‹ l'eglise merovingienne et l'etat pontificalChapitre 91 sur 222 · Einhardi, Vita Caroli II. Jaffé, Mon. lar., p · texte numérisé non relu

Einhardi, Vita Caroli II. Jaffé, Mon. lar., p

pas entièrement d'accord sur la politique. religieuse. Les conciles d’Austrasie et de Neustrie ne parlent pas la même langue. Carloman était plus zélé pour la réforme, Pépin y joignant sans doute d’autres préoccupations. On songeait certainement à renouveler la tentative qui avait échoué un siècle auparavant, quand Grimoald avait voulu prendre la dignité royale. En exigeant la restitution des biens d’Eglise, on mécontentait ceux à qui Charles Martel les avait donnés, des amis de la famille qui deviendraient des adversaires. La division en deux royaumes ne serait-elle pas par elle-même une difficulté ? Le concile de 742 avait suscité à Carloman des ennemis irréconciliables, on conçoit que ce dernier se voyant impuissant à faire le bien qu'il aurait voulu ait pensé que sa personne était un obstacle, et que son frère aurait plus de facilités s’il restait seul, pour prendre le titre de roi et poursuivre ensuite la pacification du pays. Ce sont là des conjectures assurément, mais 1l n’est pas téméraire de prêter de nobles sentiments, à un prince qui a témoigné par ses actes tant de grandeur d'âme. Il est, je crois, peu d’hypothèses historiques qui se présentent d’une façon aussi naturelle.

Grifon, l’un des bâtards de Charles Martel, aurait voulu succéder à Carloman, sa révolte retarda l’élévation de Pépin qui fut proclamé roi en novembre 751. Boniface qui sacra le nouveau monarque à Soissons, en qualité de légat du pape, était resté étranger au changement de dynastie. L’ambassadeur de Pépin à Rome, auprès du pape Zacharie,

pre avait été le prince Fulrad, nommé récemment abbé de Saint-Denys. Fulrad n’était pas un religieux du monastère, mais 1] n'était pas non plus un simple laïc, il avait reçu, on ne sait à quelle époque, l’ordination sacerdotale, et il ne manque jamais de rappeler sa qualité de prêtre. Souvent même, il est dit archiprêtre, ce qui, je crois, est une simple appellation honorifique, sans impliquer aucune fonction spéciale, Ce personnage dont la réputation est irréprochable, a joué un principal rôle dans les événements qui vont suivre. Il réussit pleinement dans sa mission, et il rapporta de Rome non pas une lettre puisqu’aucun document de ce genre ne figure dans le Codex Carolinus!, mais une consultation verbale, qui fut entièrement favorable, L’opposition ne pouvait venir que des mécontents, et elle était à craindre du côté du clergé, qui restait dépouillé d’une partie de ses biens, des amis de Carloman et de Boniface, qui étaient partisans de la réforme. La parole du pape suïfit à entraîner l’adhésion de tous ces groupes, qu’on nommerait aujourd’hui le parti clérical.

On sait quelle était la situation des Francs à l’égard des Lombards. Tout d’abord il y avait eu quelques frottements entre les deux peuples, à l'instigation des empereurs de Constantinople, mais ils n'avaient pas tardé à faire la paix. Une alliance avait été conclue qui durait depuis cent cinquante ans.

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