Id
5. Id. 30. Mêmes considérations dans Adv. Marcion. i, 19. On se rappelle quecet argument est développé aussi par Clément d'Alexandrie.
«. Praeaer. 31 : < Ita ex ipso ordine manifestatnr id esse dominicum et verum, quod sit prius traditum ; id autem extraueum et lalsum, quod sit posterius immissum. •>
Le priorité de la tradition ecclésiastique est garantie par le fait que les églises apostoliques prouvent qu'elles remontent vraiment aux apôtres : Smyrne se réclame de Polycarpe établi par Jean, Rome de Clément établi par Pierre, et ainsi des autres'. Que les hérétiques alignent une JtaSo}(/i semblable! S'il faut à tout prix leur chercher des ancêtres apostoliques, on les trouvera dans les fauteurs d'erreurs condamnés par les apôtres eux-mêmes : les Sadducéens, Ebion, Simon, les Nicolaïtes. Voilà la généalogie des hérétiques et de leurs doctrines adultères^. S'ils veulent nous accabler, (ju'ils fassent contre nous la preuve que nous faisons contre eux, qu'ils montrent que notre foi catholique est une hérésie. Mais en réalité nous avons pour nous notre priorité, nous occupons depuis les apôtres, et les apôtres, loin de nous condamner, nous confirment dans notre propriété.
Posterior nostra res non est, immo omnibus prior est : hoc erit testimonium veritatis ubique occupantis principatum. Ab apostolis utique non damnatur, immo defenditur : hoc erit indlcium proprietatis '.
TertuUien conclut :
Si haec ita se habent ut veritas nobis adiudicetur qui-
1. Praescr. 32 : . Edant ergo [haeretici] origines ecclesiarum suarura, evolvant ordinem episcoporum suorum ita per snccessiones ab initio decurrentem, nt primus ille episcopus aliquem ex apostolis vel apostolicis viris qui tamen cum apostolis perseveraverit, habuerrt auctorem et antecessorem. Hoc enim modo ecclesiae apostolicae census suosdefeFunt... » Rapprochezle chap.36 qui revient à cette même apostolicité des grandes églises, particulièrement de Rome. Nous le citerons plus loin. Mêmes considérations dans Adv. Mareion, i, 31 ; m ; IV, 5.
i. Praescr. 33-34.
•. Praeacr. 85.
cumqueinearegulaincedimus quam Ecclesiaab apostolis, apostoli a Christo, Christus a Deo tradidit, constat ratio propositinostridefinientis non esse admittendoB haereticos adineundam de scripturis provocationem ^
Le De praescriptione se termine par quelques considérations étrangères à l'argument qui vient d'être rapporté, mais qui ont l'intérêt de rappeler des pensées pareilles que nous avons relevées chez Irénée. Les hérétiques, écrit Tertullien, n'ont d'autre inspiration que celle du diable. La discipline ecclésiastique est chez eux dans un invraisemblable désordre ; autant la prédication. Il ne leur répugne pas d'avoir commerce avec des astrologues, avec des philosophes, avec des charlatans. Ah ! combien Dieu sera sévère pour ces adultères au jour du jugement 1 « Quid dicent qui illam stupraverint adulterio haeretico virginem traditam à Christo ^ ? »
Pour juger l'argumentation que noUs venons d'analyser, il convient de déterminer en quoi elle dépend de la théorie juridique de la prescription.
La prescription de nos codes modernes n'est qu'une espèce de la prescription en général, telle que l'entendait le langage juridique des Romains. Par prescription, en effet, les Romains désignaient tout moyen