Constantin^ liv. IV, chap. xxii
les dotèrent et les ornèrent de trésors artistiques. Tout particulièrement, on embellit les églises dédiées à certains martyrs de tableaux représentant, soit des scènes de leur martyre, soit des sujets empruntés à l'Ancien et au Nouveau Testaments \
Bien qu'Eusèbe ^ assure que l'idée seule d'avoir des peintures dans les lieux de culte le choque, il est hors doute que l'usage d'y en mettre n'ait déjà commencé avant Fépoque de Constantin. Un des canons du concile d'Elvire défend ^ de peindre sur les murs des églises les objets du culte et de l'adoration des fidèles ^ ». A une époque plus avancée du iv'' siècle, cet usage soulevait rindignation du vieil Épiphane, évêque de Salamine (367-403), dans l'île de Chypre. Un jour il arrive dans une église des environs de Jérusalem et voit un portrait du Christ ou d'un saint sur une tenture. Aussitôt il l'arrache en déclarant q^ue c'est une abomination et une désobéissance à l'Écriture, que de suspendre l'image d'un homme dans une église chrétienne. La tenture serait bien mieux employée, ajouta-t-il, si l'on s'en servait pour ensevelir un pauvre. De retour chez lui, il envoie une tenture sans ornement pour remplacer celle qu'il a arrachée ^ Bientôt on ajouta des statues aux tableaux, mais cet usage, qui devait se transformer peu à peu en culte
1. Néander, III, 407. Sur la fontaine de la place du marché à Constantinople, on voyait une représentation 'du Bon Berger et une de Daniel dans la fosse aux lions. Les lions étaient en cuivre et leurs écailles dorées. Au palais, l'empereur avait fait mettre dans la principale chambre à coucher un lambris orné d'or et de pierres précieuses, portant dans le centre la croix, symbole de la passion du Seigneur. « Aux yeux de ce prince si pieux, ajoute Eusèbe, ce symbole était comme le charme protecteur de l'empire. » Constantin, liv. III, chap. xLvm.