‹ L'Église oriental;Chapitre 35 sur 67 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

OMB»A)UI ET EXTBAOBDIMAimEB BU OOSfCELE OECUME- NIQUE DO IXOREMCS. TOUS LES FÈEES DE CE CONCUX SOBT D'AOOOBD SUR L'EXPLICATION DES DOGMES DE LA FOI, ET LA BXUWIOV DBS DEUX COUSES Y EST DÉCIDÉE.

Le terme de quatre mois , que le Concile avait fixé , étant expiré , le Concile se déclara canoniquement constitué à Ferrare, et tint sa première séance ordinaire le 8 Octobre 1438.

Dans cette séance on fixa d'examiner la question « s'il était permis de faire une addition au symbole , et si f addition du mot fllioque est Orthodoxe. » Les deux partis choisirent chacun six Pères , pris parmi les membres les plus savants du Concile. Ils commencèrent l'examen régulier de la question , en citant des arguments et des passages de l'Ecriture et des Pères les plus distingués de l'Eglise , mais la discussion ayant duré jusqu'au soir, sans qu'on eût pu rien décider, on remit la continuation de l'examen de la question à la séance prochaine.

NM 12 )-e*

La seconde séance ordinaire fut tenue le 9 du même mois. La troisième le 14 et la quatrième le 15. On examina toujours le même sujet , mais sans pouvoir rien décider.

Le lendemain 16 Octobre eut lieu la cinquième séance ordinaire du Concile. Dans celle-ci on lut et on examina les actes des Conciles de Nîcée, de Constantinople, d'Ephèse et de Calcédoine , ainsi que différents passages de plusieurs lettres des Papes et des Patriarches* Le Métropolitain d'Ephèse insistait pour prouver que tous ces Conciles défendirent, sous anathcme, toute addition et tout changement au symbole du Concile de I\ieée,

Le 20 Octobre eut lieu la sixième séance ordinaire du Concile. Dans celle-ci , ainsi que dans la septième, qui eut lieu le 25 du même mois , le Cardinal Julien et l'Archevêque de Rhodes démontrèrent que malgré les anatliemes du Concile de Nièce, celui de Conslantinople fit plusieurs additions et changements nu symbole établi par le Concile de Nieée , tout en approuvant les anathèmes contre quiconque oserait y changer quelque chose. Ce qui prouve , ajoutèrent-ils dans leurs conclusions, que les Conciles ont toujours défendu l'introduction des innovations dans le symbole, mais non le développement des dogmes de la Foi, que r Eglise aurait jugé nécessaire d'y faire, suivant r urgence des circonstances.

Dans la huitième séance ordinaire du Concile, qui eut lieu le I Novembre, ainsi que dans la neuvième, qui eut lieu le 4 du même mois, Ressarion , Métropolitain de Nieee , répondit aux arguments du Cardinal Julien et à ceux de l'Archevêque de Rhodes ; il exprima l'opinion qu'où devrait rester lidëJes à la stricte observation des décrets des Conciles.

Le 8. Novembre eut lieu la dixième séance ordinaire du Concile, Jean Evêque de Foroïiviense lut un discours dans lequel il prouvait , par les actes des Conciles et les écrits des Pères de l'Eglise, que le mot filioque^ n'étant pas contraire à la doctrine de l'Eglise, ne peut être considéré comme addition, maïs comme une explication du dogme , exigée pas les circonstances pour combattre l'hérésie. Il démontra également que la doctrine de la participation du Fils à la procession du Saint-Esprit , contenue dans les symboles de Nicée et de Costanlinople , de même que l'addition, qui procède du Pire, faite par le Concile Il Constantinople au symbole de Nicée , ne fut jamais considérée comme addition, mais comme une explication, dont la

W 13 )-€* doctrine était contenue dans le symbole de Nicée. Il conclut par ses démonstrations, que les Pères du Concile de Constant! nople ne firent que l'exprimer dans le symbole , engagés qu'ils étaient par une nécessité du même genre, que celle qui obligea ensuite l'Eglise d'exprimer la participation du Fils à la procession du Saint-Esprit par l'addition du mot filioque.

Le 1 1 du même mois eut lieu la onzième séance ordinaire do Concile. Le Cardinal Julien parla sur le même sujet et prouva que les Conciles ne défendirent d'ajouter au symbole, que tout ce qui serait contraire ou étranger aux dogmes qui y sont contenus , mais non l'analyse ou l'explication de ces dogmes.

Le 15 du même mois eut lieu la douzième séance ordinaire du Concile. Marcus Métropolitain d'Ephèse, prétendit, que toute addition aux symboles de Nicée et de Constantinople est défendue par le troisième Concile Oecuménique. Le Cardinal Julien entra avec lui dans une discussion dialectique fort longue. Entre autres choses, il lui prouva par la Sainte Écriture et les actes synodaux , ainsi que par différents passages des Pères de l'Eglise, que cette défense, de ne rien ajouter ni retrancher du Symbole, est beaucoup antérieure au troisième Concile; qu'elle avait été faite également par le Concile de Nicée et approuvée par le premier de Constantinople , et même avant tous ces Conciles cette défense est prescrite par les Apôtres eux-mêmes. Nonobstant cette défense , le Concile de Nicée a fait des modifications au symbole des Apôtres, et après, celui de Constantinople en a fait au symbole du Concile de Nicée, sans être taxés pour cela l'un et l'autre de tomber sous l'anathème, ou de prévariquer sur les dogmes de la Foi, ces modifications n'étant point des innovations, mais des explications conformes au sens des dogmes contenus dans le premier symbole de l'Eglise. Le Cardinal Julien entra ensuite dans l'exposition des motifs qui engagèrent le troisième Concile à renouveler cette défense et en démontra, par des citations de Saint Cyrille, le vrai sens. Mais le Métropolitain d'Ephèse insista sur le retranchement du mot filioque du symbole: disant que, si, par suite des recherches qu'on ferait sur la procession du saint- Esprit , il était prouvé que , d'après la Sainte Écriture et les écrits des Pères de l'Eglise, il procède également du Fils comme do Père , on en fera un acte Synodal séparé.

Le 27 Novembre eut lieu la troizième séance ordinaire du Concile, mais tout le temps de cette séance fut employé à la

réception qu'on flt aux représentants , que le Bue de Bourgogne avait envoyés au Concile.

Le 4 du mois de Décembre eut lieu la quatorzième séance ordinaire du Concile. Le Cardinal Julien et le Métropolitain d'Ephèse reprirent leurs discussions sur le même sujet , mais ils n'aboutirent à aucune conclusion.

Le 8 Décembre eut lieu la quinzième séance ordinaire du Concile. Le Métropolitain d'Ephèse insistait sur sa proposition d'exclure du symbole le mot fiiiogue , et d'en faire, après l'examen dt la seconde partie de la question , un acte synodal séparé, dans lequel on reconnaîtrait la procession du Saint-Esprit du Père et du Fils. Le Cardinal Julien réfuta tous ses argumenta; quant à sa proposition de faire un acte synodal séparé, le Cardinal lui répondit, que si cette doctrine est contraire au dogme de la Foi , elle ne doit ni être conservée dans le symbole , ni être confirmée par un acte synodal séparé , ou de toute autre manière quelconque* Sï au contraire la procession du Saint-Esprit du Père et du Fils est orthodoxe, il faut comme telle la maintenir dans le symbole. Enfin on décida dans cette séance d'abandonner cette première partie de la question , comme suffisamment élaborée, et de passer A la seconde, c'est-à-dire; d'examiner, si la procession du Saint-Esprit du Père et du Fils est conforme à Teoseignement de l'Écriture et aux écrits des Saints Pères de l'Eglise.

Mais comme la peste faisait des ravages à Ferrare, ou pensa de transporter le Concile à Florence* Dans ce but eut lieu la seizième séance ordinaire du Concile, Après des litanies chantées ensemble par le Clergé Occidental et le Clergé Oriental , les Archevêques de Grondeuse et de Mitylène montèrent sur l'amboa de l'Eglise et lurent, le premier en langue Latine, et le second en langue Grecque , le décret du Pape concernant la translation du Concile de Ferrare à Florence. Ce décret était conçu en termes :

« Eugène Evêquc , serviteur des serviteurs de Dieu , en m » moire éternelle. »

» Le Concile Oecuménique convoqué et commencé à Fer

• rare, devait se terminer en cette ville. Maïs la peste ravage

* Ferrare, quoique nous soyons en hiver, et par conséquent il » est à craindre, qu'elle ne se prolonge même pendant Tété. Vu » cet accident et usant de la faculté que les lois et les canons » Ecclésiastiques nous accordent en pareilles circonstances, nous

ion

ne-

- transmettons la continuation du Concile a Florence, ville libre • et paisible , §aine et jouissant d'un bon air, *

Apres cette lecture les notaires des deux partis dressèrent l'acte de la translation du Concile de Ferrure à Florence , et la séance fut levée.

Le 26 février eut lieu à Florence la dix-septième séance ordinaire du Concile. Dans cette séance le Cardinal Julien demanda à l'Empereur , si , d'après sa propre proposition faite déjà à Ferrare | Sa Majesté et les Evéques Orientaux avaient trouvé dans leurs assemblées privées quelque moyen convenable pour par* venir à la réunion des deux Eglises. L'Empereur répondit que les Evéques n'avaient pu en trouver aucun jusqu'à présent , mais qu'il croyait , qu'on devait commencer l'examen de la seconde partie de la question, et quant à un tel moyen, les deux partis penseront dans la suite en commun.

Le 28 du même mois l'Empereur et les Evéques Orientaux se réunirent en assemblée privée dans l'appartement du Patriarche, Il y fut décide de choisir parmi eux sept Evéques, et de proposer aux Occidentaux d'en choisir autant de leur part , afin que ces quatorze Docteurs réunis en assemblées extraordinaires pensassent à trouver quelque moyen convenable de réunion. L'Empereur communiqua au Pape la proposition des Evéques Orientaux, Mais Sa Sainteté répondit , que ce chemin était trop étroit pour une affaire d'une aussi haute importance. Après cette réponse du Pape , on décida de reprendre les séances ordinaires du Concile le premier jour du mois suivant.

La dix-huitième séance ordinaire du Concile eut par conséquent lieu le premier du mois de Mars, Le provincial frère Jean , théologien Occidental de Tordre de Saint- Dominique , développa la question de la procession du St-Esprit , et prouva que tant la sainte Écriture que les Pères de l'Eglise enseignent qu'il procède du Père et du Fils. Mareus , Métropolitain d'Ephése, éluda la question, disant que les livres proposés à l'appui de cette preu\c étaient falsiliés, il entraîna ensuite la question sur l'examen métaphysique de la procession , s'ef forçant de prouver, que l'Écriture et les Pères de l'Eglise en disant que le Saint-Esprit est du Fih f ou rient ou dérouie du Fila, ne voulaient pas exprimer qu'il procède aussi de lui. Bessarion , Métropolitain de Nicée, prit aussi part dans cette discussion, mais il n'approuva pas complètement les explications que le Métro-

poli tain d'Ephèse donnait sur les passages de l'Ecriture et des Saints- Pères.

Le 5 du même mois eut lieu la dlx-neuvieme séance ordinaire du Concile. Dans cette séance et dans les deux suivantes, qui se tinrent le 7 et le 13 et qui furent les plus longues , les deux partis continuèrent la même discussion. Le Métropolitain d'Ephèse déviant toujours de la question posée, c'est à dire, si l'Écriture et les Pères de l'Eglise dogmatisent que le saint- Esprit procède aussi du Fils , revenait tantôt sur l'examen métaphysique , tantôt sur l'examen grammatical des mots substance, hijpostase, procession f existence etc. voulant établir par les différentes significations qu'il leur attribuait à volonté, une conclusion conforme à son système , indépendemment des expressions de l'Écriture et des Pères de l'Eglise. De plus, il employait tantôt comme argument , l'attaque en falsification , des expressions de l'Écriture et des Pères de l'Eglise , tantôt il soutenait qu'elles doivent être entendues dans un sens allégorique, et d'autres fois qu'elles ne pou vain t pas être prises comme règles générales du dogme , n'ayant été énoncées que dans des circonstances spéciales pour réfuter Euiiomius et d'autres hérétiques* Envaîn tout le Concile voulait-il ramener ce Prélat sur la question posée, c'est-à-dire, sur la considération des écrits des Pères de l'Eglise: le Métropolitain d'Ephèse persistait dans le genre de réfutation qu'il avait adopté , disant qu'il y a même à Constantinople beaucoup de livres, qui prouvent que ceux qu'on a produits dans le Concile sont falsifiés. Enfin il est allé jusqu'à prétendre donner une explication, visiblement à contre sens, aux expressions contenues dans les livres des Pères, qu'il lui était impossible d'accuser de falsification. Des murmures commencèrent à se lever de toutes parts contre le système évasif et scandaleux de* ce Métropolitain. Les Docteurs Occidentaux entreprirent de démontrer avec beaucoup de sagacité la fausseté des arguments du Métropolitain d'Ephèse. Maïs l'Empereur sous prétexte que l'heure était avancée, et qu'on en avait déjà assez dit pour ce jour-là, j convenable de lever la séance.

Le l a du même mois de Mars eut Heu la vingt-deuxième séance ordinaire du Concile. Le Métropolitain d'Ephèse continua ses divagations et ses subterfuges sophistiques ; il s'écarta dans des propositions tout à fait hors de la question , à laquelle le frère Jean s'efforçait envain de le ramener. L'Empereur même

fut obligé de lui observer qu'il s'écartait complètement du sujet de la question. Enfin le Métropolitain d'Ephèse accablé par la logique serrée du Provincial , et ne pouvant plus nier les démonstrations claires de ce théologien , garda pour quelque temps le silence.

Mais peu après le Métropolitain d'Ephèse eut recours à un outre argument. Il proposa que, puisqu'on n'était pas d'accord sur le sens des passages des Pères de l'Eglise, cités jusqu'à présent, de Jes abandonner comme équivoques ou douteux, et de passer a l'examen d'autres citations. Les Occidentaux consentirent a cette proposition, et le frère Jean fe Provincial cita des passages de Saint Cyrille et de Saint Basile , qui attestaient la

•procession du Saint-Esprit du Père et du Fils. Le Métropolitain d'Epbèse allégua encore le prétexte, que ces passages pouvaient être aussi falsifiés. Mais le frère Jean lui prouva par des pas-

I sages d'autres Pères de l'Eglise, et par la comparaison d'autres passages de ces mêmes Pères , que si on donnait à ces passages un autre sens , on serait forcé de taxer ces grands Saints de contradiction avec eux mêmes, et la séance fut levée. Le 17 du même mois eut lieu la vingt-troisième séance ordinaire du Concile. Le Métropolitain d'Ephèse abandonnant le point sur le quel on avait fixé la question, c'est à dire, l'examen des écrits des Pères de l'Eglise sur la procession du Saint- Esprit , se lança pendant cette séance dans un autre sophisme. 11 commença par dire, que comme notre religion n'est pas une œuvre humaine, mais qu'elle fut établie par Jésus-Christ luimême, il est inutile d'examiner la croyance que Saint-Basile et les autres Pères de l'Eglise avaient sur les dogmes de la Foi : tous ceux-ci pouvant avoir été trompés sur la vérité et amenés a l'erreur; qu'il faut par conséquent recourir à ce que notre Sauveur lui-même établit dans son Evangile sur la procession du Saint-Esprit, Apres avoir ainsi témérairement écarté les explications des Saints Pères de l'Eglise sur les dogmes de la Foi, le Métropolitain d'Ephèse tâcha de prouver par une harangue fort loogue, que le saint-Esprit ne procède que du Père, s'appuyant exclusivement sur une des différentes expressions de Saint Jean PEvangéliste (chap. XV, 26), l'expliquant isolément et à sa manière, et rejetant toutes les autres expressions du même Evan- >ur le même sujet. Le frère Jean lui répondit, qui! était fait sorti de l'ordre, qu'on avait dès ie commencement

prescrit de suivre dans les discussions. .Mais te Métropolitain d'Ephcse recommença une longue dissertation théologique, par laquelle it prétendait conclure que les livres Latins sont corrompus, et que l'Eglise de Rome en admettant la procession du Saint-Esprit par le Fils, paraissait admettre deux principes de sprration. Le frère Jean réfuta celte conclusion par des arguments et des preuves très-énergiques, et à la fin il lui exposa brièvement , que I 1 Eglise de Rome en croyant à la procession du Saint-Esprit du Père et du Fils, n'eu reconnaît qu'une seule cause et un seul principe, celui du Père, communiqué au Fifo: au contraire elle condamne et anathèmatise tous ceux qui disent qu'il y a deux causes ou deux principes de spiration. Tous les Pères Orientaux du Concile déclarèrent unanimement approuver cette exposition dogmatique du frère Jean, et le Métropolitain d'Ephèse n'ayant plus d'autres arguments à opposer, se retira. La séance fut levée et les Eveques de l'Eglise Orientale se montrèrent très-satisfaits de l'Orthodoxie des dogmes des Occidentaux.

Le lendemain l'Empereur alla consulter le Patriarche sur la marche de l'affaire de la réunion. Ils fixèrent pour le jour suivant une assemWée privée du Clergé Oriental dans la demeure du Patriarche.

Le 19 donc du mois de Mars tous les Evêques et autres membres de l'Eglise Orientale s'étaient rendus chez le Patriarche. L'Empereur commença à leur rappeler, que son père aussi, l'Empereur Emmanuel de glorieuse mémoire, de concert avec le Patriarche Euthyrnius, l'homme le plus vertueux et Je plus grand théologien de son époque , avaient entrepris cette grande oeuvre de réunion des deux Eglises; qu'ils avaient dans ce but expédié en Italie Jean Eudémone ; que celui-ci avait commencé cette grande œuvre, mais que les circonstances contraires de I époque les avaient empêchés de la terminer; que lui même, ainsi que le Clergé, voulant accomplir cette oeuvre, se sont décidés à souffrir les fatigues d'un si long voyage, et d'abandonner la capitale pour venir en Italie; que maintenant qu'il a vu dans la dernière séance ordinaire du Concile, que, d'après leur propre aveu, les Occidentaux n'établissent point deux principes, ou deux causes de procession, comme les Orientaux le supposaient jusqu'à présent, mais qu'ils croient comme ceux-ci à un seul principe et à une seule cause de procession , il pense que cette grande oeuvre est à la veille de sou accomplissement. L'Empereur ajouta,

qu'il a fait demander au Pape de lui communiquer par écrit celle doctrine dogmatique de l' Eglise de Home, afin qu'il la soumît au Clergé Oriental , et qu'on put examiner scrupuleusement et décider si la réunion des RgBteg pouvait s'effectuer; et que Sa Sainteté la lui avait envoyée.

À la suite de ce discours de l'Empereur, rassemblée se mit à examiner les écrits des Pères de l'Eglise. Après plusieurs contestations sur la conformité de la doctrine, contenue dans cet écrit des Occidentaux avec celle des Saints Pères, on tomba d*accord sur une lettre de Saint Maxime riiomologète, la quelle rapporte et confirme cette croyance des Occidentaux. L'assemblée donc des Evèques du consentement du Patriarche et de Y Empereur décida unanimement, que si les Occidentaux occ épiaient cette lettre de Saint Maxime, de s'unir a*ec eux sans rien prétendre de plus. L'assemblée par conséquent pria I 1 Empereur de faire demander au Pape et aux siens, s'ils acceptaient cette lettre, et de communiquer aux Orientaux leur réponse. L'Empereur communiqua au Pape la demande des Evèques Orientaux. Mais les Occidentaux répondirent que, comme dans la dernière séance ordinaire du Concile ils n'avaient pas repondu à toutes les allégations du Clergé Oriental, il était juste qu'on tint préalablement une séance ordinaire, afin d'y répondre, avant quoi on ne saurait rien faire. Conformément a cette réponse , l'Empereur fixa la séance ordinaire du Concile pour le 21 du mois de Mars.

Le 21 eut donc lieu la vingt-quatrième séance ordinaire du Concile. Le Métropolitain d'Ephèse n'y parut pas. Le frère Jean le Provincial prit la parole, et dit qu'il désirait beaucoup que le Métropolitain d'Ephèse fût présent, pour entendre la réfutation complète de tout ce qu'il avait dit dans la séance précédente. Mais T Empereur lui répondit, que c'était justement pour cela que ce Prélat n'était pas venu, puisque les Orientaux désirent que les disputes cessent , et ne veulent point continuer de vaines discutions, mais ils veulent penser aux moyens de la réunion.

Malgré cette observation de l'Empereur, le frère Jean fit un long discours, et prouva par des citations nouvelles des Pères de l'Eglise, que le Saint-Esprit procède conjointement du Père et du Fils. Le soir étant arrivé la continuation de la séance fut remise au 23 du même mois.

Le 23 Mars eut lieu lu vingt-cinquième séance ordinaire du Concile. Le frère Jean commença , aussi cette fois, son dis* cours par des plaintes contre l'absence du Métropolitain d Kphèse. Il parla ensuite sur la même question, c'est à dire, sur la procession du Saint-Esprit du Père et du Fils, et produisit de oou- Mlles citations de Saint Àthanase, de Saint Cyrille et d'autres Pères de l'Eglise , ainsi que des actes du Concile de Nicée , à l'appui de son discours. Le Métropolitain de Russie Isidore lui répondit brièvement, que toutes ces allégations étaient inutiles et ne servaient qu'à faire perdre le temps, à cause qu'il n'y avait pas d'opposition, ni réfutation * vu que le but n'était plus de discuter, Par conséquent, lui dit-il, ee n'est pas une gloire pour un athlète, lorsqu'il court seul dans la lice. Mais L'Empereur en interrompant te Métropolitain de Russie, demanda que Les Occidentaux remissent leurs livres aux Orientaux, afin que ceux-ci les observassent et répondissent* Le Cardinal Julien dit alors, que c'était inutile, à cause que les notaires des deux partis avaient pris note par écrit de tout ce qui avait été dit dans toutes les séances du Concile: cependant si les Orientaux veulent, ils peuvent venir un jour à l'Eglise de Saint-François, où on fera l'examen et la comparaison de tous les Livres des deux partis, afin d'en faire ressortir et paraître clairement la vérité. Les deux partis étant restés d'accord sur cette proposition, la séance fut levée.

Le 26 du même mois de Mars les àvux partis se reunirent M lémee extraordinaire dans l'Eglise de Saint François, et se mirent à confronter et a. examiner leurs livres. Àyaut trouvé qu'ils étaient conformes et d'accord, ils se persuadèrent que la réunion pouvait se faire. Alors le Patriarche fit demander au Pape 1 que les séances ordinaires du Concile fussent diseontinuées, afin que les Orientaux pussent se concerter entre-eux sur les moyens de la réunion.

Le Patriarche ordonna alors au Clergé Oriental de se reunir en ûssemblie ebig lui le 30 du même mois. Tous les Métropolitains, Evéques, Supérieurs, Abbés et Docteurs s'y présentèrent le jour indiqué. Le Patriarche exposa ce qui était résulté de la dernière séance extraordinaire du Concile dans l'Eglise de Saint François, et qu'il avait après cette séance fait dire au Pape, que les séances ordinaires du Concile fussent discontiuuees, afin que les Orientaux pussent penser entre-eux et se décider ou à se reunir, ou à s'en aller.

ÉM 21 H* Le Métropolitain de Russie Isidore prenant alors la parole , harangua en faveur de la réunion; après lui Bessarion, Métropolitain de Nicée, parla dans le même sens; Dorothée, Métropolitain de Monembasie, observa qu'il ne consentirait jamais à latiniser. Mais le Métropolitain de Russie lui répondit « ni nous autres nous ne voulons point latiniser: mais nous disons que, puisque non. seulement les saints Pères de V Occident, mais aussi ceux de V Orient, attribuent également au Fils la procession du Saint-Esprit, il est juste d'avouer cette vérité avec C Eglise de Eome et de nous unir avec elle, » Antoine Métropolitain d'Héraelia fit aussi l'objection , que ceux parmi les Pères d'Orient qui disent que le Saint-Esprit procède du Père, sans point nommer le Fils, sont plus nombreux que ceux qui disent, qu'il procède du Père et du Fils , et qu'il serait convenable de suivre l'opinion du plus grand nombre. Le Métropolitain d'Ephèse, prenant alors la parole, fit une longue harangue pour soutenir la proposition de celui d'Héraclia. II ajouta même à la fin de son discours , que les Occidentaux sont des hérétiques , et qu'il ne faut pas s'unir avec eux , s'ils ne retranchent du symbole l'addition du mot Jilioque. Alors le Métropolitain de Nicée lui demanda « si tous ceux qui Sisent , que le Saint-Esprit procède aussi du Fils, sont des hérétiques? Oui! répondit le Métropolitain d'Ephèse « que Dieu ne prenne point en considération ce blasphème » s'écria le Métropolitain de Nicée: « et les saints donc qui disent, que le Saint-Esprit procède du Fils, sont aussi des hérétiques? que les lèvres frauduleuses, ajouta-t-il, qui parlent contre les saints soient muettes! Mais écoutez, mes frères, et raisonnez, s'il vous plait. Comment peut-on dire que les saints Orientaux et les saints Occidentaux soient en contradiction entre-eux, lorsque le même Saint-Esprit a parlé tant par les uns que par les autres ? cela est sans doute impossible. Toute fois pourtant, si vous le voulez, examinez leurs écrits, et vous y verrez que tous les Saints sont de la même doctrine » « et qui peut savoir, répéta le Métropolitain d'Ephèse, si leurs écrits n'ont pas été corrompus? » « et comment peut-on oser dire, reprit le Métropolitain de Nicée, que des homélies entières, des commentaires sur l'Evangile, des théologies complètes sur cette matière aient été toutes corrompues ? si nous effaçons tout cela de nos livres, que nous en restera-t-il que des parchemins blancs?

Après plusieurs pareilles contestations, ils se séparèrent sans avoir rien décidé, à cause de la diversité des opinions. D'ailleurs il y en avait aussi plusieurs parmi les Seigneurs de rempire, qui ne voulaient pas la réunion } et qui excitaient les Evoques à persister dans Je schisme.

Le mercredi de la semaine sainte, l'assemblée des Orientaux se réunit de nouveau chez le Patriarche. Le Métropolitain de Mirvlènc proposa dans cette séance, de faire de deux choses Tune: ou de se mettre d'accord avec les Occidentaux et de se réunir avec eux , ou de les déclarer schisma tiques et de retourner à Constant! nople. Cependant ', ajouta-t-ll , acceptez-vous le témoignage de Saint Maxime? noua r 'acceptons , répondirent-ils tous: « hé bien, reprit le Métropolitain de Mitylène, voilà Saint' Maxime qui dit que le Sahtt- Esprit procède du Père et du Fils et il présenta le passage de Saint Maxime (l). Le Métropolitain de Nicée produisit ensuite différentes autres citations, par lesquelles il prouva, que plusieurs Saints Pères de f Eglise Orientale confirment aussi la procession du Saint-Ksprit par le Fils* Le Patriarche ordonna d'exposer par écrit toutes ces citations, afin que le lendemain tous se réunissent de nouveau pour les examiner et en décider définitivement.

Cette séance fut remise jusqu'au vendredi de la semaine de Pâques, à cause des fêtes et de l'indisposition du Patriarche* Ce jour étant arrivé ils se réunirent tous chez le Patriarche en présence de l'Empereur. Apres plusieurs discussions, on décida dans cette séance d'envoyer chez le Pape une députât ion, composée du Métropolitain de Hussîe et de celui de JNicée, de deux Stavrophores , du grand Bibliothécaire et du grand Ecclésiarque. Cette députation était chargée de dire à Sa Sainteté de la part

(l) C'est le passage de la lettre de Saint Maxime, que nous a*onx i à la page 30 ilu présent ouvrage. Le Inte ott4 par les actes du diffère dans les mots de celui rjue nous avons rapporté, en ce qu'il expoae cette même idée par une expression plus concise: car il dit , . . . fax» yêç tt t<ra<Tit Ti'où xat ïi>tvp.aToç tqv HaiYçec airi'av, totï ja#\ xaLxd njv yn- „ vijtrir, rou &f xaTûi rrçy ixjrogiu<m* e&V "va jtcti h' aùroù n^oUtcu &qn XwVwct, xai raûry ro vuvaÇÎç rnç oCa-ittç xa» âîraçaAAtfXTov ra^aïmj- „ cw^iy „ au lieu de ■ fjua» ydç t<7cnr*y Tî&u noti Tlvit^aroç roV Tlatrfga * »1ti«v. Tiot; pi v dirXvç aUiat „ etc, etc. comme s'exprime le texte que nous avons cité a la page 30.

Patriarche, de Y Empereur et de tout !e Clergé Oriental « que les Orientaux considèrent la question comme suffisamment élaborée et éetaircie, et par conséquent Us croient inutile aVen continuer la discussion» Mais qu'ils n'abandonneraient jamais leurs antiennes coutumes; et que si Sa Sainteté commit quelque moyen de réunion a cette condition, de te leur communiquer* ■*

La députation se présenta chez le Pape, et lui exposa le but de sa mission: Sa Sainteté répondit en ces termes « dites à Sa Majesté F Empereur, à mon frère le Patriarche et à toute r Eglise Orientale, qu'il w'y a que quatre moyens par lesquels on pourrait terminer cette question : I , Si tmus n'êtes pas suffisamment convaincus par les preuves bien claires que nous avotis produites de f Écriture et des Pères de f Eglise, et par lesquelles il est évidemment constaté que le Saint-Esprit procède du Père et du Fils t de dire m quoi vous dmttez, afin que nous lâchions de vous en éclairer davantage t et de vous persuader pleinement sur cette vérité. 2. Si vous avez des témoignages de ia Sainte Écriture et des Pères de P Eglise, qui soient contraires à ce que nous disons, de 1rs produire. 3. Si vous avez des preuves de C Écriture et des Pères de F Eglise, que ce que vous soutenez est plus juste et plus pieux que ce que nous dogmatisons, de les montrer. 4. Enfin, si vous ne consentez à aucun de ces trois moyens, nous nous rassetnblerons tous en Concile; un prêtre lira ta messe; nous prêterons serment tous, tant Orientaux qu'Occidentaux , jurant chacun qu'il avouera la vérité d'après sa propre conscience ; ensuite nous voterons et nous déciderons d'après la majorité des roi

Ces propositions du Pape ayant été communiquées à rassemblée des Orientaux , tout le monde les trouva justes et incontestables. Tous les Evéques avouèrent qu'ils n'avaient rien à répondre. Car, dirent-ils, quant à ta première proposition, il y a plusieurs Pères de F Eglise, qui disent, que te Saint-Esprit procède aussi du Fils: en avons-nous quelque doute? Quant à la seconde, quels sont les saints qui disent le contraire? Quant à ta troisième, comment pourrions-nous prouver que notre doctrine est plus juste et plus orthodoxe, que celle des Occidentaux ? Puisque la nôtre est vraiment Orthodoxe, comme nous ayant été transmise par les Pères de t Eglise; mais la leur aussi est êgaletnent orthodoxe: car ce sont aussi les saints Pères qui la confirment. Quant à ta quatrième proposition , celle de dire son

opinion sous serment , comme aucun autre Concile n'a jamais employé ce moyen , «ows ne jugeons pas convenable de Cnnployer.

Le Métropolitain de Mitylène prenant alors la parole « powrquoi, dit-il, discutons-nous , rf n* savons-nous pas que décider, après que nous nous sommes assurés, que notre doctrine est orthodoxe, et que t addition faite au symbole par ks Occidentaux pour V expliquer et féclaircir est également Orthodoxe? car c'est aussi des écrits des Pères de V Eglise qu'ils tout prise. C'est sur tes saintes Écritures que le symbole de la Fui fut composé de ces mêmes saintes Écritures que tes Occidentaux tireront faddîlion du mot Fitioque, Or et notre symbole est Orthodoxe et le leur ne l'est pas moins; puisqu'il n'y a qu une croyance, une Orthodoxie , un Dieu trisyposfafe chez tous les deux, Ifê perdons donc pas te temps darantaye, mais rentrons dans f union de F Eglise de Dieu et cessons toute discussion. Voila ce que nous devons répondre à Sa Sainteté notre Pape,

Aucun des Evoques ne combattit ces concl osions du Métropolitain de Mitylène. Maïs J 1 Empereur proposa, qu'il s'agissait avant tout de penser à la réponse qu'on ferait aux quatre demandes du Pape. Alors Grégoire f grand Vicaire de l'Eglise de Conston tinople et Légat du Patriarche d'Alexandrie, prit la parole et dit ■ et que voulez-vom , Sire, que nous y répondions? dire, que parmi les ci fa fions que tes Occidentaux ont rapportées, les unes sont fausses cl les autres falsifiées? ou de dire, que nous en ignorons quelques unes , et que d'autres nous ne tes acceptons pas , sans pouvoir en donner aucune raison ? Il ne nous reste donc, comme vous le voyez, aucune autre chose à y opposer, que de dire des mensonges et des absurdités; ce qui ne nous convient nullement. »

Enfin , après plusieurs discours semblables t tout le monde pria l'Empereur d'envoyer de nouveau chez le Pape les six mêmes mandataires, afin de lui faire savoir <■ que tes Orientaux ont bien compris que ces quatre demandes n'ont que le même but* crfni d'en continuer la discussion. Mais comme ils croient que la question a été assez discutée et éctaircie, ils sont bien décidês d'abandonner désormais ta discussion. En même temps, puisque les Occidentaux ont clairement démontré, que f*? (ion qu'ils firent au symbole est confonne aux écrits des saints Pères, hs Orientaux ne blâment point leur persistance à la

maintenir, quoiqu'un x-mémes ne consentiront jamais à rien ajouter dans le leur, mah qu'ils le conserveront tel quils Vont reçu de leurs pères. Or les discussions, tes conférences, les citalions, 1rs témoignages, et les serments ne servent dorénavant à rien. Par consft/itmt 1rs Orientaux prient Sa Sainteté, ou de penser et de trouver quelque moyen pour terminer, sur ces bases, la réunion des Eglises, ou de leur permettre de dissoudre te Concile et de s r en atla\ »

L'Empereur communiqua au Pape cette décision de rassemblée par les six mandataires susmentionnés. Le Pape leur répondit qu'il enverrait du Cardinaux , qui annonceraient sa réponse à rassemblée des Orientaux, en présence aussi de TKmpereur.

Le lendemain et le surlendemain les Orientaux se réunirent de nouveau en assemblée chez le Patriarche, Le Métropolitain de Nicée prononça dans cette séance un discours sur la réunion , par lequel il prouva en dix chapitres l'uniformité dogmatique des deux Eglises (2). Egalement le savant Georges Scolarius (le même qui après la chute de l'empire Byzantin fut élu Patriarche de Constantinople sous le nom de Génadius) présenta au Concile trois discours sur la nécessité de la réunion de l'Eglise et l'identité des dogmes des deux rites (3).

Le 15 Avril rassemblée des Orientaux se réunit de nouveau chez le Patriarche, qui était malade, L'Empereur y était venu aussi. Trois Cardinaux et quelques Evêques et Àbbés Occidentaux s'y présentèrent pour communiquer à rassemblée la réponse du Pape. Le Cardinal Julien prit alors la parole et dit que l'opinion du Saint- Père était que le Concile continuât ses séances ordinaires , afin qu'on pût éclaircïr suffisamment la question et se coinaincrc pleinement de la vérité. Mais l'Empereur lui répondit qu'après tout ce qui avait été dit, la question était sufilsamment écïmreie . Le Cardinal insista encore sur sa proposition. On continua à discuter sur ce sujet, et comme les Orientaux

{ce discours se trouve imprimé en Grec et en Latin dans le Tom. II des Actes du GORcfie de Florence pag. 1&7. )

(3) Ces Iruîs discours se trouvent égal'cimniL imprimé-s en Grec >t rit Latin au commencement éé ce même Tome Jl des actes du Conrïlf tU- Florence.

étaient de différentes opinions, même entre-eux, rassemblée fat

levée, sans qu'on pût rien décider.

Deux jours après, les deux partis convinrent enfin de choisir chacun dix Docteurs , qui devaient se réunir en assemblée extraordinaire, pour examiner la conformité des Pères des deux Eglises sur le dogme de la procession du Saint-Esprit. Les membres de cette assemblée furent désignés et tinrent leur première séance le lendemain.

Quoique plusieurs contestations se fussent aussi élevées dans cette assemblée de part et d'autre , tous les membres pourtant convenaient, que les écrits des Pères de l'Eglise attestent cette conformité.

Cette assemblée continua ses séances pendant plusieurs jours , s 1 occupant avec la plus grande assiduité de l'examen et de la confrontation des écrits des Pères des deux Eglises sur ce dogme, et les trouvant toujours conformes et d'accord. Enfin rassemblée décida unanimement que les écrits de tous les Pères de l'h^lise, tant Orientaux qu'Occidentaux, étaient parfaitement d'accord sur ce dûgfflft,

De plus à la fin de cette assemblée les Orientaux demandèrent et curent des Occidentaux un écrit, par le quel ceux-ci déclaraient i qu'en disant que le Saint- Esprit procède du Père et du Fils y Os ri entendent point qu'il y a deux principes ou deux motifs de procession: au contraire ils avouent un seul principe et une seule cause de procession , et anathbnatisent ceux qui diraient y ou qui croiraient contrairement à cette doctrine. *

Après la remise de cet écrit, les Orientaux tinrent encore plusieurs assemblées entre-eux en présence de l'Empereur et du Patriarche pour y faire une réponse. Enfin ils envoyèrent aux Occidentaux l'écrit suivant «• puisque tes Occidentaux avouent que le Père est te seul principe du Fils et du Saint-Esprit , et qu'ils nous demandent d'exposer aussi notre croyance, nous disons que nous avouons également, que te Père est te seul principe du Fils et du Saint-Esprit , qui procède du Père et du Fils, conformément aux écrits des Pères de V Eglise*

Après cette convention préliminaire, eurent encore lieu plusieurs séances extraordinaires entre les Orientaux et les Occidentaux , ainsi que plusieurs discussions sur le développement et l'exposition de cette doctrine de la Foi. Enfin le jour de la Pentecôte le Pape convoqua chez-lui le Clergé Oriental et lui

exposa tons les sacrifices faits par lui pour parvenir a la sainte œuvre de la réunion. Mais que les Orientaux négligeaient de faire les conférences aussi fréquentes que possible, afin de parvenir à la connaissance de la vérité, et à l'accord et à l'union de l'Eglise, prescrite par notre Saint Sauveur. Que tant à Ferrare qu'à Florence, il leur rappela toujours ce devoir sacré de conférer souvent» L'Eglise de Home avait même c on descend u , contrairement à ses habitudes et à sa dignité, à donner par écrit sa croyance dogmatique, mais qu'elle avait fait cela volontairement pour faciliter la réunion. Mais Je Clergé Oriental , même après tout cela , met beaucoup de retard , et ne fait pas des conférences continuelles, ou du moins trois fois par semaine, comme il avait été convenu, pour pouvoir terminer cette affaire. Enfin le Pape les exhortait a tâcher de conclure la réunion, de laquelle dépendait ta consolidation de l'Eglise, et le bonheur spirituel et social de tous les Chrétiens.

Après ce discours du Pape, les Orientaux répondirent par le Métropolitain de Russie comme ci-après * Tout ce que Votre Saint* té vient de dire est vrai et juste: mais les grandes entreprises mit toujours des retards. Car nous autres , quoique nous soyons ici depuis bien long-temps , cependant nous n'avons jamais cessé de nous occuper de la réunion de PEglise. Au contraire nous nous occupons constamment de cette œuvre, tantôt dans les séances ordinaires et extraordinaires du Concile f tantôt par des assemblées des nôtres, tantôt par des examens et des discussions entre nous, ou avec notre Patriarche, ou avec notre Empereur. Mais s'il y a du retard , il n'y a rien ofêton* nant. Toutes tes grandes entreprises exigent du temps et de longues réflexions. D'ailleurs nous allons à présent même ton* ftrer avec notre Patriarche. »

Après d'autres semblables discours, rassemblée fut dissoute. Les Evêques Orientaux allèrent de là immédiatement chez le Patriarche, pour lui communiquer tout ce qui s'était passé chez le Pape. Le Patriarche ordonna que quatre Métropolitains, c'est à dire, ceux de Russie, de Nicée, de Lacédémone et de Mitylènc, allassent chez l'Empereur, pour lui communiquer la conférence qu'ils avaient eue avec le Pape, et lui en demander son opinion.

Les quatre Métropolitains se rendirent chez l'Empereur et lui dirent tout ce qui s'était passé chez le Pape, et que le Patriarche voulait en connattre son opinion. Les Métropolitains

exhortaient l'Empereur à donner son assentiment pour la réunion* Mais comme l'Empereur paraissait indécis, ils Unirent par lui dire après plusieurs diseussions « que si Su Majesté ne voulait pas se réunir, le Cierge Orh nhil §e réunirait a l'Eglise de Borne. * Cette conclusion des Evéques intimida l'Empereur et le rendit plus trailabïe pour la réunion. Aussi ordonna-t-il que le lendemain tous les Orientaux se réunissent en assemblée chez le Patriarche, où lui-même viendrait.

Cette assemblée eut Heu le lendemain , jeudi de la Pentecôte, en présence de l'Kmpereur, qui commença à parler en ces termes « Vous savez, n -sp*'etahles Erèques , que nous n avons quille notre pays pour venir à F étranger , que dans f espoir d'achever la grande œuvre de fa réunion des Eglises. Personne n'ignore combien la séparât ion est funeste et vont bien cett ait m serait agréable. Mais il s*agit ici de deux grands points et de deux dangers éminents: c'est si nous ne faisons pas ta réunion convenablement, ou si nous restons sejntrrs .sans raison. Prenez donc en bien sérieuse considération ces deux grandi points et décidxz ce que con se foftft ieu sèment vous croyez que nous devons faire; donnez en des opinions sages et g fit ne puissent point être contraires au saint de nos âmes. La séparation doute est funeste ; mais elfe est peu de chose en comparaison tîu sa tut de fume ! Prenez pourtant garde également que si la r> union n*est pas contraire au salut de rame, de ne pas f abandonner: car if n'g a pas de péché plus terrible que la séparation dn Eglises; et ce fui qui empêche rail ta réunion orthodoxe, sera condamné beaucoup plus que Judas, qui a trahi notre Scigm u

Alors tous lus Evéques s'écrièrent * qui ne désire pas la réunion orthodoxe qu'il soit anathème ! »

Apres cela le Métropolitain de Russie ayant été tevtté par toute rassemblée a prendre la parole, dit * Vous sa frères, que toits ces doutes et toutes ers indécisions ne que de la discorde et de Pétat de séparation dans laq utile les deux Eglises se trouvent. Car vous savez, que nous avons examiné et confronté les écrits des Pêfêi fhetflmtaux et nous ks avons trouvés parfaitement d accord avec ceux des nôtres; et il est impossible quil en soit autrement. Les saints ne peuvent qu< conformément tes uns aux autres, a cause que le saint- Esprit ne peut s exprimer de deux différentes manières. Et puisque tant tes uns que les un fers sont des suints /m uotrr

Eglise, et que le même Saint-Esprit a parlé par les uns comme par les autres, il faut absolument croire qu'ils sont d'accord, comme ils le sont effectivement, et qu'ils ont écrit tous dans le même sens. Quelle est votre opinion là dessus ? »

Tous les Evéques répondirent « c'est ainsi que nous le croyons aussi. »

Alors l'Evéque de Nicée dit « et si vous croyez que les Saints sont d'accord, pourquoi ne croyez-vous pas comme eux, que le Saint-Esprit procède aussi du Fils? et ayant cité plusieurs passages de Saint-Epiphane, de Saint-Cyrille et de plusieurs autres Pères de l'Eglise Orientale, il prouva que les uns disaient que le Saint-Esprit procède du Père et du Fils , d'autres qu'il procède de tous les deux, et d'autres qu'il dérive, ou vient du Fils.

Après la lecture de ces témoignages, le Métropolitain de Hitylène présenta les saint Pères Occidentaux , qui disent clairement que le Père et le Fils sont une et même source du Saint- Esprit; qu'il procède primitivement du Père, et en même temps de son Fils consubstantiel , enfin qu'il procède du Père et du Fils. Les Evéques Orientaux ayant lu et examiné toutes ces citations s'en persuadèrent pleinement et s'écrièrent tous « Comme nous ne connaissions pas les livres des Pères Occidentaux, nous étions en doute: mais à présent que nous les avons vus et lus, nous les acceptons. »

L'Empereur ayant pris alors la parole. Leur dit « et si vous les acceptez, donnez tous votre opinion sur ce sujet d'après votre conscience. »

Alors le Patriarche et tous les Evéques opinèrent, qu'ils acceptaient les saints Pères Occidentaux et reconnaissaient orthodoxes leurs écrits. Et comme ils ont été inspirés par le même Saint-Esprit, leurs écrits ne peuvent naturellement exprimer que la vérité, et avoir le même sens, que ceux des Orientaux. Après cette décision du Clergé Oriental, l'assemblée fut dissoute.

Le lendemain les Evéques Orientaux s'étant rassemblés lurent de nouveau les témoignage? de Saint-Basile, de St-Athanase, de St-Cyrille, de St-Epipbane, de St-Anastase le Sinaïte, de St-Grégoire de Nysse, de St-Jean le Damascène et de plusieurs autres Pères de l'Eglise sur la procession du Saint-Esprit du Père et du Fils, et tous se persuadèrent sur la vérité du dogme. Ils se rassemblèrent encore dans l'après diner du même jour, et continuèrent le même examen.

Le samedi de la Pentecôte les Orientaux tinrent encore une assemblée chez le Patriarche en présence de l'Empereur. Georges Scolarius prit de nouveau la parole, et prouva par un discours très-savant, que les Pères Occidentaux et les Pères Orientaux étalent très-d'accord entre-eux sur la procession du Saint-Esprit; qu'ils avouaient tous également sa procession du Père et du Fils, ou du Père par le Fils, comme d'un seul et même principe; que par conséquent il n'y avait pas des motifs de dissension entre les deux Eglises; et qu'elles devaient se réunir comme elles Tétaient avant la séparation. Scolarius présenta en même temps à l'assemblée deux autres écrits > qui! dit avoir depuis bien lorvz temps composés. L'un de ces deux écrits était un traité sur la nécessité de l'union de l'Eglise, une et indivisible, et sur les moyens par lesquels on pouvait parvenir à cette réunion. L'autre prouvait la procession du Saint-Esprit du Père et du Fils, d'après la Sainte Écriture et les écrits des Pères Orientaux et Occidentaux, ainsi que l'accord parfait de tous ces écrits entre-eux.

Après le discours de ce Docteur de l'Eglise, les Evéques s'occupèrent encore de l'examen des livres des Pères Orientaux, et conclurent de terminer cette recherche. On demanda alors l'opinion de tous et le Patriarche dit le premier « Puisque les écrits des Pères de f Eglise , tant Orientaux qu'Occidentaux, disent tous, soit que te Saint- Esprit procède du Père et du Fiis , soit qu'il procède du Père par le Fils; comme ces deux expressions aboutissent au même sens, c'est à dire, à ta pro* cession du Saint- Esprit du Père et du Fils, je suis de ? opinion de reconnaître tes écrits des Saints Pères Occidental* de nous unir avec V Eglise de Rome* Nous conserverons cependant toutes nos propres coutumes, et nous n'ajouterons point au symbole le mot explicatif de Fitioque, tout en croyant à ta vérité et à f orthodoxie de cette expression. •

L'Empereur prenant la parole, dit à son tour «* Mon devoir comme Souverain est de défendre tes décisions de f Eglise et de suivre V opinion de la majorité de l'assemblée, comme c'était toujours la règle anciennement. Car il se peut bien que deux ou trois individïis tombent dans l 'erreur , mais que toute F Eglise soit trompée, c f est impossible. Considérant d'ailleurs ce Concile égal aux autres Conciles Oecuméniques, et étant moi-même întérieurement persuadé de la véracité de ses décisions , /approuve et accepte notre réunion avec les Occidentaux. Je mets

également la condition que nous ne serons point obligés de tien ajouter à notre symbole, ni de rien changer des coutumes de notre Eglise. *

Le Métropolitain de Russie Isidore , Légat en même temps du Patriarche d'Àntioche, prit ensuite la parole et dit • Les écrits des Saints Pères Occuhiitfiur sont Orthodoxes ci acceptables , et le Saint-Esprit procède aussi du Fils, et te Père et le Fils sont une et même source et un seul et unique principe de la procession du Saint-Esprit. Ainsi je m'unis f et telle est ma profession de Foi devant Dieu et vous* *

Le Métropolitain de Nicée fit le même aveu, et prouva par un discours très-pieux, qu'il ne peut exister de salut pour un Chrétien, qui ne croit pas que le Saint-Esprit procède du Père et du Fils.

Les opinions se donnèrent successivement d'après Tordre hiérarchique des Evêques, et furent toutes dans ce même sens. Mais les Métropolitains d'Hérndia , d'Ephèse , de Monembasîe et d'Ànchyalos s'y opposèrent, en disant qu'ils n'étaient pas persuadés que le Saint- Espit procède aussi du Fils.

Le Métropolitain de Mitylène ayant été invité à dire son opinion , parla en ces termes « Quant à moi , dès ma jeunesse je m 9 opposais aux Occidentaux de vive voix et par écrit, croyant qu'Us faisaient deux principes de procession, Mais d'après les développements qui se sont faits dans le Concile, je me suis persuadé que j'étais dans f erreur, et que les Occidentaux ne font qu'un seul principe de procession comme, nous » il analysa en* suite les principes des deux rites, et prouva également que le dogme était le même; que conformément à rÉeriture et aux écrits de tous les Pères de l'Eglise, le Saint*Esprit procède du Père et du Fils comme d'un seul et même principe.

Les autres Evêques opinèrent dans le même sens, À la fin de rassemblée les Métropolitains d'Héraelia , d'Anghialos et de Monemhasie, qui d'abord étaient contraires, s'accordèrent avec tes autres et acceptèrent aussi la réunion. Le Métropolitain d'Cphèse seul persista à s'y opposer, et rassemblée fut dissoute.

Le 3 Juin tous les Evêques, les Philosophes, les Abbés et les Stavrophores Orientaux se réunirent encore chez le Patriarche, qui était malade, L'Empereur y vint aussi et prenant la parole il leur dit * Votre opinion m'est connue par les assemblées précédentes, lorsque j*ai moi-méne donné la mienne, après

ÉM 32 )h=*

0001 de nuire Patriarche, Maïs déjà je vois que la plupart et les plus savants d'entre vous, donnent raison aux Occidentaux, et tottl ensemble vous êtes d'accord, que l'expression par le Fils est la même que celte du Fils, Puisque dune la plus ftwA partie des Evêques est d'accord et que tous vom monnaistes et acceptez les écrits des Pères Occidentaux sur ta procedu Saint-Esprit du Père et du Fils; puisque plusieurs ont drja donné par écrit leur opinion depuis avant hier, je propose que les autres soient aussi invites à faire ta même chose. Après quoi nous déciderons suivant la majorité des voix, »

Les Evêques répondirent: que le Patriarche donne d'abord son opinion et ensuite les autres: celui-ci dit alors • Quant à moi je ne change , ni ne changerai jamais la doctrine d' pères. Mais puisque tes Occidentaux démontrent que ce n'est pas d'eux mêmes, mais bien des Saintes Écritures qu'ils ont pris la procession du Saint-Esprit du Fils, je les reconnais aussi Orthodoxes que nous mêmes, et j*opine que notre expression par le Fils, signifie , que le Fils est avec le Père la cause de ta procession du Saint-Esprit. Pour cette raison je me réunis et cornmunk urec tes Occidentaux. »

Tous tes Evêques déclarèrent alors qu'ils étaient de l'opinion du Patriarche et donnèrent tous leur opinion conformément à la sienne. C'est à dire , ils avouèrent qu'ils reconnaissaient que le Saint-Esprit procède du Père et du Fils, comme d'une et même source et d'un seul principe, ainsi que tous les Docteurs de l'Eglise l'ont établi» Toutes ces opinions furent exposées par mit. Le Métropolitain d'Ephèse seul , encore cette fuis, ne voulut, donner aucune opinion.

Le lendemain les Orientaux s'étant de nouveau rassemblés, dressèrent acte de leurs opinions susmentionnées et en firent trois copies: Tune fut envoyée au Pope, l'Empereur garda la seconde, et le Patriarche la troisième. Cet acte contenait, qu'ils se reunissent aux Occidentaux; qu'ils approuvent l'addition explicative hitf au symbole par eux, comme étant prise des écrits des Saints Pères de l'Eglise; qu'ils avouent enlîn que le Saint-Esprit procède du Père et du Fils , comme d'un seul et même principe.

Le Pape prit lecture de cet acte en présence des Cardinaux et l'approuva pleinement. Par suite de cette approbation il fut décidé qu'on choisirait dix personnes de chaque parti, qui s'occuperaient à dresser l'acte définitif de la réunion des deux Eglises.

Le 5 Juin ainsi que le jour suivant, les dix Docteurs } choisis par les Orientaux pour dresser l'acte définitif, se réu Direct avec ceux qui furent choisis par les Occidentaux. Ils relurent l'acte des opinions des Evéques, et composèrent un projet d'acte définitif, qu'ils présentèrent au Patriarche et à tout le Clergé Oriental réunis en pleine assemblée chez l'Empereur. On y fit quelques rectifications d'après ïa proposition de V Empereur. Apres quoi on en fit trois copies, dont l'une fut donnée au Patriarche, la seconde resta chez l'Empereur, et la troisième fut remise à ceux qui étaient chargés de la rédaction de cet acte.

Le lendemain , 7 Juin , Pacte fut soumis au Pape par les Evéques Orientaux, et Sa Sainteté le lut et l'approuva en leur présence. Alors les Cardinaux se levèrent et embrassèrent les Evéques Orientaux. Le Pape fit connaître officiellement a l'Empereur par trois Evéques Occidentaux l'accord des deux partis sur ce principal point de la réunion.

Le jour suivant les Orientaux choisirent quatre Métropolitains, qui furent celui de Russie, celui de Mcée, celui de Traperonde et celui de Mityleue. Ces Métropolitains furent chargés par le Patriarche, le Synode Oriental et l'Empereur, d'aller chez le Pape, et de définir aussi les autres questions entre les deux Eglises.

Les quatre Métropolitains Orientaux se rendirent chez le Pape et formèrent une séance extraordinaire avec les Evéques Occidentaux* On commença par la question des azymes. ÏJ fut décidé que dans le saint sacrifice on doit employer du pain fait de blé: mais que ce pain peut être azyme ou inzyme indifféremment et suivant la coutume de chaque Eglise : pourvu que le sacrificateur soit prêtre régulièrement ordonné et que le lieu soit consacré.

On passa ensuite à la question de la présence des Saiuts devant Dieu avant le dernier jugement, ainsi qu'à celle de l'exiëtence du Purgatoire. Il fut uuanîmement décidé, que les âmes des justes obtiennent complètement au ciel leur récompense aussitôt après la mort, et jouissent parfaitement de la contemplation de la face de Dieu , de même que les âmes des pécheurs vont immédiatement à ta condamnation éternelle. Mais les âmes de ceux qui sont morts dans la Foi, et qui ne purent expier complètement leurs fautes, souffrent dans le Purgatoire , d'où elles peuvent être retirées par les prières de l'Eglise. De plus on décida qu'il est indifférent, de croire que les souffrances du Purgatoire

consistent dans du feu, dans des ténèbres, ou dans toute autre espèce de tourment.

Le lendemain les quatre Métropolitains se rendirent chez le Pape, pour traiter la question des droits de l'Eglise de Rome, Les Orientaux furent d'accord sur tous les autres points de cette question , excepté sur celle que l'Eglise de Rome a le droit de décider seule dans les gmVM questions, sans le concours et rassentiment des autres Patriarches. Aussi, sans en rien décider, ils retournèrent en faire leur rapport au Patriarche et à rassemblée des Orientaux. Cependant après quelques pourparlers et quelques contestations entre les deux partis , la question de la Suprématie du Pape fut définie par les Orientaux de la manière suivante: c-est a dire, qu'il reconnaissent an Pape tous les droits et les privilèges qu'il avait avant la séparation; qu'il est le ficaire de Jésus-Christ, le successeur de Saint Pierre coryphée des Apôtres et le chef suprême de toute l'Eglise*

Les Occidentaux demandèrent aussi dans cette séance aux Orientaux, pourquoi dans la liturgie, après que les saints sacrements sont complètement sanctifiés par les paroles E\angeliques « prenez, mangez m: Ceci Wt mon corps qui se rowp pour vous n et i tturez en tous: c'est mon sang qui se verse pour vous » et par conséquent le mystère du corps et du sang de Jésus-Christ est accompli, les Orientaux font une invocation et disent jàtim », S êtffm Ê t j fUfl M pain imimukt le corps de Jésus- Christ et q (te ee eitt devienne son sang , en les changeant pur voife Saint-Esprit. « À cela les Orientaux répondirent « flous croyons et avouons, que par les paroles de l- Evangile le mystère du corps et du sang de Jésus-Christ est tout à fait accompli: mais ensuite nous prions que le Seigneur fasse que te pam rint.v et tr vin qui <st dons le calice deviennent en nous, par l'intervention du Saint-Esprit , la chair et te sang de Jésus- Christ, pour ta rémission des pèches de vtux qui en communient, et non en péché ou condamnation: de même que vous ash très Orritlt nlaur^ vous dites après fa eumptéte sanctification: Ordonnes t Seigneur, que ces £lons soient offerts à votre autel ûèlêÊtë par U main d'un stiud Ange. •> Les Occidentaux se contentèrent de cette explication, et la séance se termina par la solution de cette question. Les quatre Métropolitains, en retournant de rassemblée, si* rendirent chez Je Patriarche et l'Empereur et leur annoncèrent tout ce qui s'y était passe.

Ce même soir, mercredi 9 Juin, le Patriarche Joseph mourut subitement. Quelques heures avant sa mort, qu'il avait pressentie, il avait demandé de l'encre et du papier et écrit de sa propre main la suivante profession de Foi, qu'il adressa à l'Empereur:

►& « Joseph, par la miséricorde divine Archevêque de Cons- » tantinople, nouvelle Rome, et Patriarche Oecuménique. »

« Étant arrivé au terme de ma vie et pressentant ma mort, » inspiré par la grâce de Dieu , j'écris et signe de ma propre

• main ma croyance et je la fais connaître à vous mon fils en » Jésus-Christ. Je pense et dogmatise tout ce que pense et dog- » matise l'Eglise Catholique et Apostolique de notre Seigneur » Jésus-Christ, celle de l'ancienne Rome, et j'obéis à tout cela » par conviction. De plus j'avoue pour l'information de tous, » que Sa Sainteté le Pape de Rome est Père des Pères , Evêque

• Suprême et Vicaire de Notre Seigneur Jésus-Christ. De même » je reconnais le Purgatoire des âmes. En foi de quoi j'ai écrit

• et signé la présente. Le 9 Juin 1439 le second d'Indiction (4).

Les funérailles du Patriarche eurent lieu le lendemain avec la plus grande pompe et les honneurs dûs à son rang. Le convoi funèbre fut accompagné de tous les Cardinaux , de tous, les Evé-

(4) Voilà l'original grec.

>J4 „ 'I«<r>7<p, i\jù) 9fov 'AgxicffiVxoffOÇ KuyffTonuvotJiréXi uç , N*aç „ 'PcifAvç, xai OlxovfAtytxoç .TlotTçioiçxvç. „

„ 'EfffiSn irpèç ro t«'Xoç fçSacra rrjç i/wfo Çufjç, fiouXopevoç TëXsiw- „ crai ro xoivov oÇsiXv) [ta .%$*), %otpiTi Gboù ypaÇu xai viroyçotyc» njy fywjy „ oofay Çayiçwç ry i[xrj uiqtyjti' irdvra ouv a riva yoiî, xai a riva Zoy- „ [MariÇti v KoSoXjxij xaî 'AîtocttoAixi} 'ExxXi?<r/a rot; Kt/g/ov ypàv 'Iijcrou „ Xpiarov r$ç irçeo-fivréçaç TWfWjç» xaî avroç iyu yo«, xai ini tovtoiç „ ifjJ cru/xîrsiSo/x«vov aÇisgoW tu r&y Maxagiuraroy trarsça varspuY, xai „ fuytiTTOV 'Àç^ifçia, xai TOJron7Ç»?Tiîy toô Kuç/ot) *?/x«v 'Iijcot/ X^io-tou, w roi HânWf rrjç irçtafZvrîpaç 'VâfjLriç p/xoXoyw fiç «rayrwy d<rÇa\6ryTa' „ ê tj t«v >J/t/^«y rô xaSagnfçtoy. E«ç yaç njy jr*çi rot/rw cûrÇaXeiay virs- „ yçdçrj xara Jyvanjy toû 'Iow/oo fttjydç, ^iXjocttw TtTçaxoo~io<TTÙ rgta- „ xoer* c'yvar» , 'IytoxTiâyoç Sft/rgçaç „ ( aeles du Concile de Florence Tom. I pag. G30. )

M 36 )M ques Orientaux et Occidentaux et de tous les Seigneurs et notables, ainsi que de tout le peuple. Sou corps fut déposé à Florence dons l'intérieur de l'Eglise de SfNlifl Maria .\ovclla, du cote méridional près de la trésorerie de F Eglise.

Après la mort du Patriarche eurent encore lieu quelques conférences entre les Orientaux et les Occidentaux pour fixer les droits et privilèges du Pape. Car l'Empereur montrait quelques difficultés sur quelques unes des prérogatives de Sa Sainteté. Endn d'un commun accord on fixa cette question presque comme elle avait été proposée par les Orientaux dans la séance du îi Juin: c'est à dire, que le Pape est chef suprême ùv l'Eglise , pasteur et chef de tous les Chrétiens et vicaire de Jésus-Christ; qui! a le droit de diriger et de gouverner FI de Dieu , sans que les droits et les privilèges des Patriarches d'Orient en soient nullement altérés. Après le Pape, le Patriarche de Constantinople sera le second; ensuite celui d'Alexandrie; après celui-ci viendra le Patriarche d'Àiitioche et enfin celui de Jérusalem.

Après cette définition , on resta d'accord que les dix Docteurs f choisis de chaque coté pour dresser l'acte définitif de fa réunion des deux Eglises , se réuniraient le lendemain dans l'Eglise de Saint François, pour achever cet acte et le soumettre à l'approbation et à la signature des membres du Concile.

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