G'est-à-dire, observateurs du quatorzième jour
de cœur, se traduisant dans les œuvres, et non pas une foi de tête seulement. Peut-il y avoir, nous le demandons, une preuve plus manifeste de la dégénérescence de rÉgiise au iv*^ siècle, que la conduite des évêques à Nicée? Peut-il y avoir un spectacle plus humiliant que celui qu'il donna? Gomment! il fallut que dans cette assemblée, agitée par l'intérêt et la passion, si entièrement oublieuse du principe fondamental de l'Évangile, un empereur encore à demi-païen donnât à des prêtres chrétiens des leçons de support, de courtoisie et de charité! Avant la persécution de Dioctétien, l'Église s'était abandonnée à l'orgueil et à la mollesse. Mais ce passage par la fournaise sept fois ardente l'avait purifiée et rappelée à son devoir. Treize ans suffirent, semble-t-il, pour lui faire de nouveau perdre ces avantages Encore n'étaient- ce pas seulement treize
années de paix, mais aussi de richesse, de pouvoir et de faveur impériale, accompagnements trop étrangers, il faut en convenir, à sa vraie vie.
Dira-t-on que si le concile ne conserva pas dans sa conduite tout le décorum désirable, il n'en fit pas moins une œuvre digne de son caractère œcuménique, et qui doit lui mériter l'estime et la reconnaissance de la postérit»'? qu'il arrêta le torrent de l'Arianisme, confirma la foi orthodoxe, et lui donna une formule qui pouvait servir de centre de ralliement à l'Église? Nous l'accordons et ne voulons pas lui ménager les éloges qu'il mérite. Personne ne peut dire ce qui serait arrivé si le Symbole de Nicée n'avait pas été accepté. Mais, d'un autre côté, ne fermons pas les yeux sur le mal incalculable que cette uniformité obligatoire fit à l'Église, et n'oublions pas que la décision du concile
fut bien loin de régler définitivement la question. « La manière dont la discussion fut terminée, dit Néander, ne pouvait que conduire à des disputes nouvelles. Il n'y avait là aucune union de cœur, librement née d'une conviction intime et commune; il y avait seulement un lien obligatoire et artificiel entre des hommes profondément séparés encore par des manières de voir différentes au sujet du Symbole, qui leur avait été imposé et qu'ils expliquaient diversement, suivant leurs tendances diverses. Quelques-uns, tout en recevant le mot controversé Homoousion, l'expliquaient par le mot Homoiousion [o^koiouaioq, de substance semblable et non plus, par conséquent, de même substance), et accusaient de Sabellianisme ceux qui lui donnaient son sens propre et original; ceux-ci, à leur tour, accusaient les premiers de Tri-théisme K »
Vers la fin du concile (il dura deux mois), Constantin invita les évêques à un banquet, à l'occasion du vingtième anniversaire de son règne ^ A leur entrée dans le palais, les gardes les reçurent debout et les glaives tirés. Mais, cette fois, les hôtes les virent sans crainte. Quelques-uns des évêques s'assirent près de l'empereur, d'autres, à des tables placées des deux côtés de la sienne et plus bas. Eusèbe nous raconte qu'ils pouvaient à peine en croire leurs yeux, et qu'ils se sentaient disposés à croire que le règne de Christ avait déjà commencé. A la fm du repas, Constantin fit des présents à chacun d'eux, suivant leur rang. Mais celui auquel il fit le plus d'honneur fut Paphnutius. Il le prit dans ses bras, et embrassa l'orbite de l'œil que les bourreaux lui