‹ L'eglise primitive jusqu'a la mort de ConstantinChapitre 262 sur 324 · Épitre à Basilicles, canon · texte numérisé non relu

Épitre à Basilicles, canon

lui à la fm des versets. Après cela, on lira dans le Nouveau Testament et tous, prêtres, diacres, laïques, se tiendront debout et écouteront en silence. Car il est écrit : Garde le silence et écoute, ô Israël. Ensuite les prêtres exhorteront Tun après l'autre les fidèles, et l'évêque, comme leur chef commun, parlera le dernier. Les portiers se tiendront debout à la porte des hommes, afin de veiller sur ceux qui entreront. De même les diaconesses se tiendront à la porte des femmes. Si quelqu'un s'assied ailleurs qu'à sa place, le diacre devra l'y remettre. S'il y a des places assignées aux jeunes gens, ils s'y mettront; sinon, ils se tiendront debout; les parents veilleront sur leurs petits enfants; les femmes mariées venues avec leurs enfants seront à part. Le diacre veillera à ce que personne dans la congrégation ne parle, ne dorme, ne rie ou ne fasse signe de la tête.

« Après que les catéchumènes et les pénitents seront sortis de l'Église, tout le monde se lèvera et priera Dieu en se tournant vers l'Est : car c'est du côté de l'Est que Dieu est monté au ciel. La prière finie, quelques-uns des diacres aideront avec crainte à l'oblation de l'Eucharistie, tandis que les autres veilleront à ce que les fidèles soient tranquilles. Le diacre qui se tient auprès du grand prêtre (l'évêque) dira alors à haute voix : Que personne n'ait de querelle avec son prochain; que personne ne s'approche avec des sentiments d'hypocrisie. Alors les hommes donneront aux hommes et les femmes aux femmes le baiser de paix. Le diacre priera ensuite pour toute l'Église, pour le monde entier, pour les prêtres et les gouverneurs et pour la paix de l'univers. Le grand prêtre demandera la paix pour les fidèles et il les bénira en employant les

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paroles de Moïse : Le Seigneur te bénisse et te garde; le Seigneur fasse luire sa face sur toi et te donne la paix. Puis viendra le sacrifice. Le peuple se tiendra debout et priera en silence, et lorsque l'oblation aura été faite, les fidèles, rang par rang, participeront au corps et au précieux sang du Seigneur. Ils s'approcheront avec révérence et une sainte frayeur, comme devant recevoir le corps de leur roi. Les femmes auront la tête couverte, comme cela convient aux femmes. On veillera à la porte pour qu'aucun incrédule ou aucun non-initié n'entre. «

Viennent ensuite des directions pour la réception des étrangers. Le diacre examinera leurs lettres de recommandation et leur donnera la place qui convient à leur rang. Si le visiteur est un évêque, Lévêque du lieu lui offrira la parole, l'invitera à célébrer l'eucharistie et à prononcer la bénédiction, « car, disent les Constitutions, les exhortations et les conseils des étrangers plaisent et profitent. Si l'étranger ne peut trouver de siège, et que, de son propre mouvement, un des jeunes fidèles ne lui offre pas le sien, le diacre Tobligera à le faire. L'étranger fût-il pauvre et d'une humble famille, le diacre n'en devra pas moins faire tous ses efforts et montrer toute la cordialité possible pour le placer, car il ne doit point y avoir acception de personnes. »

Quant à l'évêque, il devra exhorter les fidèles à venir tous les jours à l'église, matin et soir, pour prier et chanter des psaunries; le matin, le psaume 62% le soir le psaume 140^ Surtout, il doit leur prescrire de se

1. D'après la manière de compter de la Viilffate; 63« et 141'^, d'après notre version.

réunir le dimanche. ^ Car quelle excuse pourrait avoir vis-à-vis de Dieu, un homme qui ne fréquenterait pas les assemblées pour entendre parler du salut et de la résurrection? qui ne se joindrait pas aux prières que nous faisons en nous levant trois fois, en mémoire de celui qui ressuscita au troisième jour? qui ne prendrait part ni à la lecture des prophètes, ni à la prédication de révangile, ni à Toblation du sacrifice, ni à la distribution de la nourriture de vie? Et si quelqu'un allègue son travail comme excuse, qu'il sache que les occupations ordinaires du fidèle sont accessoires, mais que le culte est son œuvre essentielle \ »

V Eucharistie, — Rien ne montre mieux les progrès accomplis dans le sens du formalisme matérialiste, que l'opinion qu'on en vient à se faire peu à peu du pain et du vin de la communion ou du baptême. De plus en plus on parle de la vertu miraculeuse des éléments consacrés, de moins en moins de la vraie communion avec Christ, de la nourriture de l'âme par ce pain céleste, dont Christ lui-même avait dit : si vous ne mangez la chair du Fils de l'homme et si vous ne buvez son sang, vous n'avez point la vie en vous-mêmes ^ Non, sans doute, qu'Origène, Cyprien et une infinité de leurs contemporains, ne comprissent pas cette communion intérieure et n'eussent pas de la Cène du Seigneur une saine appréciation; mais, dans l'enseignement de l'Église, le côté extérieur et matériel du rite occupait une place grandissante. Il est infiniment probable

1. Const. ApostoL, liv. II, chap. lvii-lxi. — Le concile d'Elvire décida que tout citoyen, qui manquerait trois dimanches au culte, serait privé de la communion pendant un certain temps (Gan. 21). Ce concile fut tenu en Espagne entre 313 et 324. Dict. Christ. Antiq,

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