‹ l'eglise merovingienne et l'etat pontificalChapitre 168 sur 222 · LE SACRE · texte numérisé non relu

LE SACRE

La seconde partie de la Revelaïlo est postérieure de plusieurs années, entre 761 et 767. Elle cite des

NE

faits tellement précis qu’elle a certainement pour auteur un personnage bien informé, Et comme abbé Fulrad n’y est pas nommé, il est probable qu’elle a été écrite sous sa dictée. L’abbé Fulrad n'était pas un simple moine, mais un grand seigneur dont les contemporains sont toujours heureux de prononcer le nom. Le copiste de la Clausula, que nous rencontrerons tout à l'heure, n’y a pas manqué. Dès qu'il vient à parler de l’abbaye, il s’empresse d'ajouter «ub1 et venerabilis vir Folradus archipresbyter et abbas esce cognoscitur, »

Nous connaissons déjà le début, la phrase cités plus haut poursuit ainsi :

« unxit in reges Francorum florentissimum regem Pippinum et duos filios eius Carolum et Carlomannum. Sed et Bertradam conjugem ipsius incliti regis, indutam ciciadibus reglis, gratia septiformis spiritus sancti in Dei nomine consignavit, atque Francorum proceres apostolica benedictione sanctificans, auctoritate beati Petri sibi a Domino Deo Jhesu Christo tradita obligavit et obtestatus est, ut numquam de altera stirpe per succedentium temporum curricula, ipsi vel quique ex eorum propagine orti, regem super se praesumant aliquo modo constituere nisi de eorum propagine quos et divina providentia ad sanctissimam apostolorum sedem tuendam éligere el per eum, videlicet vicarium sancti Petri, immo Domini nostri Jhesu Christiin potestatem regalem dignita est sublimare et unctione sacratissima consecrare, »

Macaigne 27

Cette phrase interminable nous présente un véritable procès-verbal de la cérémoine, lequel comprend un résumé très précieux du discours adressé par le pape aux grands du royaume. Il est curieux de voir avec quel soin l’auteur s’applique à définir la situation assez compliquée, qui est celle du roi envers le Saint-Siège, L'expression fidelis sancli Petri n’est pas employée. Il est dit, au contraire, que le roi a été élu par la Providence pour protéger le Siège Apostolique, ad sanctissimam aposlolicam sedem tuendam. Ce devoir de protéger était précisément celui du suzerain à l’égard du vassal, mais le rôle du pontife romain est relevé tout aussitôt, car c’est de lui que vient la dignité royale, in poleslalem regiam sublimare — allusion à la consultation du pape Zacharie — et l’onction sainte a été le signe de cette faveur de la Providence.

Enfin, Etienne souhaite que cette récompense se prolonge très loin dans l’avenir, et, connaissant la constitution semi-élective de la monarchie franque, - 1l déclare aux grands du royaume que c’est pour eux une véritable obligation, il les conjure, obligavit et oblestalus est, de toujours choisir le roi dans la descendance du protecteur de l'Eglise romaine.

Nous verrons tout à l'heure quelle déformation ces paroles si mesurées ont subie dans l'imagination populaire, quand le copiste de la Clausula les a citées de mémoire,

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