‹ L'eglise primitive jusqu'a la mort de ConstantinChapitre 174 sur 324 · Ps. GXVI, 15; Gyprien, Ep. VIIL · texte numérisé non relu

Ps. GXVI, 15; Gyprien, Ep. VIIL

Il avait vu mourir sa femme sur le bûcher, et lui-même avait été laissé pour mort et couvert de pierres. Sa fille, cherchant son corps pour lui rendre les derniers devoirs, le trouva vivant encore. Elle réussit par des soins assidus à le ramener à la santé. Pour récompenser sa constance, Gyprien lui conféra la charge sacerdotale ^

Nous nommerons encore Gélérinus, qui, le premier, souffrit pour la foi. Pendant dix-neuf jours il fut enfermé dans un cachot, torturé et mis dans les fers. Mais si son corps était enchaîné, son esprit restait libre; si sa chair souffrait des douleurs et la faim. Dieu envoyait à son àme une fortifiante nourriture spirituelle. Gélérinus appartenait, du reste, à une noble famille : sa grand'mère Gélérina et ses oncles Laurentius et Egnatius, tous deux soldats, étaient morts martyrs de leur foi ^

Ge furent surtout les évêques qui sentirent les coups de la fureur impériale. A peine la persécution commençait-elle que Fabien, évêque de Rome, était exécuté, tandis que ses collègues, Alexandre, de Jérusalem, et Babylas, d'Antioche, mouraient en prison. Plusieurs évêques quittèrent leurs sièges jusqu'au moment où le premier effort de la tempête fut passé. Ils savaient combien leur présence exaspérait les païens, et ils considérèrent sans doute comme un devoir de contribuer, par une absence temporaire, au repos de leurs troupeaux. Ge fut, par exemple, le cas de Gyprien. « Au commencement des troubles, écrit-il en Fan 250, alors que la foule furieuse ne cessait de demander ma vie à grands cris, je me retirai pour un temps, moins soucieux de ma propre sûreté que de celle des frères... Le Seigneur

Page 1