‹ L'eglise primitive jusqu'a la mort de ConstantinChapitre 260 sur 324 · Institutionum div., liv. V, chap. xx · texte numérisé non relu

Institutionum div., liv. V, chap. xx

culte des dieux en haine de la cruauté D'autres se

sont sentis attirés au christianisme par la vertu et la foi des chrétiens. D'autres encore suspectent le culte de leurs divinités, en voyant tant d'hommes préférer la mort au mal qu'ils trouvent à s'y conformer. D'autres, enfin, veulent connaître ce bien, qu'on sait défendre jusqu'à la mort et qu'on préfère à tout ce que la vie peut offrir d'agréable; auquel on ne veut renoncer à aucun prix, dût-il coûter la fortune et la vie et exposer aux afflictions et aux tortures \ »

Bien que le gouvernement fût devenu chrétien, les barbaries du cirque ne cessèrent pas de longtemps. Lactance ne se borne pas à condamner les combats de gladiateurs; il va plus loin et insiste sur l'inviolabilité absolue de la vie humaine. Peut-être même dépasse-t-il la mesure. « Quand Dieu nous défend de tuer, dit-il, il ne nous défend pas seulement les violences manifestes, mais il veut nous mettre en garde contre certains actes réputés licites dans la société. Un homme pieux ne saurait ni prendre part à la guerre, ni accuser quelqu'un de crime capital; car, du moment où Faction même de mettre à mort est condamnée, qu'importe que ce soit par l'épée ou par la parole? A ce précepte divin, il n'y a et ne peut y avoir aucune exception : il est toujours illicite de provoquer la mort de cette créature à qui Dieu a fait le don sacré de la vie ^. »

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