MAT
puisqu'il a noté, et si à propos, le jour où le papé est parti de Rome, pourquoi ne dit-il pas encore bien plutôt, celui où il y est rentré ? Et ce retour triomphal n’est pas le seul événement heureux dont il aurait dû conserver la date. Il est manifeste qu’il a pour cela une raison, 1l veut masquer la longue durée du séjour que le pape a fait en France, et il y a réussi puisque des historiens aussi avisés que Jaffé, Oelsner, Martens et Duchesne ont été dupes de cette supercherie. Son récit qui tout d’abord était bien suivi, devient confus et embarrassé, dès qu'Etienne II a passé la frontière. C’est alors qu'il groupe les faits, qu’il les résume, et enfin même qu’il les transpose, comme nous le verrons pour le sacre, de telle sorte qu’on n’en peut pas saisir l’enchaînement, et qu’il faut un effort de critique pour en rétablir la successiont, Les documents d’origine franque nous permettront de compléter sa narration. Et nous verrons que l’un d’eux doit être regardé comme un appendice de la Vita Stephani, car il est l’œuvre du même auteur. Je veux parler de la première partie de la Revelatio Slephani, qui a été écrite par Christophore pendant son séjour en France. Cette pièce sera étudiée plus loin.
i. Ce jugement est bien conforme à celui de M. Hubert qui, pour apprécier les reproches formulés contre le caractère tendancieux du biographe d’Etienne II, s'exprime ainsi : « Ces remarques expliquent sans doute les lacunes de la Vita Slephani, mis elles n’infirment pas en général l'exactitude de son témoignage. » Loc. cit.