‹ L'église naissante et le catholicismeChapitre 140 sur 216 · Ibid. 11 lii · texte numérisé non relu

Ibid. 11 lii

hanc fidem conspiraverint, ecclesia ab auctore et consecratore censetur. Et ideo Ecclesia quidem delicta donabit, sed Ecclesia Spiritus per spiritalem hominem, non Ecclesia numerus episcoporum^.

Le Christ a conféré à Pierre et aux apôtres le pouvoir de remettre les péchés, en leur conférant le saint Esprit : « Recevez le saint Esprit : ceux dont vous aurez remis les péchés... » Celte potestas appartient donc à quiconque a reçu le saint Esprit, elle appartient à tous les spirituels, c'est à savoir aux apôtres, et, après eux, aux prophètes. Elle appartient tout autant à l'Eglise, puisque là où est l'Eglise, là est l'Esprit (rappel d'Irénée), mais le ministre de l'Esprit est le spirituel seul, et non quiconque est investi de tel ou tel office disciplinaire, comme est l'évêque ^.

Ces déclarations de Tertullien sont d'une exceptionnelle importance historique ^, nous le reconnaissons, mais nous nous refusons à y voir ce qu'on y veut trouver, la manifestation de l'évolution de l'épiscopat au temps de Tertullien et les audacieuses prétentions de l'évêque de Rome. Le révolutionnaire ici est Tertullien,

Car, d'abord, il réduit l'épiscopat à être un office de discipline, de police. Secondement, et cela déjà dans ses œuvres catholiques, Tertullien exalte la règle de foi comme si elle n'appelait pas un ma-

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