CONVOCATION ET PROCLAMATION DU CONCILE OECUMENTOUE
DADOtD A rEMAIE ET ENSUITE A FLORENCE
rOUm LA REOSIOM DES DEUX ÉGLISES.
1 rois cent quatre vingt trois ans s'étaient déjà écoulés, depuis que l'Eglise du Christ, une et indivisible, se désolait dans la séparation, que Cérulaire avait définitivement achevée en 1054. Plusieurs tentatives de réunion des deux Eglises avaient été faites dans cet intervalle, maïs elles avaient toutes échoué: les unes à cause qu'elles n'étaient pas inspirées par l'esprit de charité et du véritable zèle pour l'union chrétienne, ou qu'elles n'étaient pas entreprises avec la persévérance exigée par la gravité du sujet, et les autres à cause des différentes circonstances du temps. Enfin il paraît que Ja divine Providence réservait la gloire de cette grande œuvre au Pape Eugène IV, au Patriarche de Constantinople Joseph et à l'Empereur de Byzanee Jean Paléologue.
Dès Tan I43t se trouvaient réunis à Bâle plusieurs Eveques d'Allemagne , dans le but de former un Concile général , qui réglerait les droits de l'Eglise universelle et ceux des Princes de ce pays. Ce Concile fut le principal motif providentiel de la convocation d'un Concile général en Italie, ayant pour but la réunion de l'Eglise Orientale ù. celle de Borne. En effet, ces Evéques qui prétendaient imposer quelques conditions au Pape à l'égard de l'administration universelle de l'Eglise, crurent devoir inviter l'Empereur de Byzance Jean Paléologue et le Clergé Oriental à y prendre part. Ils envoyèrent même quatre bâtiments , pour les transporter , et leur promirent tous les frais
i leur voyage. Mais l'Empereur Paléologue et te Clergé d'Orient,
s*étant entendus avec te Pope Eugène IV, préférèrent aller en Italie pour tenter In réunion de l'Eglise Orientale avec celle de Borne, plutôt que de s'aventurer à Bâle, pour prendre part dans un Concile, qui sous prétexte de défendre les intérêts de l'Eglise universelle, ne visait qu'à procurer aux princes Allemands des droits permanents et indépendants, au détriment des droits divins du Saint-Siège.
Le Pape Eugène IV envoya a Constantinopte son propre neveu Coutlouméri avec quatre bitfments, pour transporter en Italie l'Empereur Jean Paléologuc, le Patriarche Joseph, les Légats des autres Patriarches d'Orient, le Métropolitain de KJew et de toute la Russie, et un grand nombre des Métropolitains, Evêques, Supérieurs et Abbés de l'Eglise Orientale, ainsi que plusieurs des grands dignitaires et nobles de l'empire Byzantin.
Cette illustre et nombreuse assemblée arriva à Venise le 7 février 1438, Elle y fut magnifiquement accueillie et avec tons les honneurs dûs à la haute dignité de l'Empereur et des représentants de toute F Eglise Orientale. Le 28 du même mois elle partit de Venise et arriva à Ferrare, où le Pape Eugène IV Pat tendait. L* Empereur Jean Pal colonne y était arrive des h 4 Mars; une cinquantaine des grands dignitaires du pays, ayant à, leur tête le Marquis de Ferrare et les Légats du Pape, qui étaient venus dès la veille à la rencontre de l'Empereur, le conduisirent de la forteresse de Franconi , où il s'était arrête, jusqu'au palais du Pape à Ferrare avec une pompe royale, au son des trompettes et aux vives acclamations des peuples de tous les environs. Le Saint-Pere se trouva debout a l'entrée de l'Empereur dans la salle de réception; et lorsque celui-ci voulut se mettre à genoux , le Pape ne le laissa pas faire , mais il le reçut dans ses bras, lui donna sa main a baiser, et le fit asseoir à côté de lui. Le 7 du même mois le Patriarche, suivi de son Clergé, arriva aussi a Ferrare, et le lendemain il fit son entrée solennelle dans cette ville , accompagné de deux cardinaux et de vingt-cinq Evêques Occidentaux, que le Pape envoya à sa rencontre. Sa Sainteté se trouva également debout à rentrée du Patriarche dans la salle. Celui-ci le salua en le baisant respectueusement à ta joue, ensuite il s'assit et le Clergé Oriental balsa la main et le genou dtr St-Pere,
Quelques jours après on fixa le corn menée ment du Concile au vi Avril 1438, mercredi de la semaine sainte. On fit h
*M 5 )^ préparatifs nécessaires; on assigna les places du Pape, du Patriarche, de l'Empereur, des représentants des autres Patriarches, et de tous les Cardinaux, Métropolitains, Evêques, Abbés et antres dignitaires Orientaux et Occidentaux, et on choisit pour local du Concile l'Eglise Episcopale de St. Georges.
Le jour fixé le Concile fut assemblé dans l'Eglise désignée. Le Pape , le Patriarche , l'Empereur et tous les autres membres do Concile occupèrent les places qui leur furent assignées ; Tous les Evêques, Orientaux et Occidentaux, portaient leurs habits ncerdotaux.
Le Pape était assis du côté gauche de l'Eglise en entrant, à quatre mètres environ du grand autel ; à un mètre environ plus bas était placé le trône de l'Empereur d'Allemagne vide, et seulement pour la forme. Venaient ensuite les Cardinaux François de St-Clément, Angelôte de St-Marc, Jourdain Evêque de Sabins, Julien de St-Ange, Nicolas Firmin de Ste-Croix, Berande Evêque des Portouins, Columna de St-Géorges et Antoine de Bononie Evêque d'Ostie. Après les Cardinaux se placèrent plusieurs Archevêques, Evêques et autres Ecclésiastiques de l'Eglise Occidentale. Du côté droit de l'Eglise en entrant, et à la même distance du grand autel, l'Empereur de Bysance était sur un trône royal, ayant à sa droite son frère le Despote Démétrius. Après l'Empereur se trouvait le trône du Patriarche de Cons- Untinople, mais il ne put y assister lui-même, à cause d'une maladie survenue la veille : il envoya pourtant par écrit son consentement pour l'ouverture du Concile , lequel fut lu solennellement, comme nous le verrons ci-après. À la suite du trône du Patriarche de Constantinople se rangèrent les Légats des autres Patriarches d'Orient: c'est à dire, Antonius, Métropolitain d'Héraclia et Grégoire, confesseur de l'Empereur, Légats du Patriarche d'Alexandrie; Isidore, Métropolitain de Kiew et de toute la Russie et Marcus, Métropolitain d'Ephèse, Légats du Patriarche d'Antioche; Dosithée, Métropolitain de Monembasie et Denys, Métropolitain de Sardes, Légats du Patriarche de Jérusalem. Ensuite prirent place les Métropolitains suivants: Dorothée de Trapezonde, ayant aussi les pleins-pouvoirs do Métropolitain de Césarée; Métrophane de Kyzique, ayant les pleins-pouvoirs de celui d'Aucyre; Bessarion de Nicée, Macarius de Nicoraède, Methodius de Lacédémone, Dorothée de Mitylène, ayant les pleins-pouvoirs de celui de Side; Josaphat
d'Amassie, Damianus de Moldovalachie, ayant les pleins-pouvoirs de celui de Sébastie, Isaïe de Stavropolis, Nathanael de Rhodes, Callistus de Dristas, Génadius de Ganos, Dosithée de Drainas, Eustrate de Mélénique et Sophronius d'Aghialus. Pais prirent place autour du Patriarche les Seigneurs Stavrophores (ou chevaliers de la croix ) , et après eux les supérieurs des différents Monastères, avec les Abbés du mont Athos et tous les autres Clercs, chacun suivant son rang. Enfin au milieu de l'Eglise, entre les deux partis, devant le grand autel, on avait dressé un trône magnifiquement paré, sur le quel on exposa le Saint-Evangile.
Le Pape commença la cérémonie par le verset « Soyez béni, Seigneur, Dieu d'Israël » on chanta ensuite différents cantiques et hymnes; après quoi s'étant assis, le grand Référendaire du Patriarche monta sur l'ambon, et lut à haute voix l'exhortation du Patriarche conçue en ces termes:
Exhortation Patriarcale (1).
« Au nom de la Sainte-Trinité, principe de toute vie, du » Père, du Fils et du Saint-Esprit. Les deux partis des Chré- » tiens, les Italiens et les Grecs, ont consenti aujourd'hui à pro-
(1) L'original en langue Grecque est conçu en ces termes:
Ilgorgon} Harçiagxixi}.
„ 'Ev oyo/xcert rnç âyiaç xai f»af%*xxfç Tgiaffoc, toû Tlarçoç xai rov „ Tioû xai rov dyiou IlxJ/xaroç. Ta Swo Mt'gi) t*» Xpivricaràh w n . „ 'IraA*y xai rw Tçaixùf, <njfxtçov cwnfûmaee» avaxirçufaj w atytwr „ xai itçdv xai OlxQvptnxnv Ivvotiov. Oï rivfç ayioi Uariptç rnç 'A»a- „ roAixqç 'ExxAWaç âç* ivôç ptpovç, ors yaknioraroç BaciWf 'IwaVmjÇ „ o TïoKouoXoyoÇj o ri ïlar^iâ^riç KJfioç 'Iwity, xai 01 'Aggif g«?ç , o7 „ ri Zratfgofo'goi xai "Àg^oyftç rnç 'ExxAWaf rijç 'AvaToAixiiç, Uçûç „ xai Buixofoi xai xàç 6 KXvçoç aemjç. 'O/zo/wç àV aXXou pêçouç rm „ 'IraAw, vâaa 17 AtmxiJ cJy/a 'ExxA9?j'a rijç *PupK, ôrt Maxapurraroç „ ïïdwaç, xai vautra Itçurivn acfrov, ô/zoXoyofyuy xaî CTiçyop** ratir*» „ Tijv ayi'ar xai Olxoofjuvixijf IwoSov yniaStu h ty roXti tout* rfe „ tippag/af , Jy TÂJ yaii rov ay/oo fuyaAopàgrtfçoc Ff»gyfOtf, if fu'op ttiç „ «Jt^ç *oXf «ç* xai xijçuTTo/xt» xai tâofttv ffiog/av â»o rot/ m , auto' „ 'ÀtçiAi'ov foraîri?, 'Irôixritfyof ffgtmiç, xai ifi*ço<r$tf pnf*Ç rtraspsf,
W7W damer la Saint et sacré Concile Oecuménique: d'un côté les Saints Pères de l'Eglise Orientale, Sa Majesté l'Empereur, le Patriarche Joseph , les Evéques , les Stavrofores de cette Eglise , prêtres, diacres et tout son Clergé; également de l'autre côté, de celui des Italiens, toute la sainte Eglise Occidentale de Rome, Sa Sainteté le Pape et tout son Clergé, nous avouons et consentons que ce Saint et Oecuménique Concile soit tenu dans cette ville de Ferrare, dans l'Eglise du grand martyr Saint Georges, située au milieu de cette même ville. Nous proclamons et nous accordons un délai de quatre mois , à dater d'aujourd'hui 9 avril 1438, premier d'Indiction, à tous les pays et A tous les Etats des Chrétiens , afin que tous viennent à ce Concile, tant ceux qui restent du Concile de Bêle, que ceux de Rome, ainsi que tout Chrétien. Qui donc voudra venir, qu'il vienne jusqu'au terme fixé. Mais celui qui aurait méprisé ou qui n'aurait pas obéi à ce Saint Concile, et ne serait pas venu jusqu'au terme fixé, est excommunié, s'il ne reconnaît tous les actes de ce Concile légitime. Si c'est un haut personnage, ou savant, ou officier de l'Eglise, nous décidons qu'il doit envoyer son aveu , ou son représentant , s'il ne peut pas venir lui-même , et reconnaître et avouer tous les actes de ce Saint Concile; mais s'il s'en écarte, il restera,
„ fîç oXouf Ttùç tqwqvç xai tîç oXa tc2 'Pnyâra riw XgioTiaywy, ovvç „ fXStfffi wâvrtÇ) xai 01 Xotwoi roù KowiA/od rnç BoffiAtiaç, xai o? r^ç n *Pw/AilC, xai s£f X^kttioo'oç. "Oç tiç PouXtrai oJy fXSiiv, t\3*rw tuç „ too Smpta-fAdfov xaigov. Kai oç riç xaraÇçovrjoy , 17 àhërnoy tq* aytat „ touVijt 2wo$ov, xai oùBt fXSij twç roù 5i«fi<r/xtvot; xaiçou, iva pivri ùnà n xarova âÇopi<r/xow, iaar pij <rtifty Zva wotrjay ij lufoSoç aiïrn n vo/xo- „ bêrfifum' xai ti tarif avSçuroç ttyiAôç, $ <ro<ç6ç, 17 ru S 'ExxXrto'iaç „ d*Çf ixiaXioç , Xtyoftey ha viptyrj tijv ofxoXoyîav aûroù, 17 TOtfonjçtjTïjy , n ii où èvwarat tX3fiy, xai ïva or dp (y xai ofxoXoyriarj o<ra voiricy 17 âyia n Zinwfof* f 1 8* dStnioy , wç tiwofxtf , i"ya jx*Vi) tîro xavoiva à\pogi<r/xoû. „*0/xo/«ç Xtyofitv xai 01 /AtyaXai avdf'rrai xai TriyctStç xai Aouxa&ç, „ sW fTtçoi «JSfTTflM, r»a tX3«(7i xou atîro/ a«"0 ogia/AOV tod Ilax-a, xai „ too BaffiAivf , xai t£ç 2wo'8ov , 9 Ua yça\|/wo"i xai au toi ojjuhuç rà n aéra. El Bi vâXiv jSouXuS&'iv 0/ aJroi *Pijyû$«ç xai atSdtVrai • » f rsfp „ roxy ym<r3a* to xâSiayLa rrjç 2uvo$ou, rort îta rct^WToi *aXiy *rd „ XftiTTOTiçoy, f? ti farîj T^f 2uvo8p, «wç tov $i«çi<r/AÔou xatpoO „ (actes do Concile de Florence Tom. I. page 21. )
M 8 )-€< 9 comme nous avons dit, excommunié. De même nous décidons » que les grands Princes , Rois , Ducs et autres Seigneurs , vien- » nent également par ordre du Pape, de l'Empereur et du Coo- » elle, ou qu'ils envoient aussi le même aveu par écrit. Mais si » ces Rois et Princes veulent que ce- Concile soit tenu dans un » autre pays , alors on prendra en considération ce qu'il convient » mieux de faire, si le Concile l'approuve, jusqu'au terme fixé. •
Après la lecture de cet acte, on ordonna de lire également de l'ambon le décret de Sa Sainteté le Pape. L'Archevêque de Grandense fut choisi parmi les Occidentaux pour en faire la lecture en Latin, et l'Archevêque de Mitylène fût désigné par les Orientaux pour en lire ensuite la traduction en langue Grecque: ce qui eut lieu.
Ce décret était conçu en ces termes (2) :
(2) En Toici l'Original Latin.
Decretum Papae.
Eugenius Episoopus Senrus Senrorum Dei , ad perpétuant rel memoriam. Magnae profecto sunt a nobis agendae omnipotent! Deo gratiae, qui antiqno» ruro suarum miserationum non imraemor Ecclesiam suam foecoDdioribos semper progressions reddit amplioiera. Hanc enim etsi tentationam , tribalationumque aestus ac turbine agitari quandoque finit, nunqnam tameo sobmergi perroittit: sed fluctibus intumescentibus eam serrât incolmnem; efficitque pro ineffabili sua in genus humanuiii benevolentia, ut inter muHos ▼ariosque ca&us et afllictiones semper illa niagis figeât, validtorqoe consislat. Ecce enim orientales et occidentales populi iam olim diatidio a se ie- ▼icem seiuncti in unaro unitatis, et pacis gratiain convenire festinant aaai aegre ferentes, ut par est, diuturna secerni discordia, post multa saearia; ipso videlicet a quo omne datum optimum, largiente; sanetae contanctioais desiderio in hune concurrere locum. Nostràe igitur servi tutis, Eccleaiaeqne totius est, et esse intelligimus, eniti totis viribus, nt tam prospéra eiordla assiduo, et nunquam intermisso studio progressum babeant, eittomqw le» licem; ut scilicet Dei gratiae cooperatores esse, et haberi mereaimir. Saae dilectissimus filius noster Joannes Palaeologus Romanorum Imperator mua cum piissimo fratre nostro Josepho Constantinopolitano patriarcha, et raUquis patriarchalium sedium vicariis, magnoqne Archiepiscoporum, Ëatoo* pornm , Ecclesiasticorum hominum , ac alioram nobilium comitata ad dien octavom proftimi menais Februarii Venetias, ideat in portnm ultiaxun ?enere; ubi se Imperator , ut saepe etiam antea fecit , iuslis de cassis Bâtileam ire non posse ad celebrandam oecumenicam Synodum aperte déclaravit; quod etiam per li lieras Basileae congregatis significavit; adbortaaa omsws atque illud ab omnibus flagitans, ut Ferrariam, quae ad
Décret du Pape.
m Eugène Evéque, serviteur des serviteur! de Dieu, en mémoire étemelle de cette affaire. Nous devons rendre vraiment de grands remerciements à Dieu Tout-puissant, qui n'oublie pas son ancienne miséricorde, mais qui fait avancer son Eglise par des progrès toujours plus féconds. Car, si par fois il la laisse s'agiter par les troubles et la tempête des tentations et des afflictions, il ne permet jamais pourtant qu'elle en soit submergée, mais au moment que les vagues s'élèvent, il la conserve saine et sauve et fait par son ineffable bienveillance, que dans les nombreuses, et différentes circonstances , elle paraisse plus florissante et toqjours plus forte. Car voilà les peuples Orientaux et Occidentaux, depuis long-temps séparés entre-eux, s'empressant maintenant de courir ensemble à la même grâce de l'union et de la paix ; voilà que ceux qui s'affligeaient avec raison à cause qu'ils étalent séparés , sont conduits maintenant par le donnateur de tout bienfait, et se sont réunis dans ce lieu. Il est donc, et nous entendons qu'il soit, do devoir de notre position et de celui de toute l'Eglise, de
nodi Synodum délecta est, quo perficiatur adeo pium opus, se conférant. Nos igitor quibus semper sacratissima haec imitas maxime cordi est, summo illam studio perfici cupieute», decretum Basileensis Concilii, communi ejua, et Graecorum conaensu factom , et loci delectum , la quo Synodos oecumeaka fieret, in eadem aynodo ab iis, qui Basileae coacti aunt, habitum, et par nos deinde Bononiâe confirniatiim, instantibus etiam ipsis tum Imperatoris, tarai Patriarcbae legatis: necnon alia, quaecunque spectant ad hoc •nactun opua coninnctionis , prout nostrae aervitutis exigit debitum, proavovere atque ad finem perducere vehementer studemua. Omni igitor me- Uori modo, et forma decernimua, et declaramua, conaentientibus dictia lmperatore et Patrtarcha, qui praeaentea hic aunt; et omnibus qui ad banc Synodoro convenere, aacram oecumenicam Synodum esse in bac Urbe Ferraria, iibero tutoque loco celebrandam , atque ita debere dictam Synodum ab omnibus haberi et nominari. Ubi aine ulla contentioaa decertatione, aut tarbnlentia animis soi nimium studiosis, atque penricacia ; immo potius cum cbaritate tractandum erit aanctum hoc unitatia negocium; quod Deo
i et propitio prospère aucceasurum aperamua cum reliquia sanctia negoeHt, propter qoae haec Synodua convocata est. .
Datum Ferrariao, die nono aprilis, anno Domini milleaimo quadrintrigeaimo octavo.
faire tout notre possible, afin que par un empressement continuel et assidu , des commencements aussi heureux , aient des progrès et un succès également heureux. C'est ainsi que nous mériterons le titre de coopérateurs de cette grâce divine, et nous le serons en effet.
» Or donc l'Empereur des Romains Jean Paléologoe, notre fils bien aimé, et notre très-pieux frère Joseph, Patriarche de Constantinople, ainsi que les Légats des autres sièges Patriarcaux, accompagnés d'un grand nombre d'Archevêques , d'Evéques, des hommes d'Eglise et de nobles Seigneurs, arrivèrent le 8 février dernier à Venise, c'est à dire, à notre dernier port. L'Empereur en y arrivant déclara, comme il l'avait déjà fait auparavant, que pour de justes raisons il ne pouvait se rendre à Bêle , pour la célébration du Concile Oecuménique. H signifia sa résolution par des lettres à ceux qui étaient rassemblés en cette ville, en les exhortant et en les invitant tous de se transporter à Ferrare, qui fut choisie pour la célébration d'un pareil Concile, afin d'y achever cette œuvre aussi pieuse,
• Noqs donc , qui portons toujours dans le cœur cette trèssainte union, et qui désirons qu'elle soit accomplie avec la plus grande diligence, nous nous empressons de faire usage et d'exécuter le décret du Concile de Bâle, fait du consentement des Grecs, pour ce qui regarde le choix du lieu de la convocation du Concile Oecuménique; ce choix ayant été proposé par ceux qui avaient concouru à ce même Concile de Bâle, et ayant été confirmé ensuite par nous à Bononia, à l'instante sollicitation des envoyés de l'Empereur et du Patriarche de Constantinople. Nous décrétons donc et déclarons de la manière la plus formelle, du consentement des susmentionnés, c'est à dire, de l'Empereur et du Patriarche ci-présents, et de tous ceux qui sont venus à ce Concile, que ce sacré Concile Oecuménique est teuu dans cette ville de Ferrare, lieu libre et sûr , et que ce Concile doit être considéré et nommé ainsi par tout le monde. C'est dans ce Concile que nous nous occuperons de ce saint traité d'union , avec toute charité et sans disputes querelleuses, sans turbulente ambition, sans opiniâtreté. Nous espérons terminer heureusement cette union , ainsi que les autres saintes affaires pour lesquelles ce Concile a été convoqué » donné à Ferrare, le 9 Avril 1438.
Après la lecture de ce décret on fixa le Concile à Ferrare. On demanda après à tous les Cardinaux, Archevêques et Evoques et à toute l'Eglise Occidentale, s'ils approuvaient et acceptaient tout ce qui avait été lu et écrit en ce jour. Tous répondirent unanimement qu'ils approuvaient et acceptaient tout. On adressa ensuite la même demande à tous les Archevêques et Evoques et à tout le Clergé Oriental, qui donnèrent, également tous, la même réponse affirmative.
En attendant le terme de quatre mois , accordé aux autres Princes et Evêques d'Occident pour prendre part au Concile Oecuménique, les deux partis décidèrent de s'occuper par des séances extraordinaires à l'examen des dogmes de l'Eglise. On choisit douze Docteurs de chaque côté, qui tenaient leurs séances deux fois par semaine dans l'Eglise de Saint François. Ces séances commencèrent le 4 Juin : les dogmes dont on s'occupa furent le Purgatoire et la présence des Saints devant Dieu avant le dernier jugement. Plusieurs contestations sur l'explication de l'Écriture surgirent de part et d'autre: mais tous ces Docteurs étaient d'accord, dès la première séance, sur le fond de ces dogmes. On n'osa cependant rien statuer, jusqu'à ce que le Concile général eut commencé ses séances ordinaires.