CHAPITRE VIII
LES ANNALES DE LoRsCH ET LES ANNALES D’EGINHARD *
Jaffé n’a tenu aucun compte, dans sa critique, de deux documents qui méritent pour le moins d’être signalés, il les a complètement passés sous silence. Les Annales de Lorsch, 741-7881, et les Annales d'Eginhard, 741-8292. Nous allons voir que ces deux séries d’annales sont cependant des sources de l’histoire qu'il ne faut pas négliger, de l’histoire officielle s’entend, qui appelle sans doute, dans le détail, certaines réserves, mais qui a tout de même sa valeur pour le gros des événements.
Ces annales conservent tout d’abord, pendant une dizaine d’années, l’allure des annales brèves, mais quand elles arrivent précisément à l’époque qui nous intéresse, les faits y sont accompagnés d’un commentaire assez court, qui en fait connaître la liaison. Elles se rapprochent dès lors du récit continu des chroniques, et elles offrent les mêmes avantages d’un peu plus de clarté.
Depuis 741 jusqu’à 788, les Annales de Lorsch ressemblent beaucoup à celles qui portent le nom d'Eginhard. Après 788, il y a identité complète,
1. Annales Laurissenses, Mon. Germ., I, 124-174. 2. Einhardi Annales. Ibid. 125-218