Matth., XLX
d'Alexandrie ordonné par le cruel empereur Caracalla, Origène dut fuir cette ville. Il fut reçu à bras ouverts par Alexandre, évêque de Jérusalem*, Tun de ses anciens compagnons d'études, et par Théoctiste, évêque de Gésarée de Palestine. Bien qu'il ne fût qu'un simple laïque, sa renommée s'était répandue dans toutes les Églises orientales. Aussi ces deux évêques Tinvitèrentils à exposer, en public et en leur présence, les enseignements de l'Écriture. Le bruit en vint à Alexandrie, et l'évêque de cette ville, Démétrius, ne sut dissimuler ni son mécontentement, ni sa jalousie. Il déclara qu il était inouï jusqu'alors qu'un laïque prononçât des discours de ce genre devant les évêques % et ordonna à Origène de rentrer à Alexandrie. Celui-ci obéit, calma peu à peu son évêque et put continuer ses fonctions d'instituteur.
En 228, Origène fut envoyé en Grèce, probablement pour entrer en discussion avec certains gnostiques. Dans ce voyage , il visita de nouveau ses amis, les évêques Alexandre et Théoctiste, et reçut l'ordination de leurs mains. Nouvelle et plus grande colère de Démétrius, qui proteste contre cette ordination, irrégulière à ses yeux, puisqu'il prétend qu'un prêtre ne peut être ordonné que par son propre évêque. Origène est à peine de retour que Démétrius le somme de comparaître devant un synode composé d'ecclésiastiques égyptiens. Le résultat n'était pas douteux. Origène est déclaré déchu de son rang dans l'Église, de son office d'instituteur et chassé
1. Aelia Capitolina, ainsi qu'on l'appelait encore. Alexandre y fonda une bibliothèque où Eusèbe trouva les documents nécessaires à la composition de son histoire. — Eusèbe, liv. VI, chap. xx.