Pédagogue, iiv. III, ch. v
2. Idem, III, i; I, xii. Il y avait donc, parmi les chrétiens, beaucoup de familles riches.
3. Idem, III, xi, § Hors de l'Église. — Ideyn, § Des amusements et des compagnies. — Si Ton juge, d'après les reproches de Clément, des manières et de la conduite des chrétiens d'Alexandrie, il faut reconnaître qu'ils nianquaieat singulièrement, de son temps, de délicatesse,
Toutes les fois que l'Église se mêle au monde, elle peut être sûre de perdre son énergique vigueur, et de voir ses vaillants fils transformés de lions en daims. Il n'en fut pas autrement à cette époque. La crainte des persécutions troublait, comme un cauchemar, la quiétude des chrétiens qui voulaient en prendre à leur aise. Aussi l'usage, sanctionné d'ailleurs par plusieurs évêques, s'introduisit-il de faire un marché avec les dénonciateurs, ou de corrompre les officiers de police, pour obtenir de n'être pas troublé dans les mauvais jours. Ce mal honteux alla même si loin que des Églises entières, d'après TertuUien, se cotisaient pour acheter la tranquillité ^.
Le relâchement croissant de la morale se montrait aussi dans la permission, autrefois impitoyablement refusée et maintenant accordée aux chrétiens, d'exercer certains métiers ou certaines professions. Il y avait des astrologues, des marchands d'encens pour les temples païens , des ouvriers et même des statuaires travaillant pour ou dans les sanctuaires du paganisme. TertuUien va même jusqu'à dire que des fabricants d'idoles devenaient des fonctionnaires ecclésiastiques. Les excuses ne manquaient pas. TertuUien indigné leur répond : « L'un dit : je fais des idoles, c'est vrai, mais je ne leur rends aucun culte, comme si la cause même qui l'empêche de leur rendre un culte ne devait pas l'empêcher de les faire. Assurément, toi qui fais les
1. De la fuite en temps de persécution, xu, xiii. C'est ce que faisaient aussi ceux qui exerçaient des métiers illicites ou infâmes. « Les austères Marciouites et les Montanistes enthousiastes dédaignaient de pareils compromis. Ils regardaient comme indignes de la pure profession du christianisme et le fait de payer sa tranquillité et le fait de fuir la persécution. » Robertson, lîist. of the Church, 1, 65.
idoles qui doivent être adorées, tu es aussi coupable que ceux qui les adorent. Ce n'est pas avec un encens sans valeur que tu leur rends un culte, mais avec ton intelligence; ce n'est pas la vie de je ne sais quel animal, que tu leur offres, c'est ta propre vie. A ces idoles, tu offres ta sueur en libation; devant elles, tu brûles la torche de ton intelligence... A mon sens, tu es responsable de l'acte d'idolâtrie que d'autres commettent. A aucun prix je ne voudrais que mon ministère fût nécessaire à un homme qui fera, par ce moyen, ce qu'il ne m'est pas licite, à moi, de faire »
Certains chrétiens méritaient également et recevaient de justes remontrances pour leur manière de procéder en affaires. « Que celui qui vend ou qui achète, dit Clément, n'ait pas deux prix; qu'il indique le prix réel et s'y tienne. S'il n'obtient pas le prix qu'il aurait désiré, il reste fidèle à la vérité, et il est riche en intégrité devant Dieu... Par-dessus tout, continue- t-il, évitez les serments au sujet de ce que vous vendez et gardez-vous de jurer à propos de n'importe quelle autre chose ^ »