EusEB. ir. E. VI
s. Origen. In Luc. homil. i.
3. Les apocryphes clémentins sont aujourd'hui bien déchas du rôle qu'ils jouèreut jadis au beau temps de Baur et de l'école de Tubingue. M. H. Waitz, Die Pseudoclementinen Homilien und Rekognitionen (Leipag 1904), arrive à cette conclusion, quft le document qui sert de base aux Homélies et aux Récognitions, est un écrit à tendance < syncrétiste, mais catholique », et d'attache romaine: il a été rédigé, avec l'épître de Clément qui lui sert de préface, entre 220 et 230. Il a diverses sources, notamment des KT)pÛY|J-aTa IIsTpou et des IlpâÊeis néipou. Ces KïipÛYlxaTa IIét^ou (tout autre chose que le K^îpuyjia IléTpou) sont une réfection (fin du ii* siècle ou commencement du in") de KTipuYfiata néxpou plus anciens, gnosticisants, judéo-chrétiens, auxquels appartient la lettre de Pierre à Jacques, et qui ont dû être composés à Césarée peu après 135 dans un milieu judéo-chrétien. Quant aux Homélies et aux Récognitions, dans leur état actuel, elles sont postérieures à Mcée, antérieures à 400. — M»' Duchesne, Hist.' anc. 1. 1, p. 131, adopte les conclusions de Waitz. Il estime que Recogn. et Hom. portent la trace de l'école lucianiste ou arienne. Dom Chap- MAM, • On the date of the Clémentines », dans la Zeitschrift fur die neutestamentliche Wissentchaft, 1908, p. 21-34, croit même que le document qui sert de base aux Recogn. et aux Hom. a été composé vers 330, en Palestine ou en Syrie-
que les Écritures autorisent. Ils s'instruisent selon le oanon à eux transmis ^ : ils ne permettent à. personne d'enseigner avant d'avoir appris l'usage des Ecritures : pour eux, il n'y a qu'un Dieu, qu'une loi, qu'une espérance. 11 doit en être pareillement chez nous.
Jacques devra donc donner les K7)pÛYjxaTa de Pierre comme Moïse a fait aux soixante et dix : faute de quoi l'enseignement s'en irait en opinions. < Je ne le sais pas en ma qualité de prophète, mais je vois déjà poindre ce mal ». Car des Gentils déjà ont rejeté mon enseignement conforme à la Loi, d'autres essaient de l'altérer par des interprétations e en vue de renverser la Loi ». A Dieu ne plaise ! C'est aller contre Dieu qui nous a donné sa Loi par Moïse, et contre Notre-Seigneur qui proclame que le ciel et la terre passeront, mais que pas un iod, pas un point, ne tombera de la Loi. Si, moi vivant encore, ils me font dire ce que je n'ai pas dit, que sera-ce quand je serai mort?
Que Jacques, insiste une dernière fois Pierre, ne donne les Kî^puY[iaTa qu'à des hommes sûrs, capables de garder la loi fidèlement ; capables de transmettre partout le canon de la vérité *, s'appliquant à interpréter tout selon notre tradition *, non selon leur ignorance ou leurs inventions.
Cette épître révèle l'importance attachée par le judéochristianisme aux apôtres, à Pierre en première ligne. Pierre fait figure de Moïse, comme Jacques d'Aaron. Comme Moïse a choisi soixante et dix anciens de qui vient la « tradition des anciens » , ainsi Jacques confiera l'enseignement de Pierre à des hommes sûrs qui fonderont la tradition des apôtres, et cette tradition préservera le canon de la vérité. Malheur aux hommes assez osés pour vouloir rejeter la Loi et pour interpréter dans un sens nouveau l'enseignement des apôtres ! Jacques, qui est évéque de la sainte Église, doit veiller.