Mediaeval Church History, lect. I, p
des chutes. Les triomphes peuvent être plus sensibles à tel ou tel moment, clans tel ou tel pays, tandis que les chutes le sont dans d'autres. Mais ni les triomphes, ni les chutes ne restent cachés. Il peut y avoir des chrétiens qui ne voient qu'un seul côté; cherchons à ne fermer les yeux sur aucun des deux. Pour nous, qui croyons à la divine fondation de l'Église dans le monde, sachons voir dans tous les temps — et bien des preuves infaillibles sont là pour nous y aider — l'Église triomphante. Mais, d'un autre côté, puisque nous savons que le trésor de la grâce est contenu dans des vases de terre, sachons aussi voir les chutes de toutes les époques, voir l'idée divine toujours imparfaitement réalisée par l'humanité; en un mot, contemplons courageusement les deux faces de la vérité. »
Au milieu de toutes les vicissitudes de la vie extérieure de l'Église, au milieu de ses luttes et de ses altérations, un point doit particulièrement frapper le chrétien sérieux. De génération en génération, on rencontre ' des témoins de Christ. L'organisation de l'Église a pu être corrompue; la foi a pu être encombrée par des inventions humaines ou par des restaurations appartenant à une économie antérieure, mais il ne s'en est pas moins trouvé des hommes dont les écrits, marqués, pour ainsi dire, du sceau de l'Esprit-Saint, peuvent encore servir à défendre la vraie foi chrétienne. L'influence des Irénée, des Tertullien, des Gyprien, des Clément, des Origène, n'a pu que contribuer à édifier et à accroître l'Église spirituelle de Christ, et ce ne sont pas quelques doctrines ou quelques idées sur le gouvernement de l'Église, dépassant les unes et les autres les limites de l'enseignement biblique, qui ont
pu empêcher ce résultat. Ils étaient les témoins vivants d'un vivant Sauveur. Ce sont de tels hommes que d âge en âge le Seigneur suscite, pour qu'ils lui rendent témoignage dans le monde, pour qu'ils nourrissent et dirigent l'Église , qu'il s'est acquise par son propre sang. Nous ne devons pas oublier non plus quelquesuns de ceux dont la situation extérieure dans l'Église a été toute différente, et dont aucun monument n'a conservé les noms; ni même certains chrétiens auxquels les « Pères de l'Église » ont refusé la main d'association. De tels hommes aussi, bien qu'on ait pu les taxer d'hérésie, à l'égal des docteurs de l'erreur et de l'immoralité; bien que les hommes ne leur aient témoigné ni reconnaissance, ni honneur; de tels hommes, disons-nous, ont occupé une vraie et importante place dans l'Église universelle et ont, au même titre que leurs frères plus illustres, et dans de plus difficiles circonstances, rendu à leur Seigneur un témoignage vivant et précieux.
Si donc l'étude de l'histoire de l'Église primitive fournit de nombreuses preuves des erreurs et de l'infirmité humaines; si, trop souvent, elle remplit le cœur de tristesse, en montrant le bien transformé en mal ou méconnu, elle n'en renferme pas moins un enseignement d'un prix exceptionnel à nos yeux. Elle confirme notre foi dans la sagesse de Dieu et dans ses desseins miséricordieux pour l'humanité. Elle nous montre qu'il a toujours veillé sur son Église; qu'il n'a jamais permis que la lumière de la vérité fût éteinte; qu'il a toujours pourvu aux besoins de chaque génération. Même dans les périodes les plus sombres, alors que les siècles avaient abaissé le niveau de l'Église au point que, dans
son culte et dans sa manière de concevoir la piété, elle semblait avoir complètement perdu son caractère primitif, il y avait encore dans son sein, comme en Israël au temps de l'idolâtrie d'Achab, sept mille hommes qui n'avaient pas fléchi le genou devant Baal. Les âges les moins brillants de l'Église ont toujours offert l'espérance précieuse d une nouvelle aurore. Sans doute, depuis que la lumière éclatante de la Réforme a paru, le ciel de l'Église a souvent été couvert par des nuages amoncelés. Mais l'Église n'en conserve pas moins sa marche ascensionnelle vers la vérité, et c'est dans l'espérance d'un avenir de plus en plus glorieux que nous pouvons rendre à Dieu de joyeuses actions de grâces.
TABLE CHRONOLOGIQUE
EMPEREURS
Tibère
Galigula.
Claude
Néron
Galba, Othon.
Vitellius.
Vespasien
Titus.
Domitien
Nerva.
Trajan
Adrien
Antonin le Pieux.
événements; hommes marquants
Etienne, premier martyr chrétien
Mort de Tapôtre Jacques
Persécution à Rome
Martyre de Pierre et de Paul
Destruction de Jérusalem
Persécution. L'apôtre Jean banni à Pathmos
Mort de l'apôtre Jean
Epître de Clément de Rome.
Le Pasteur d^Hermas. Epitre de Barnabas.
La Didachè, ou Enseignement des douze apôtres.
Pline, proconsul de Bithynie
Martyre d'Ignace
Apologies de Quadratus et d'Aristide..
Lettre à Diognète.
Insurrection des Juifs ; Jérusalem est détruite de nouveau; l'Eglise paganochrétiénne devient indépendante
Clôture du canon du Nouveau Testament.
Celse attaque le christianisme.
Première Apologie de Justin-Martyr i.
Martyre de Polycarpe
1. Nous avons donné ailleurs, d'après l'opinion générale, 138 pour date de la Première Apologie de Justin. Un examen plus attentif semble rendre préférable, aussi bien pour des motifs internes qu'externes, de la placer non plus vers le début, mais vers le milieu du règne d'Antonin le Pieux, c'est-à-dire vers 148. — Voy. Dict. Christ. Biog., art. Justin-Martyr, p. 563-565.
TABLE CHRONOLOGIQUE
EMPEREURS
Marc-Aurèle . . .
Commode
Pertinax.
Didius Julien.
Septime Sévère.
Caracalla.
Macrin.
Héliogabale.
Alexandre Sévère.
Maximin le Thrace
Gordien.
Philippe
Décius
Gallus
Valérien
Gallien
Gallien.
Claude..
Aurélien
Tacite...
Probus.
Carus.. .
Carinus.
I Numérien.
Dioclétien
Maximien