‹ L'église naissante et le catholicismeChapitre 144 sur 216 · In lertm. homil. xx, 3 (XIII · texte numérisé non relu

In lertm. homil. xx, 3 (XIII

retrouvions, au retour des cimetières où nous avions conduit nos martyrs, et « l'église tout entière n'avait pas une plainte ». Les catéchumènes étaient catéchisés par le spectacle des supplices des martyrs ou de la mort des confesseurs. « Les fidèles n'étaient pas nombreux, mais ils étaient fidèles véritablement » . Maintenant que nous sommes si nombreux, la parole de Jésus ne ment pas, qui dit : « Beaucoup d'appelés, peu d'élus * ». Aux pécheurs se sont mêlés les indifférents. Les fidèles ne viennent plus avec ponctualité aux synaxes liturgiques : à peine les y voit-on les jours de fête, et ils y viennent, non pour la parole à entendre, mais en quelque façon pour le spectacle et le divertissement ^.

h'ordo ecclésiastique est à trois degrés ^ : les diacres, les prêtres, l'évêque. Grave est l'obligation de chacun envers l'Eglise, l'obligation de l'évêque est la plus grave, et elle lui sera réclamée par le « Sauveur de toute l'Eglise ^ ». Aux mains de l'évêque est la souve-

i. Id. IV, 3(289). Sur rétonnant fourmillement du chrisliaiiisme dès la fin du second siècle, voyez une page très caustique de Celse, Contra Cels. IV, 23 (XI, 1060).

2. In Gènes, homil. x, \ (xii, 215) : • Vix festis diebus ad eccleslam procoditis, et hoc non tam desiderio verbi, quam studio solemnitatis et publicae quodammodo remissionis obtentu. Quid igitur ego faciam, cui dispensatio verbi crédita est? »

3. Dans celte étude de l'ecclésiologie des Grecs dans la première moitié du in° siècle, je ne ferai pas appel aux Canons dits d'Hippolytc, dont Funk estime qu'ils dépendent des Conslitutions apostoliques, lesquelles sont des environs de l'an WO. Je no ferai pas appel non plus à la DidascaUa aposlolorum, bien qu'on puisse avec grande vraisemblance l'attribuer au m" siècle, parce que je ne vois rien d'important à y prendre.

4. De oral. 28 (Xf, Mi) : ... oi}ïùr\, y.ai ixiça. ôtax^voy, xat àXky\ rtpsaêuTtpo-j, xai ÈTïKjxoTtou Ô£ ô?£iXt) papuTaiï) èatlv à7raiT0U|Ji.£VYi ^^rb TO-j TT}? ôXy]? £xx).y](Tiaî (7w-:r,po; {ita Koetschai:).

raineté sur les prêtres comme sur les fidèles ^ L'évèque doit être sévère, et malheur à son peuple s'il se montre faible envers les pécheurs, s'il craint leurs langues, s'il hésite à les réprimander, et, au besoin, à les chasser de l'église.

Dum uni parcunt, universae ecclesiae moliuntur interitum. Quae ista bonitas? quae ista misericordia est, uni parcere et omnes in discrimen adducere? Polluitur enim ex uno peccatore populus. Sicut ex una ove morbida grex uni versus inficitur, sic etiam uno vel fornicante, vel aliiiid quodcumque sceleris committente, plebs universa polluitur. Et ideo observemus nos invicem et uniuscuiusque conversatio nota sit, maxime sacerdotibus et ministris. Nec putent se recte dicere : Quid hoc ad me spectat si alius maie agit?... Taie ergo est quod [dicunt] ii qui ecclesiis praesunt, non cogitantes quia unum corpus sumus omnes qui credimus, unum deum habentes qui nos in unitate constringit et continet, Christum, cuîus corporis tu qui ecclesiae praesides oculus es, proplerea utique ut omnia circumspicias, omnia circumiustres, etiam ventura praevideas, Pastor es, vides oviculas Domini ignaras periculi ferri ad praecipitia et per praerupta pendere, non occurris? non revocas? non saltem voce cohibes et correptionis clamore déterres 2?

L'église est donc une unité tangible, elle est un corps dont l'évèque est l'œil et tout autant la main droite ; il est litCtJxoTcoç pour veiller, il est pasteur. Sa vigilance et son zèle s'exercent éminemment sur les pécheurs. Et voici bien la contrepartie des diatribes de TertuUien montaniste.

Il y a, en effet, une pénitence, dure, laborieuse,

1 . In lerem. homil. xi, 3 (Xin, 3C1)) : 6 r^v iiâvTMv :îi(i.wv è^Kfixei- 4. In les. Nave homil. vu, 6 (XII, 862).

celle OÙ le pécheur arrose son lit de ses larmes et ne rougit pas de dévoiler son péché à l'évêque * . Il appartient à l'évêque d'offrir à Dieu le sacrifice de propitiation pour le péché, à la façon du grand-prêtre dans les prescriptions du Lévitique^. L'évêque a le pouvoir de chasser le pécheur de l'église : « Si quis nostrum peccaverit abiectus est, etiamsi non abiciatur ab episcopOf sive quod lateat, sive quod interdum ad gratiam iudicetur, eiectus est tamen ipsa conscientia peccati^ ». Sur le texte de saint Paul déclarant livrer à Satan l'incestueux de Corinthe, Origène observe qu'il n'y a pas que les apôtres à avoir un semblable pouvoir, puisque pareille exécution peut être faite « per eos qui ecclesiae praesident et potestatem habent non solum sohendi, sed et ligandi '* ». Car, « in ecclesiis Christi consuetudo tenait talis, ut qui manifesti suni in magnis delictis eiciantur ab oratione communi^ ».

La mission du chrétien est d'amener les hommes au royaume de Dieu, mais cette mission est éminemment celle des évêques, des prêtres, des diacres : « Maxime hoc faciunt qui videntur in ecclesia clarioreSf quales sunt episcopi, presbyteri, diaconi ». Ils y

1. Jn Levit. homil. u, 4 (XII, 448) : t ...Non erubescit sacerdoti Domini indicare peccatum suum ».

i.Id. V, 4(454) : • Discaiit sacerdotes Domiui qui ecclesiis praesunt quia pars eis data est cum his quorum delicta repropitiaverint». Cf.td- VI, 13 (464-46S).

3. Id. xn, 6 (ii43). Cf. XIV, 3 (t>53) : • Peccavit aliquis fidelium : iste etiamsi nondum abiciatur per episcopi sententlam, iam tamen per ipsum peccatum quod admisit eiectus est; et quamvis intret ecclesiam tamen eiectus est, et foris est, segregatus a consortio et unanimilate fidelium. > Cf. id. 3 (5K6) : i Interdum fit ut aliquis non recto iudicio eornm qui praesunt ecclesiae depellatur, et foras mittatur. » Cf. In lerem. homil. vu. 3 (XIII, 333) ; id. xu, 5 (385).

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