‹ L'eglise primitive jusqu'a la mort de ConstantinChapitre 27 sur 324 · Néander, I, p. 138-140 (de la trad. anglaise · texte numérisé non relu

Néander, I, p. 138-140 (de la trad. anglaise

2. Eusèbe^ liv. TV, ch. m. VApologie d'Aristides a complètement disparu.

comme un seul homme, de l'Afrique à la Mésopotamie, avaient égorgé plus de cinq cent mille païens, et assouvi leur désir de vengeance par des actes de la plus barbare cruauté. Cette insurrection avait été étouffée avec une cruauté encore plus grande par Adrien, alors général romain. Arrivé au trône Tannée suivante, Adrien résolut d'écraser entièrement cette turbulente nation. Dans ce but, il interdit la circoncision, l'observation du sabbat et la lecture de la Loi, et menaça de transformer Jérusalem en une colonie romaine.

Les Juifs supportèrent cette tyrannie pendant un certain nombre d'années, mais avec l'inébranlable conviction de voir surgir, à l'heure la plus sombre, le Messie attendu. En 131, ils crurent cette assurance réalisée : un certain Bar-Gochebas se présentait comme le libérateur promis. Il s'était donné le nom de Fils de l'Étoile d'après une prophétie de Balaam (Nomb. XXIV, 17), et ses prétentions étaient appuyées par le rabbin le plus populaire et le plus instruit du temps. Les Juifs non chrétiens affluèrent vers lui ; les Galiléens et les Samaritains firent cause commune avec eux, et la Palestine redevint le théâtre de violences et de carnages. Mais les insurgés ne purent résister aux légions romaines ; le faux Messie périt en combattant, et le rabbin qui l'avait appuyé fut écorché vif. Jérusalem, enfin, fut encore une fois ruinée de fond en comble. Réalisant sa menace d'autrefois, Adrien transforma Jérusalem en colonie romaine sous le nom d'Aelia Gapitolina et fit élever, sur l'emplacement même du Temple, un temple nouveau dédié à Jupiter Gapitolin. Il interdit aux Juifs, sous peine de mort, d'entrer dans la ville, et pour

les en détourner plus facilement, il fit mettre au-dessus de la porte de la ville conduisant à Bethléem, la figure en marbre d'un pourceau. Ajoutons que, d'après le dire des vainqueurs, cinq cent quatre-vingt mille Juifs auraient succombé dans la lutte K

Au point de vue de l'Église, les résultats de cette terrible insurrection furent plutôt favorables. Dès le début, les chrétiens d'origine juive aussi bien que païenne avaient refusé de se joindre aux rebelles. Ce refus leur attira des persécutions inouïes de la part des partisans de Bar-Gochebas; mais il eut ce résultat important que, désormais, au vu et au su de tous, la cause des chrétiens fut complètement séparée de celle des Juifs. D'un autre côté, l'Église pagano-chrétienne fut débarrassée de la lourde autorité des Judéo-chrétiens; au lieu des anciens et des évêques ou surveillants judéo-chrétiens, qui depuis le temps de Jacques s'étaient succédé sans interruption, l'Église fut dirigée par des pagano-chrétiens. Enfin, les ordres d'Adrien amenèrent beaucoup de Judéo-chrétiens à abandonner les usages mosaïques. Ceux d'entre eux qui y demeurèrent fidèles malgré tout passèrent une fois de plus le Jourdain et se joignirent à l'Église de Pella. De cette fusion naquirent deux sectes dont les noms reviennent fréquemment dans les annales de l'Église primitive : les Nazaréens et les Ebionites. Le nom de Nazaréen avait d'abord été un terme de mépris employé par les Juifs pour désigner les chrétiens en général. Plus tard il ne fut plus employé que pour désigner les chrétiens judaïsants. Quant aux Ebionites (les pauvres), ils greffèrent des spéculations philo-

Page 1