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LES CHRONIQUES FRANQUES

La plus importante des chroniques franques est la Continuation de Frédegaire. La partie qui nous concerne appartient à la quatrième continuation, qui va de l'élévation au trône de Pépin jusqu’à sa mort, 751 à 768, sur un espace de 17 anst. La troisième continuation était faite sur l’ordre de Childebrand frère de Charles Martel, ce dernier est remplacé maintenant par son fils, le comte Nibelunge. Le rédacteur qui écrit sous sa dictée, et qui peut-être n’a pas changé à la même époque, est certainement un clerc, il se révèle par de nombreuses citations de lEcriture. Sous cette forme d'emprunt son récit est vraiment celui d’un homme de guerre, où on devine aisément la personnalité de l'inspirateur. Ce dernier qui en réalité est l’auteur principal, est très bien informé par sa position à la cour, et la part qu’il a prise lui-même aux opérations milibaires. La narration ne laisse rien à désirer sous le rapport de la précision et de la clarté. Elle mérite le titre d'histoire véridique, mais elle a le défaut d’être très incomplète, elle passe sous silence des faits importants, et par-dessus tout, l’auteur, comme ses contem-

1. Fredegarii Continuatio, Mon. Germ. SS. Rer. Merov. II, P. 181 sqq.

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porains, ne peut jamais se résigner à donner une date. Il empile les faits les uns sur les autres, en se bornant quelquefois à dire qu’il passe à l’année suivante, sequenii anno, voilà toute sa chronologie.

Cette formule cependant est relativement précise, bien qu’elle prête à toutes les confusions des annales divisées par années. Il en emploie malheureusement aussi une autre qui est beaucoup moins claire, evolulo anno. On croirait, naturellement, qu’il s’agit de !la révolution d’une année complète de douze mois environ et c’est ainsi que D. Bouquet l’avait interprétée au chapitre cxxit. Mais Oelsner a remarqué qu’au chapitre CXXxXIV, la même expres sion signifie que l’année courante est arrivée à son terme?, Elle est donc a peu près synonyme de sequenti anno, maïs avec une part d’indétermination qui est tout à fait dans la manière de l’époque. Ceci se rattache à la question soulevée par la date de la première campagne en Italie. À

Il faut citer ensuite la Chronique de Moissac. Elle est quelquefois divisée par années, mais au temps de Pépin elle offre un récit continu et très bien informé. L’auteur assistait certainement à l’entrevue de Ponthion. Il donne encore des détails qu’on ne trouve nulle part ailleurs, sur les négociations de Pépin avec Astolf et sur les traités de paix qui ont suivi, mais il a dû ensuite se trouver éloigné

1. D. Bouquet, Rec. des hist. de France. V. xxxvui. 2. Oelsner, Koenig Pippin, p. 451.

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