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LES CAUSES LOINTAINES DE L’ÉTAT PONTIFICAL

Une vue très superficielle de l’histoire reconnaît la rivalité, et bientôt lantagonisme qui se manifesta de bonne heure, entre l'Orient et l'Occident de l’Empire. Le mal s’est développé régulièrement jusqu’à son terme, qui a été le schisme du xie siècle; la rupture politique du vine siècle marque une étape de son évolution. Ces faits sont tellement connus qu'il me suffira d’en relever très brièvement quelques traits principaux.

En outre, la faiblesse militaire de l’Empire Grec, attaqué à la fois par les Arabes et par les Avars, ne lui permit pas de se défendre contre les Lombards; c’est ainsi qu’il fut conduit à se désintéresser de l'Italie. Cette autre cause se rattache directement à l'invasion venant du nord et du midi, nous verrons cependant comment elle se combine avec la précédente. 11 semble qu’une autre politique de la part des empereurs de Constantinople, politique

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d’union et de paix religieuse, aurait pu grouper utilement tous les éléments du vieux monde romain et résister victorieusement aux envahisseurs.

Mais l’Italie, perdue pour les Grecs, allait tomber au pouvoir des Lombards, et on reviendrait à ce qui existait avant la conquête de Bélisaire, quand elle était occupée par les Goths. Contre cette éventualité, l’orgueil national des Romains se révoltait, et il a réagi avec énergie. La domination des Goths s’était imposée tout d’un coup, et elle avait duré 70 ans. Les Lombards s'étaient montrés moins forts, ils n’avançaient que peu à peu. Les Romains avaient pour eux le plus profond mépris; leur être soumis était une humiliation insupportable, pour eux du moins, qui se regardaient comme les héritiers les plus directs du vieil Empire. Et de fait, le prestige de la Ville Eternelle avait survécu longtemps, même chez les peuples germaniques. C’est là un sentiment que nous comprenons mal aujourd’hui, nous qui voyons de loin l’ancienne Rome, à travers l’irrémédiable chute de sa puissance. Mais la société d’alors était encore toute romaine, et cette violente hostilité, ce mépris des Lombards est ce qui apparaît continuellement dans les documents de l’époque.

C’est ainsi que, pour ne pas devenir Lombards, les Romains se sont tournés vers les Francs. Ils ont été aidés par l'incroyable maladresse du roi Astolf, un vrai barbare, en régression singulière sur ses prédécesseurs Luitprand et Ratchis. A cet égard, la Rome pontificale est bien un prolongement de la Rome impériale. Aussi, l’intervention des Francs

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