Exh. aux Gentils, IV
l'église primitive 131 car c'est, dit-il, « un art qui distrait les esprits insensés, et fait descendre les yeux de Tâme de la contemplation de Dieu à celle des ciioses de la terre \ »
Ce furent les usages de la vie de famille qui permirent au culte des images de s'insinuer peu à peu dans FÉglise. A chaque pas les yeux des chrétiens étaient offusqués par des objets rappelant la mythologie païenne. Sur les murs des magasins, des lieux de réunion, des chambres à coucher, ils voyaient des peintures licencieuses ; sur les coupes, les anneaux, les sceaux, des gravures provocatrices de la luxure.... ^ A ces peintures ou gravures les chrétiens en substituèrent d'autres, qui devaient leur rappeler, à chaque instant, l'enseignement et les faits évangéliques. Ainsi Tertullien dit quelque part : « Nous pouvons commencer par reproduire les paraboles, par exemple celle de la brebis perdue que le Seigneur a cherchée et rapportée sur ses épaules. Que cette scène soit gravée sur vos coupes. » Et ailleurs il parle encore du bon berger gravé sur les coupes ^ Clément, qui paraît en cela oublier ses interdictions antérieures, parle des anneaux des chrétiens et leur recommande d'y faire graver une colombe, ou un poisson, ou un vaisseau aux voiles gonflées, ou une harpe, ou une ancre, ou enfin un pêcheur, qui rappelle l'apôtre et les enfants retirés de l'eau (à leur baptême). Mais il recommande de se garder des figures des idoles, avec lesquelles les chrétiens ne doivent avoir aucun rapport; ou de l'image d'un arc, d'une épée, d'une coupe, puisqu'ils