‹ L'eglise primitive jusqu'a la mort de ConstantinChapitre 28 sur 324 · Milman, Hist. of the Jews, 4^ éd., U · texte numérisé non relu

Milman, Hist. of the Jews, 4^ éd., U

sophiques sur le dogme chrétien. On peut les considérer comme des gnostiques juifs. Ils se signalaient aussi par Faustérité de leur vie morale \

C'est à peu près vers cette époque que les Évangiles, les Épîtres et autres écrits inspirés des Apôtres, commencèrent à être réunis en volume. « Jusqu'alors, dit Gieseler, les lettres des Apôtres avaient toujours été lues dans les assemblées des Églises auxquelles elles avaient été adressées et dans celles des Églises immédiatement voisines. Il n'y avait encore aucun recueil des récits évangéliques universellement reçu. Les recueils existants servaient seulement, dans les milieux où ils se trouvaient, à l'usage privé. Lorsque les relations entre les Églises devinrent plus intimes, elles se communiquèrent, dans leur intérêt commun vis-à-vis des hérétiques, les écrits authentiques des Apôtres. Ainsi le Canon commença à être formé dès la première moitié du ne siècle, bien que, dans plusieurs communautés, d'autres écrits, à peu près, sinon tout à fait aussi estimés que ceux des Apôtres, continuassent à être employés 2. » Dieu, dans sa sagesse infinie, permettait ainsi que le Nouveau Testament, ce trésor inestimable, cette règle de la foi et de la vie de l'Église pour tous les temps, fût formé comme l'avait été le recueil sacré des Juifs.

Avec les deux Antonins, successeurs d'Adrien, la philosophie monta sur le trône. Antonin le Pieux (138- 161) fonda et dota des chaires des diverses écoles de

1. Robertson, Hist. of the Church, 2^ éd. I, 21; Eiisèbe, liv. IV, ch. v.; Kurtz, Hist. of the Church (trad. Clark), p. 99; Néander, I, 475, etc.

2. K.G., l, 178. Dans la trad. angl., I, 161. — Ainsi, on se servait de VEpître de Clément de Rome et du Pasteur d'Hermas.

philosophie dans les principales villes de l'empire. On a même supposé que son but était de faire, par ce moyen, échec au christianisme K En tous cas, Antonin était un prince trop humain, un philanthrope trop décidé, pour permettre qu'une partie de ses sujets fût livrée en proie au reste. Aussi, lorsqu'après des calamités successives la populace des états grecs commença à courir sus aux chrétiens, promulgua-t-il des rescrits destinés à réprimer ces violences ^

Marc-Aurèle (161-180), gendre d'Antonin le Pieux, dépassa son beau -père dans son zèle à maintenir l'ancienne religion. En Asie Mineure, les chrétiens furent traités avec une rigueur telle que Méliton, évêque de Sardes, comparaissant devant l'empereur pour les défendre, put lui dire ^ : « Les adorateurs de Dieu dans ce pays sont persécutés, par suite des nouveaux édits, plus qu'ils ne l'ont jamais été. Des délateurs, avides des biens d'autrui, n'ont pas honte de profiter de ces édits pour piller jour et nuit d'innocentes victimes. Si c'est par vos ordres que de pareils excès sont commis, nous nous inclinerons ; bien plus, nous subirons volontiers une mort aussi honorable. Mais nous vous demandons une grâce : c'est de bien vouloir vous informer vous-même de ces affaires et de décider avec impartialité si les chrétiens méritent des punitions et la mort, ou, au contraire, votre protection et le repos. Mais si ces nouveaux édits, qui seraient intolérables même appliqués à des barbares ennemis, n'émanent pas de vous, alors et avec un

1. Sept chaires de professeurs de ce genre furent créées à Athènes. Le traitement qui y était attaché variait entre 10 et 15,000 francs. Cf. Gooper, Free Chiirch, p. 178.

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