‹ L'Église oriental;Chapitre 26 sur 67 · La Ste-Communion chez les enfants · texte numérisé non relu

La Ste-Communion chez les enfants

Les Orientaux administrent la Ste-Eucharistie aux nouveaux Dés aussitôt après le baptême. Mais les Occidentaux attendent que les enfants arrivent à neuf ou dix ans pour se préparer par le catéchisme à ce grand mystère. Dans la première de ces deux pratiques il y a plus de dévotion ; dans la seconde plus de bon sens.

En peu de mots la manie de multiplier à l'infini les différences apparentes entre les deux Eglises est telle , que le Clergé de Constantinople défend au peuple de respecter les saintes images sculptées et les considère comme des idoles , à cause que les Occidentaux les révèrent indifféremment comme celles qui sont peintes. Ce qui est pitoyable dans cette dispute , c'est que le Clergé de Constantinople, pour soutenir sa prétention ridicule,

allègue comme, raison le commandement que Moïse donna aux juifs « tu n'adoreras aucune ressemblance sur la terre » sans observer que cet argument est justement la principale base de* Iconoclastes, que l'Eglise Orientale désapprouve et condamne! Car l'image peinte n'est-elle pas aussi une ressemblance?

La différence fut introduite jusqu'à la formation du signe de la Croix. Car les Orientaux le font de droite à gauche, pendant que les Occidentaux le font de gauche à droite.

Les lettres même de F Alphabet des langues Grecque et Latine ne purent éviter d'être compromises dans ces disputes. Dans quelques îles de l'Archipel comme aussi à Constant! nople , à Smyrne et autres pays de l'Orient, se trouvent domiciliés depuis plusieurs siècles quelques milliers de Chrétiens du rite Occidental. Ils crurent devoir abandonner l'usage de la langue Grecque pour différer de leurs frères et compatriotes les chrétiens du rite Oriental. Mais comme ils ne connaissaient pas d'autre langie que la Grecque, ils en abandonnèrent du moins l'écriture, en introduisant dans leurs livres de prières et dans leur correspondante les caractères de la langue Latine, avec les quels ils écrivent encore aujourd'hui la langue Grecque, en appelant ce monstrueux jargon « langue Chiotc. »

Il fallait aussi que, par suite des principes si scrupuleusement observés et prônés par l'hypocrisie, ou l'ignorance, comme principales bases du Christianisme , que la coiffure ordinaire des prêtres eût une forme particulière et qu'elle fût considérée comme faisant partie des articles de la Foi, et cela sous prétexte de règle ecclésiastique. Aussi tous le monde fut-il très»édifté de la mémorable question qui se souleva à Constantinople il y a nne quinzaine d'années, sur la forme et la couleur du bonnet ordinaire de Monseigneur Maximus , Kvêque des Melchites ! Question , qui occupa très sérieusement pendant quatre années consécutives les représentants des Puissances Chrétiennes près de la Sublime Porte! Ce n'est qu'après uue scrupuleuse élaboration qu'on est enfin parvenu à décider, aux grandes acclamations de l'Orthodoxie , que le bonnet ordinaire de Monseigneur Maximus devait avoir huit coins et ne pas être ni tout à fait noir , ni tout à fait cramoisi ! I !

Les observations Astronomiques furent également condamnées à servir de prétexte à l'accroissement de ces divergences entre les deux Eglises. Car les Orientaux , et surtout les Grecs

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et les Russes qui sont les plus civilisés parmi eux , tout en reconnaissant l'exactitude du nouveau calendrier, insistent pourtant jusqu'aujourd'hui à ne pas vouloir l'admettre, pour la seule raison que les Occidentaux l'ont employé les premiers.

La position des édifices des Eglises fournit aussi un prétexte de différence. Les Orientaux les. font bâtir ayant le sanctuaire tourné du côté de l'Orient , pendant que les Occidentaux ne font aucune attention à cette position locale des Eglises.

Enfin nous avons vu de nos jours un triste exemple de cette manie de la multiplication des différences apparentes entre les deux Eglises, de la part de ceux qui fondèrent tous leurs intérêts matériels sur la consolidation de ce malheureux schisme. Cette circonstance est la circulaire, sur l'usage de couvrir les morts pendant la cérémonie funèbre , que l' Ex -Patriarche Anthimus publia et fit lire dans toutes les Eglises de Constantinople au commencement de l'an 1849, circulaire absurde et insultante, et hautement désapprouvée par tous les Chrétiens de ce rite (10). Dans cette circulaire le Patriarche défendait à tout Ecclésiastique du rit Oriental d'assister au convoi funèbre de tout Chrétien , dont la figure ne serait pas découverte «. à cause , disait-il , que c'est contre les institutions et les canons de l'Eglise Orientale de couvrir la figure des morts; et puisque les Occidentaux la couvrent, les Orientaux pour en différer ne doivent point la couvrir ! ! ! (11). »

La bienséance nous défend de faire aucun commentaire sur cette circulaire. Nous laissons au bon sens de tout lecteur de faire les réflexions pénibles qu'elle provoque. Nous nous bornons seulement à déplorer l'ignorance crasse et l'indolence coupable de ce Clergé , qui prétend diriger l'infortunée Eglise Orientale !

(10) Le public n'a pas sans doute oublié' les scènes scandaleuses et grossièrement insultanies , qui se sont passées en 1848 à Constantinople, à cause de l'habitude inoffensive que les Chfotes, domiciliés dans cette capitale, avaient prise: c'est à dire de couvrir les morts pendant le convoi et la cérémonie funèbre. Qui peut oublier ce qui s'est passé à l'occasion do la mort de la mère de Mr. Thomas Rally et de celle de Mr. Emmanuel Scylitiy , deux personnes très considérées dans le pays et appartenant aux premières familles de l'Ile de Chios?

(11) Le Patriarche d'Alexandrie Hiérotheus ne voulut prendre en aucune considération cette circulaire et continua d'assister même personnellement aux convois luuèbres couverts tout à Tait.

Car, tandis que ce Clergé parle sans intelligence des canons de l'Eglise et des institutions Apostoliques, il ne se donne pas même la peine de lire le livre le plus commun de l'Eglise, ce que tout Evéque et tout prêtre doit avoir continuellement entre ses mains et savoir par cœur: c'est à dire I 1 Euchologium , ou livre des prières à l'usage des prêtres ( EJxoAoyioy ) 1 Si ce haut Clergé du Synode Patriarcal s'était donné la peine de l'ouvrir seulement une fois dans sa vie , il aurait rencontré en gros caractères rouges, aux pages 420 et 435 de ce livre, les deux prescriptions suivantes de l'Eglise Orientale sur la toilette des morts « Lorsque quelque moine meurt, après f avoir habillé, on lui met le capuchon, s'il est des ordres majeurs; puis on lui met par dessus la tête le pan de r habit, le faisant descendre jusqu'à la barbe, afin qu'on ne voit pas la figure du cadavre (12). »

« Lorsque quelque prêtre meurt, on le revêt de ses habits ordinaires, on lui donne les ornements Sacerdotaux; et, ayant couvert son visage avec le grand voile, on met sur lui le Saint Evangile (13). »

De ces deux témoignages authentiques on doit nécessairement conclure, ou que le Clergé de Constantinople est tellement ignorant et insouciant des principales obligations que son état lui impose, qu'il ne prend jamais entre ses mains même le livre de ses .propres prières; ou qu'il méprise tellement le pauvre peuple Oriental, qu'il le traite comme une horde de Bédouins imbéciles , à qui il est permis de débiter toutes les sottises imaginables ! ! !

(12) „ 'Effti&oV tiç T*>y Moyogûy jrgôç Kugiov ixtoifiiiey , fxtrà rô „ «youVao'Saf flreçi/3aXAei aurai to xouxouAioy, «i fJuyaXôcxripoç «<rri, jri- „ giSeï; r»Jy vtçtxtÇaXouav avaSty ryjç xtÇaXyjç y xai xara|3ij3aVaç aJrqr » H-*XQ l T0 " irûyuvoç , u<JTt /xij ôf acdai to rrçôcrvvov rot; Xiityorou. n ( Euchologe des prêtres de l'Eglise de Conct. pag. 420. )

(13) „ 'Effcffo'y riç T«y icçtw «xfap/ffi] «çdç Kv'gioy, ivSoouaiv aù- „ roy rà «f fSouç ijuaria, xai njy irgaTixijy oroAijy avaaa»' xai axtraw cavrtç tô fff oVwiroy aùroù ptrà rot* âf gof , ri3<Wi to ayiov EùayyiXiov „ ivohu aùroù „ ( idem pag. 430. )

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