Eusèbe, liv. VIII, chap. iv
martyr à son tour. Il souffrit, en effet, la mort peu de jours après K
Dioclétien ne parut pas, pendant quelque temps, disposé à prendre de nouvelles mesures contre les chrétiens. Mais, dans Thiver de 302 à 303, il y fut amené par son gendre Galérius, l'un des Césars, venu à Nicomédie pour proposer des mesures destinées à l'entière extirpation du christianisme. Cet homme, d'un caractère sombre et de mœurs déréglées, fils d'un berger et d'une femme connue pour sa superstition, était alors l'espoir du parti païen. Infirme et déjà atteint de la maladie qui devait le forcer à déposer, deux ans plus tard, le fardeau de l'empire, Dioclétien ne voulut d'abord point l'écouter. Il répugnait à troubler la paix de l'État et à verser les torrents de sang que de pareilles mesures devaient inévitablement faire couler. Incapable de résister seul à son gendre, il réunit un conseil composé de magistrats et de chefs des troupes, et leur soumit la question. Tous, pour des motifs divers, appuyèrent le projet de Galérius. Pourtant Dioclétien ne céda pas encore. Il voulut consulter les dieux et fit partir pour Milet un aruspice chargé de s'adresser à l'oracle d'Apollon. La réponse fut ce qu'on pouvait prévoir, et l'empereur céda. Il insista cependant pour que les mesures les plus sanguinaires et les plus barbares proposées par Galérius ne fussent pas employées. Au lieu de laisser brûler vivants ceux qui refuseraient de sacrifier, Dioclétien stipula qu'ils auraient la vie sauve
Une description de l'état de l'Église au moment où la persécution allait se déchaîner sur elle , montre
1. Ruinart, Acta,302, 304. Wordsworth, Church. Hist., 378, 379.