e Apologie, xvii
3. A Scapula, ii. Milman ne croit pas à l'universalité de ces senti-
Au reproche adressé aux chrétiens de frustrer les temples de leurs revenus, Tertullien répond : « On ne saurait nier, dites-vous, que les revenus des temples ne
diminuent chaque jour C'est que nous ne pouvons
suffire à donner aux hommes et aux dieux, et que nous ne croyons devoir donner qu'à ceux qui demandent. Que Jupiter tende la main, nous lui donnerons. Enfin, vous faites moins d'offrandes dans vos temples, que nous ne faisons d'aumônes dans les rues. » Et il ajoute : « Et combien le fisc n'a-t-il pas à se louer des chrétiens ! Car si Ton examine combien les différentes impositions perdent par vos fraudes et vos fausses déclarations, tandis que nous les payons avec cette même bonne foi qui ne nous permet pas de faire tort à qui que ce soit; on trouvera que le seul article où vous pouvez nous reprocher d'être inutiles à l'État, est bien compensé par tous les autres »
■ A cette occasion, Tertullien repousse avec indigna-
ments de loyalisme. II invoque deux écrits, très répandus parmi les Ghrétiens du ii^ siècle, comme prouvant l'existence d'un élément tendant à l'établissement d'une cinquième monarchie, qui visait aussi bien au renversement de l'empire qu'à celui du paganisme. Ces écrits sont îe //e livre cVEsdras, d'origine juive, mais avec des interpolations chrétiennes, et les Livres Sibyllins. 11 y avait trois recueils de ces oracles célèbres. Ceux qui avaient été donnés par la Sibylle à Tarquin, et que le Sénat consultait dans les moments difficiles, furent brûlés en 82 av. J.-C. — Grâce à des copies conservées çà et là, on en fit un nouveau recueil, souvent revisé, et enfin brûlé sous le règne d'Honorius (395- 423). Les vers sibyllins actuellement existants sont des hexamètres grecs et ont été composés par des écrivains juifs ou chrétiens. Quant à leur date, ils s'étendent de l'an 170 av. J.-C. à l'an 700. Des 12 livres qui existaient autrefois, il n'en reste que 10, le 11^ et le 12^ ayant disparu. Les principaux sujets traités sont l'espérance juive d'une restauration politique, l'histoire du monde depuis le déluge, les triomphes futurs du christianisme et le Millénium. Parmi les Montanistes, l'attente du Millénium était générale. Milman, Hist. of Christianity^ 11, 116-125; Smith, Dict. of the Bible, art. 2 Livre d'Esdras; Jebb, Primer of Greek Literature, 160, 161.