Papa Ste- 756. Papa
phanus defunc- Stephanus de- Papa Stephanus tus. functus. defunctus.
__ Franci quieverunt excepto custodes directos
ad Arbonam.
— Ce tableau est instructif pour ceux qui garderaient quelque illusion sur la valeur des annales brèves. Les deux premières colonnes comprenant les numéros 7, 8 et 9 placent correctement l'élévation au trône de Pépin en 751, mais la troisième, le numérol0, la recule en 754 ou 752, car l’auteur se demande s’il ne devrait pas remonter toute sa chronologie de deux ans. En outre, qu’il attribue au pape Etienne, tout ce qui regarde le pape Zacharie.
Les deux campagnes sont portées dans les deux premières colones en 753 et 755, avec une année d'intervalle, et on trouve dans la première colonne, mais non pas dans la seconde, la petite phrase, Franci
ce
absque bello quieverunt, à laquelle Jaffé attribue une importance décisive. Cette phrase est inscrite à l’année 754 où il n’y a rien d’autre, et cette année a été en effet, dans tous les systèmes, un temps de repos entre l’expédition en Saxe de 753 et la première campagne, supposée comme je le soutiens, en 729. La troisième colonne porte les deux campagnes en deux années consécutives 754 et 755 ou bien 752 et 753.
Ce n’est pas tout, la première colonne n°® 7 et 8, place correctement l’arrivée du pape en 753, style de Pâques ou de mars, mais elle comprend dans la même phrase tout ce qui regarde le voyage d’Etienne II, son arrivée, l’expédition en Italie et son retour à Rome, comme si le pape, qui est le sujet de toute la phrase, avait levé et conduit lui-même l’armée des Francs. Cependant les mots, receptas res sancii Petri, qui suivent aussitôt ne conviennent pas à la construction grammaticale. La deuxième colonne a corrigé en ajoutant les mots Pippinus rex, et elle attribue ainsi au roi la direction des opérations militaires, ce qui en effet plus convenable. Il en est de même dans la troisième colonne, mais alors il n’est plus question de pape, de sorte qu’à la fin de la phrase le verbe reversus est ad sedem suam, n’a pas de sujet.
Enfin, les deux premières colonnes, 7 8, 9, ont le grave défaut de faire mourir deux fois le pape Etienne, en 75b en 756. La vraie date est 757. De même la troisième colonne, 10, fait mourir deux fois sairt Boniface, en 7£° et 7E4. Il est vrai que
Jaffé ne s'appuie ici que sur le n° 7. Il n’était pas inutile cependant de citer les n* &, 9 et 10, pour compléter ce que nous savons des Annales de Murback.
Ces incohérences indiquent des remaniements compliqués, qui enlèvent toute valeur au témoignage direct des documents. Nous ne savons pas ce qu’il y avait dans le manuscrit original de Murbach, puisque nous n’en avons que des copies aussi défectueuses. On ne peut même pas conjecturer comme Jaffé, qu'il intercalait une année entre les deux campagnes. Il y a apparence, en effet, que les n%® 7 et 8 qui placent la première campagne aussitôt l’arrivée du pape, fin 753, ont fait erreur et que l’inscription doit être reportée à 754, ce qui donne les deux années consécutives 754-755. C’est ce que porte le n° 10, qui offre à l’année 755, une dépendance textuelle bien marquée avec les autres. Il est donc très possible que telle était la leçon primitive, qui aurait été corrompue dans les exemplaires 7, 8, et 9. Mais, quand même le manuscrit de Murbach aurait présenté l’année de paix intermédiaire comme Jaffé l’a supposé, cela ne suffirait pas encore à emporter la solution, car l’annaliste, même contemporain, a pu se tromper. Quand plusieurs documents ne sont pas d'accord, il faut bien prendre parti et sacrifier l’un d'eux. On choisira celui qui s’accorde le moins bien avec l’ensemble des faits qu’il faut faire entrer dans le cadre de la chronologie. Cest ce que nous verrons dans la suîte.
ga :