‹ L'eglise primitive jusqu'a la mort de ConstantinChapitre 182 sur 324 · Eusèbe, liv. VI, chap. xix · texte numérisé non relu

Eusèbe, liv. VI, chap. xix

d'Alexandrie. Il se réfugie à Gésarée, mais sans réussir à éviter la persécution. Un nouveau synode condamne ses écrits et rexcommunie. Bientôt, de cette question de personnes naît une controverse dogmatique. Les Églises de Palestine, de Phénicie, d'Arabie et de Grèce tiennent pour Origène; celle de Rome et les évêques égyptiens pour Démétrius \

A Césarée, Origène continue à écrire et à enseigner pendant vingt-cinq ans environ. Il entretient une correspondance suivie avec plusieurs chrétiens éminents : ainsi Julius Africanus, de Nicopolis en Palestine % auteur érudit de la première histoire universelle conçue et rédigée au point de vue chrétien. Empruntons en passant, à une des lettres de Julius à Origène, une pensée bien juste et bien souvent applicable dans l'Église : (( Dieu garde l'Église de Christ, dit-il, de croire qu'une fraude pieuse quelconque puisse jamais contribuer à la gloire de Ghrist ^ »

Lors de la persécution de Décius, qui s'attaqua plus particulièrement, nous l'avons vu, aux chefs de l'Église, un homme aussi marquant qu'Origène devait nécessairement attirer l'attention des païens fanatiques. En effet, après avoir fait une courageuse confession de sa foi, il fut jeté, chargé de fers, au fond d'un affreux cachot. On lui mit une chaîne au cou; ses pieds furent enfermés dans les ceps, et, par un raffinement de cruauté, on les plaça de façon à maintenir les jambes écartées. Pendant plusieurs jours il fut laissé dans cette situation,

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