‹ l'eglise merovingienne et l'etat pontificalChapitre 203 sur 222 · ET LE MONASTÈRE DE SAINT-VERENUS · texte numérisé non relu

ET LE MONASTÈRE DE SAINT-VERENUS

Il y a dans le Codex Trevisano, immédiatement à la suite du Fantuzzi, un autre texte commençant par les mots Hic Dominus, et on a pu croire qu’il s’agissait d’un extrait du traité conclu en 756. Telle est l’opinion d’un réviseur qui a inscrit en marge cette annotation dont l'écriture est postérieure : Ex pacto Stephani secundi pontificis cum Aistulfo Langobardo medio et opera Pipini confecto. La pièce elle-même ne dit rien de pareil, en voici le texte que je reproduis d’après l'édition de MM. Schnürer et Ulivi (p. 113). L’unique manuscrit se trouve dans le Codex Trevisano, page 9 et il est écrit en marge, à la hauteur du titre : « 756; dand cr. X. Eg. cr. 80 ». Ce qui signifie que les faits se rapportent à l’année 756; qu’on peut consulter les Chroniques de Dandolo à la page X; et que la pièce est tirée du Liber Egnalit, page 80.

« Hic Dominus apostolicus Stephanus perfidiam Aiïstulphi et Langobardorum eius, qua infestatus erat, non ferens in Franciam ad Pipinum regem perrexit. Qui ab illo et a filiis suis Carolo et Carolomanno honorifice ut decuit, susceptus est. Qui.

Se

apud Parisium aeger effectus convalescens fœdus pacti cum memorato rege init, ibique terminatos terminos in pacti pagina inseruit quae ad iura apostolica inviolabiliter perseveret. Ibi in [seruit] ipsos terminos Venetiae et Istriae eum omni integritate sua; quae scripta sunt sicuti iuniaris Stephani epis® tola ad Joannem Gradensem declarat. Sic enim in termino Romanorum in codem pacto inserti sunt : Cursiga, de (Cursiga in Lunam, de Luna in Pistoria, de Pistoria in monasterio Sancti Severiani in monte Pardoni, de monte Pardoni ambas Tuscias, de Tuscia in Parmam, de Parma in Regio, de Regio in monte Silice, deinde per Bituness ducatum Vene- [tiarumlet Istriam integriter cum vicis, villis castris oppidis et parochfis integriter, deinde Cumaclo et ceteris ».

Nous avons donc un extrait non pas du traité de Pavie, mais de l’acte de Quierzy lui-même ou de quelque document qui en dérive. Notre fragment reproduit principalement les parties du dispositif qui intéressent la Vénétie-lstrie, mais il donne aussi un résumé très bref de l'exposé historique. Il y a donc là un nouveau témoignage relatif au texte de la donation, et qu’il faut utiliser. Le tableau ciaprès que j’emprunte à MM. Schnürer et Ului (p.117) fait ressortir les analogies et les différences qu’il présente tant avec le Faniuzzi qu'avec la Vila Hadriani,

... Qui (Stephanus) ab illo (Pipino) et a filiis suis Carolo et Carolomanno honorifice, ut decuit sus-

cepius est.

Qui apud Parisium daeger effectus convalescens foedus pacii cum memo-

rato rege iniit.

Cursiga, de Cursiga in Lunam de Luna in Pistoria

De Pistoria in monasterio Sancii Severiani in monte Pardoni de monte Pardoni ambas Tuscias

de Tuscia in Parmam de Parma in Regio

de Regio in monte Silice

deinde per Bituneas ducatum Venetiarum et Isiriam integriter cum vicis, villis, castris, oppidis et parochiis ïintegriter.

deinde et ceteris

Cumaclo.

Qui summus ponti fex..a filiis nostris et a nobis cum omni humilitate seu devotione suscepius est.

Inter haec papa eger effectusest. sed .… convaluit.… sub … hoc pactionis foe-

’ dere.

ab insula Corsica.…

deinde a civitate Pistoria inde in Lunis

deinde inLuca

Deinde pemonosterium S. Veriani in monie Parionis

inde in Parma.

deinde in Hegio inde in Mantua, deinde in Verona deinde in Vicentia deinde in montem Silicis deinde per Bituneas ducatum Veneliarum el fistriae inlegriter cum omnibus civitatibus, casiris oppidis, vicis parochiis ecclesiis eis subsistentibus deinde Andrianensem civitatem in Cumaclum deinde in Ravennam cum ipso exarchatu…. Aemiliam, Tuscias ambas,

a Lunis cum insula Corsica

deinde in Suriano

deinde in monie Bardone, id est in Verceto.

deinde in Parma deinde in Regioet exinde in Mantua

atque monte Silicis atque provincias Veneïtiarum et Istria.….

— Do

Il est intéressant de comparer ce rapprochement avec celui que nous avons déjà fait entre le Fantuzzi et la Vila Siephani, car on voit ici, ce que c’est que la dépendance textuelle, où les mêmes mots reparaissent, parfois à des cas différents, mais imprimant une trace bien claire de la commune origine des deux pièces. La parenté est plus éloignée, comme nous le savons déjà avec la troisième colonne, mais elle est très étroite entre les deux premières. Tout le passage relatif à la Venetie-Îstrie est identique, y compris l’expression per biluneas, qui est caractéristique par s a rareté, à tel point qu’on ne sait pas au juste ce qu’elle veut dire. Le contexte semble indiquer qu’il s’agit des lagunes de Venise.

Cependant, les divergences entre ces deux colonnes sont assez sensibles. La plus remarquable est l'indication des noms des deux fils de Pépin, Charles et Carloman, qui ne sont pas dans le Fantuzzi, mais dont les signatures devaient se trouver à la fin de l’acte lui-même. Ainsi, le rédacteur du Hic Dominus a eu entre les mains un exenplaire complet de la donation, mais un exemplaire interpolé, et c’est d’un texte semblable que s’est servi l’auteur du Faniuzzi, puisque ces deux fragments n'étant pas en dépendance directe l’un de l’autre, renferment les mêmes articles que nous avons reconnu être des interpolations. C’est ce Quierzy interpolé que M. Schnürer a appelé le Pseudo-Quierzy, et il en place la confection, sans dire pour quel motif, entre 778 et 780.

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