‹ L'église naissante et le catholicismeChapitre 142 sur 216 · Harmack, DogmengeschichU, t. I*, p · texte numérisé non relu

Harmack, DogmengeschichU, t. I*, p

gistère pour la conserver : au contraire d'irénée qui insistait sur ce magistère apostolique et sur ce charisme de vérité confié aux évoques, Tertullien finit par proclamer le Paraclet le « solus a Christo magister et dicendus et verendus », et cette substitution est une nouveauté, la fonction enseignante des presbytres et des évêques étant, nous l'avons noté tant de fois depuis l'origine, une fonction essentielle à leur office. Troisièmement, Tertullien distingue dans l'Église un imperium et un ministerium : les évêques sont les serviteurs, Vimperium revient à l'Esprit, si bien que, l'Esprit gouvernant l'Église, on peut dire que l'épiscopat n'a guère plus de place dans l'Église : ce renversement est un paradoxe. Quatrièmement, Tertullien ne veut pas que l'épiscopat ait de potestas héritée des apôtres : pour lui, qui dit potestas dit don spirituel du Paraclet : paradoxe encore, qu'on se rappelle les affirmations des Pastorales, de la Didachhy de Clément romain, de saint Ignace sur les pouvoirs d'ordre, essentiels eux aussi à la hiérarchie. Cinquièmement enfin, Tertullien ne veut pas qu'une église se réalise, pour ainsi parler, en son évêque : l'évêque ne fait pas l'unité de son église, l'Esprit seul fait l'Église, « non Ecclesia numerus episcoporum » : paradoxe encare pour qui a présente à la mémoire l'affirmation contraire tant de fois répétée dans les textes antérieurs à Tertullien ^ .

\. M. Habnack, loc. cit. voulant montrer que le prestige épiscopal a «randi énormément dans le premier tiers du m" siècle, se référé à l'édit de persécution de Maximin en 235, qui, au lieu de s'en prendre aux chrétiens sans distinction, s'en prend aux seuls évêques comme aux seuls responsables de la religion (Eoseb. H. E. vi, 28). M. Harnack oublie les évêques martyrs du second siècle, comme saint Ignace ou saint Polycarpe. n oublie, dans le martyre de Polycarpe, la scène où la multitude païenne de Smyrne réclame Polycarpe nommément (Mart. Polye. 3), et la scène où, Polycarpe enchaîné, cette même foule crie •

Entre Calliste et Tertullien on ne peut hésiter : Calliste n'introduit pas une notion nouvelle de l'église, une notion hiérarchique où l'évêque est la tète de son église, et où l'Eglise est numerus episcoporum\Lsi nouveauté est du côté de Tertullien, qui, pour faire une place à la « nouvelle prophétie » dans le système ecclésiastique établi, traditionnel, bouleverse tout, veut que les « spirituels » prennent le pas sur l'ordre ecclésiastique, et que l'Esprit seul parle et régisse. Les contemporains de Tertullien devaient trouver cette chimère parfaitement inouïe*.

• Celui-ci est le didascale de l'Asie, le père des chrétiens, le renverseur de nos dieux, qui enseigne à ne pas sacrifier! » Ce prestige de l'évêque de Smyme, en 155. ne le cède guère à celui de l'évêque de Carthage un siècle plus tard.

1. Si l'hypothèse deR0LFFs,J7rAcundcn, p. 42-49, est fondée (je la crois au moins très vraisemblable) qui reconnaît le pape Calliste dans l'adversaire combattu par le De ieiunio, il est intéressant de voir cet adversaire se réclamer, ne fut-ce qu'en matière de jeûnes, de la tradition et de l'antiquité. « Vetus es, vera si velimus dicere, tu qui tantum gulae induises et merito te priorem iactitas ». leiun.iT. — Voyez aussi cet adversaire se réclamer d'un ordre reçu de saint Pierre : € ...Se putant ex forma Pétri agere ». Id. 10.— Et peut-être enfln se réclamer du texte Mat. xvi, 19 : « Et si claves macelli tibi tradidit,... non tamen in macello regnum Dei inclusit. > Id. 13. RoLFFs,p. 4.

2. La note delà page 348 sur l'usage du mot « pape • doit être complétée. A l'étude de Benson joindre celle de Habnack, • Zu den Amherst Papyri » dans les Sitzungsberichte de l'Académie de Berlin, 1900, p. 984- 995; et du même une note sur la passion de saint Théodote d'Ancyre, Theologisehe Literaturzeitung, 1902, p. 360. Voir Deisshann, Ltcht vom Oslen, p. 136 et suiv. p. 147 et suiv. De la passion de Théodote et du papyrus d'Hermopolis on apprend que, en Galatie et en Egypte, entre 300 et 350, de simples pré très de villages portaient le vocable de uâîiaç. M. Rausay, Luke thephysician andother studies (London 1908), p. 370 et suiv., a publié une inscription découverte à Dorla (anciennement liaura Nova, enLycaonie), inscription attribuable à la seconde moitié du m" siècle (selon Ramsay), et qui est l'inscription funéraire d'un ThéophilequaliOédeTÔv (laxâpiov itaTiav. L'inscription est cbrétieruict «t Théophile est (selon Ramsay) un évêque.

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