‹ L'eglise primitive jusqu'a la mort de ConstantinChapitre 223 sur 324 · Acta · texte numérisé non relu

Acta

martyre, Easèbe ne sait pas assez distinguer entre ceux qui se résignent patiemment à la mort et ceux qui par fanatisme la recherchent. Il y en avait, nous raconte-t-il, qui n'attendaient pas qu'on les saisît, mais couraient au tribunal, proclamaient qu'ils étaient chrétiens et se soumettaient à la sentence prononcée en chantant des hymnes de louange K

On n'employait pas seulement contre les chrétiens les officiers de justice ; on les abandonnait à la fureur de la multitude. On les assaillait avec des massues, des bâtons, des fouets, des cordes. Les bourreaux s'ingéniaient à essayer de dompter l'énergie des martyrs, ou à prolonger leur agonie. On attachait solidement à de fortes branches d'arbre ployées les membres des victimes, puis on laissait aller ces branches, et les martyrs étaient déchirés en deux. D'autres étaient mis sur le chevalet, les mains liées sur le dos, et non seulement leurs membres étaient démesurément tendus, mais on leur déchirait tout le corps avec des pinces. D'autres étaient pendus par une main, d'autres crucifiés la tête en bas. D'autres, enfin, après avoir eu leurs pieds mis dans les ceps, aussi distants que possible, étaient battus jusqu'à la mort. Les patients étaient soutenus par la sympathie et l'admiration de la multitude. Des femmes se précipitaient en foule pour baiser le bord de leurs vêtements; on ramassait et on gardait précieusement, pour alimenter la foi et la piété de ceux qui survivaient, leurs cendres jetées au vent ou leurs ossements restés sans sépulture ^

1. H. liv. YIII. — M. de Pressensé voit dans cette conduite des chrétiens le << signe de ses (de TÉglise) progrès, mais aussi le symptôme d'une certaine altération du sentiment religieux. » Hist. des trois pretniers siècles, etc., 2e série, I, 290.

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