De la modestie, VII, X
doivent être les représentants de la paix et de la tempérance ^
Au 11^ et au iii^ siècle, tout essai d'introduire des peintures ou des statues dans les lieux de culte aurait rencontré la plus vive résistance. Eusèbe lui-même, au iv*" siècle, écrivant à Constance, fille de Constantin, lui demande, non sans indignation : « Quelle est cette image, que vous nommez l'image de Christ, au sujet de laquelle vous avez écrit, et de quelle espèce est-elle ? Avez-vous jamais vu vous-même une pareille image dans une église, ou entendu parler d'une église où il y en eût ? » Et il ajoute qu'il a enlevé à une femme deux portraits d'hommes habillés comme des philosophes et qu'elle croyait être ceux du Sauveur et de Paul, de peur que « nous ne semblions, nous les chrétiens, transporter notre Dieu çà et là, comme les idolâtres transportent les leurs ^ »
L'usage des crucifix est bien postérieur encore.
§ VIII. Les évangiles apocryphes, — Un des obstacles, venus du dedans, contre lesquels le christianisme eut à lutter, fut la publication d'Évangiles apocryphes et de canons soi-disant apostoliques. On suppose que beaucoup de ces écrits furent fabriqués par des sectes hérétiques ou par des membres de l'Église, intéressés à faire triompher leurs opinions particulières, dogmatiques ou morales. Denys de Corinthe (168-177) se plaint déjà des falsifications introduites dans le texte des évangiles ou même dans ses propres lettres. « J'ai
\. Pédagogue, liv. III, ch. xi.