Pédagogue^ liv. III, ch. x
dit Tertullien au début de son traité Des habits de femmes, une foi proportionnée à la récompense qui l'attend au ciel, aucune de vous, bien-aimées sœurs, depuis le jour où elle a appris à connaître le Dieu vivant et sa propre condition, ne désirerait une toilette trop jolie, pour ne pas dire trop voyante. » Il entre ensuite dans certains détails. <i Le plus petit écrin, dit-il, contient un patrimoine. On voit pendre au bout d'un fil un million de sesterces K Autour d'un cou délicat est suspendue la valeur de plusieurs forêts et de plusieurs îles. Il faut une fortune pour orner les minces lobes des oreilles, et chaque doigt de la main gauche d'une femme vaut un sac d'argent... Je vois des femmes se teindre les cheveux avec du safran, comme si elles avaient honte de ne
pas être nées en Germanie ou en Gaule Lequel
d'entre vous, demande Dieu, peut rendre un seul de ses cheveux blanc ou noir? Mais ces femmes font mentir Dieu, et, au lieu du blanc ou du noir, elles rendent leurs cheveux blonds et plus gracieux, à ce qu'elles disent ^ » Il leur rappelle ensuite que la main de fer de la persécution peut à chaque instant s'abattre sur elles. « Et comment, leur demande-t-il, le poignet accoutumé au bracelet en forme de feuille de palmier [spatalis),^o\ivvd.t-il supporter l'engourdissante étreinte des menottes? Ou comment la cheville, après avoir si orgueilleusement foulé le sol, dans ses brillants ornements, pourra-t-elle résister à la pression du brodequin; ou comment le cou, entouré de perles et d'émeraudes, saura-t-il les échanger pour la large épée du bourreau?... Les robes des martyrs se préparent et les anges attendent pour