu s'étendre au cinquième de la superficie totale, Les deux chiffres qui s’appliquent à des choses différentes sont bien d’accord, la souveraineté politique étant naturellement plus étendue que la propriété privée Mais la première n’a pas survécu au régime féodal, et, après le xvI® siècle, il n’en restera plus que des débris, qui disparattront en 1789.

En Allemagne, les mêmes causes ont agi plus profondément, et elles ont amené des résultats durables, qui ont persisté jusqu’en 1803, après avoir produit le terrible déchirement de la Réforme.

Tout d’abord, l'Eglise d'Allemagne est en retard de plusieurs siècles, elle n’a pris naissance dans le nord qu’au vire siècle et au 1x£ siècle. Le Saint-Empire qui lui est uni est une création de Charlemagne, il ne faut pas s’étonner d’y rencontrer la confusion des deux pouvoirs. Au xi® siècle, c’est une théocratie purement laïque. L'empereur Henri II (1002 à 1024), ne craint pas de s’attribuer des pouvoirs strictement ecclésiastiques. En 1013, il a suspendu a divinis, de sa propre autorité, l’évêque de Metz, pour avoir porté plainte à Rome. Il agissait avec une pleine sincérité, et sa grande piété l’a fait néanmoins placer sur les autels. C’est le saint Henri dont la fête est célébrée le 15 juillet.

Cent ans plus tard, après la querelle des investitures, qui suivit nécessairement une telle usurpation, sous des souverains qui n'étaient pas des saints, la situation fut retournée. Le pape Adrien IV (1151- 1159), proclama l’Empire, bénéfice pontifical. A quoi Frédéric Barberousse répondit qu’il ne tenait sa couronne que de Dieu et de l'élection de ses sujets. Le conflit était dès lors bien plus violent qu’il ne fut plus tard en France, sous Philippe le Bel.

Cette grande question ne rentre pas. dans mon sujét. Je dois me borner à examiner le cas où il y eut simple réunion des deux pouvoirs sur la tête des princes de l'Eglise, ce qui, sans conteste possible, est en soi parfaitement légitime.

Ici comme en France et pour les mêmes motifs, afin de faire échec à la féodalité héréditaire, les rois préféraient aliéner une partie de leur pouvoir à des personnages qui n’avaient pas d’enfants. Les Ottons entreprirent donc au x® siècle ce que vont faire les. Capétiens. Leurs premières tentatives furent mal accueillies dans le clergé même. L’archevêque de Mayence, Frédéric fut assez clairvoyant pour comprendre que la réunion pourrait amener la confusion et qu’elle aboutirait à une véritable laïcisation des dignités ecclésiastiques. C’est ce qui eut lieu en effet. Et cependant, la querelle des investitures ne portait pas sur les droits régaliens, mais sur la jouissance du domaine privé de l'Eglise. Même, il ne s'agissait que d’une simple cérémonie, mais qui pouvait induire en erreur, à une époque où les symboles de la liturgie étaient familiers à tous les es-

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