‹ L'Église oriental;Chapitre 4 sur 67 · RÉALISABLE · texte numérisé non relu

RÉALISABLE

Ces dispositions spontanées de la part de tous les Chrétiens de différents pays, font voir bien évidemment, que l'union de l'Eglise du Christ, une et indivisible, doit s'accomplir de nos jours! Personne ne saurait également nier que ce rétablissement de l'Unité Chrétienne doit commencer par l'Orient, ce glorieux berceau du christianisme, cet ancien foyer des sciences et des lettres, cette immortelle fabrique des grandes œuvres!

Il nous reste à présent à donner quelques explications sur le nom A' Eglise Orientale , que nous employons dans tout le cours de cet ouvrage pour désigner notre Eglise, de préférence à la nomination d 1 Eglise Grecque , que les étrangers lui attribuent par une vicieuse expression accréditée par l'habitude.

Le terme d'Eglise (2) signifie proprement Y Eglise Universelle, que Notre Seigneur Jésus-Christ fonda et confia à Pierre et à ses Successeurs, et .qui est une et indivisible. Cependant on employa aussi ce terme, dès le temps des Apôtres , pour signifier les différentes Communautés chrétiennes, établies en différentes vil-

(2) Le mot Grec 'ExxXW* ( Eglise ) était en usage chez les anciens Grecs, pour signifier les assemblées du peuple, ainsi que l'endroit, où elles se tenaient. Il dérive du verbe «xxaX««, qui veut dire , appeler par les hérauts.

les: el dans ce sens on disait Y Eglise des Corinthiens, Y Eglise d'Ephèse etc. C'est dans ce même sens qu'on a donné plus tard les noms d'Eglise Orientale et d'Eglise Occidentale, aux deux grandes Communautés chrétiennes de ces deux grands pays.

Après la fondation de l'empire Byzantin» les Orientaux avaient commencé à appeler l'Eglise Occidentale, Eglise Latine, à cause de la langue Latine, que les Occidentaux employaient dans la messe et dans les prières ; ceux-ci de leur côté appelaient l'Eglise Orientale, Eglise Grecque, pour la même raison.

Le surnom de Grec, qui dans le fond n'était qu'une espèce de sobriquet, passa avec le temps de l'Eglise à l'empire Byzantin, lequel fut aussi appelé par les Occidentaux d'abord empire Gréco-Romain, et ensuite empire Grec: pour la seule raison que cet empire avait également introduit la langue Grecque dans ses actes publics.

Cependant , si le Gouvernement Byzantin a quelque fois fait lui-même usage de ces surnoms de Greco- Romain et de Grec, les Eglises pourtant d'Orient ne s'en servirent jamais elles-mêmes. Elles se sont toujours données le nom d'Eglise Orientale, que celle de Constantinople surtout conserve scrupuleusement jusqu'aujourd'hui. Cette Eglise prend aussi d'elle-même très-souvent dans ses propres actes officiels le surnom d'Eglise des Romains (w 'EKxAn<rî& tw 'Pcû/juticov^y et c'est sous ce seul nom , qu'elle est désignée par tout le public de cette ville et celui de tout l'Orient, mais elle n'a jamais pris celui d'Eglise Grecque.

Le Gouvernement même Ottoman n'a jamais connu, et ne connaît pas jusqu'aujourd'hui le Patriarche de

Constantinople sous d'autre nom , que sous celui de Patriarche des Romains ( Roûm-Patrik ) ; comme il désigne aussi les chrétiens du rite Oriental sous le même nom : c'est à dire 9 celui de Romains ( Rûm ) ; enfin c'est ce nom de Romain, que ce peuple se donne lui-même ( en étendant l'usage de ce terme jusqu'à la langue Grecque* qu'il appelle langue Romaine « n 'Po>païxÀ yhaxro-ct » ) et sous le quel il est toujours désigné par tous les autres peuples de l'Orient. H n'y a que les Européens qui donnent à ce peuple le nom de Grec, comme à l'Eglise Orientale celui d'Eglise Grecque.

Quant au style de cet ouvrage, nous espérons que nos lecteurs , surtout les Français» voudront bien user d'indulgence envers un Oriental écrivant une langue qui n'est pas la sienne.

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