‹ l'eglise merovingienne et l'etat pontificalChapitre 153 sur 222 · LION EE · texte numérisé non relu

LION EE

C’est pourquoi on dit que les À nnales de Lorsch s'arrêtent en 788. En réalité elles sont prolongées dans les manuscrits jusqu’en 829. Ce phénomène bizarre a recu l’explication suivante.

Tout d’abord, il n’y a pas de supercherie littéraire dans le titre donné aux Annales d'Eginhard. On constate entre elles et la Vila Caroli des analogies manifestes. Elles sont donc bien réellement l’œuvre de l’homme aussi remarquable par sa piété que par sa science, qui vivait à la cour de Charlemagne. Il a été l’historiographe du grand roi pendant sa vie; quelques années après sa mort, il a consigné, comme nous l’avons déjè vu, dans une biographie spéciale, les souvenirs et les réflexions qui n’avaient pas trouvé place dans l’histoire officielle, ou qu’il n'aurait pas osé publier du vivant de l’empereur. Or, Eginhard est né en 770, il avait donc 18 ans en 788. Cette précocité ne doit pas nous surprendre. Il commença dès cette époque à rédiger la continuation des annales que l’on tenait de l’abbaye de Lorsch!, dont il était l’un des hôtes familiers. Plus tard, il effectua une révision de la partie antérieure, ce qui composa une série complète qui porte son nom. Je ne crois pas nécessaire de préciser davantage les raisons de cette thèse présentée par Pertz, il y a déjà plus de cent ans, et qui n’a pas, à ma connaissance, été contredite.

Toute la seconde partie des Annales d'Eginhard jouit d’une autorité incontestée, elle est regardée

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