INTRODUCTION
Le déplorable démembrement de l'Eglise du Christ, une et indivisible, qui porta les coups les plus mortels à la charité et à l'union, imposées par l'Evangile comme premières conditions du vrai chrétien ; qui démoralisa les Sociétés basées sur la plus sublime, la plus morale et la plus désintéressée de toutes les religions; qui permit à tous les ambitieux, les plus dépravés, d'employer comme vils instruments de leurs buts criminels, les plus hauts mystères sur lesquels notre Seigneur appuya les fondements de sa sainte Eglise ; qui fit enfin triompher la discorde et la haine entre frères, au nom de celui qui versa son propre sang sur la croix pour le salut du monde entier, ce déplorable dénombrement commença , comme il est connu de tous, par la désastreuse séparation de l'Eglise de Constantinople de celle de Rome! Aussi est-ce à l'origine de ce schisme qu'il faut chercher les véritables motifs des différentes dissensions et divisions, qui désolèrent en tout temps l'Eglise du Christ, une et indivisible, ainsi que la source principale de toutes les calamités, qui affligèrent de toute manière la société chrétienne.
M rv )hej séparation de ces deux grandes Eglises ne fut point provoquée, comme il est bien notoire, par des dissensions religieuses, mais uniquement par des motifs provenant d'intérêts purement mondains et matériels. C'est h de pareils motifs qu'on doit attribuer encore le schisme actuel , ainsi que les efforts de toute espèce que le Clergé de Conslanlinople avait faits pour l'imposer aux chrétiens sous sa juridiction , et continue de faire jusqu'aujourd'hui pour le soutenir et le consolider, L'histoire de tous les faits relatifs à ce triste sujet» atteste de la manière la plus authentique cette déplorable, mais incontestable vérité.
C'est en se basant sur celte incontestable vérité que la Société Chrétienne Orientale, vient poser, en publiant ce! ouvrage, la première pierre de son œuvre de persuasion, d'unité eî de charité, conformément à son Programme, publié à Paris le 12 Octobre 1853.
Cet ouvrage esl divisé en quatre Parties:
Dans la Première, à la quelle nous avons donné le titre i la séparation* des deux églises » nous exposons, sous un aspect aussi clair que nouveau, les vrais molifs de cette séparation; la fausseté des sophismes à Faille desquels ceux qui y trouvaient leurs intérêts individuels l'avaient achevée; les circonstances politiques de ces temps, qui avaient fortement conspiré contre l'unité de l'Eglise Universelle, ainsi que les différences que ceux qui voulaient consolider et perpétuer le schisme crurent pouvoir introduire dans l'Eglise Orientale, après la séparation. Cette Partie de l'ouvrage constate en même temps, que malgré les grands efforts de ceu\ qui gouvernent cette Eglise, depuis la chute de l'empire Bvzantin jusqu'aujourd'hui, toules ces dif-
férences n'y furent jamais tolérées solennellement , maïs elles ont toujours conservé leur caractère primitif; c'est à dire , qu'elles existent jusqu'à présent comme des opinions purement personnelles du Clergé Patriarcal de Constantinople, imposées par abus du pou* voir temporel et spirituel aux Chrétiens du rite Oriental ; qu'iiu contraire, l'Eglise Orientale, proprement dite, a toujours conservé t et conserve encore inaltérés jusqu'aujourd'hui, tous les dogmes de la Foi, tels qu'elle les avait avant la séparation , et tels que F Eglise de Rome les professe. Nous constatons celte identité dune manière indubitable, en exposant textuellement les institutions de l'Eglise Orientale , les écrits des Saints Pérès les plus révérés par elle, ainsi que les prières et les cantiques journaliers, chantés jusqu'aujourd'hui dans les matines, la messe, les vfipres et tout les autres offices et cérémonies de cette même Eglise. Nous faisons aussi voir bien évidemment f que les pratiques religieuses et les traditions du peuple de ce rite constatent la môme identité,
Dans la Seconde Partie, que nous avons intitulée m la réunion des deux églises » nous démontrons par des preuves irrécusables , que la réunion de T Eglise Orientale à celle de Rome ayant été opérée et solennellement proclamée en 1439 dans le Concile Oecuménique de Florence, elle existe de droit jusqu'aujourd'hui, à cause qu'aucun Concile postérieur nen a abrogé, ni aucunement modifié , Fade solennel qui avait établi et proclamé cette réunion. Nous exposons la manière de la convocation et de la constitution canonique de ce Concile, ses séances ordinaires et extraordinaires, les questions soumises à 1 examen des Pères qui Je com-