‹ L'Église réformée de Paris sous Henri IVChapitre 109 sur 558 · ANTOINE DE LA FAYE · texte numérisé non relu

ANTOINE DE LA FAYE

Cordeliers, la Faye était propriétaire d'une maison, louée à Lobéran en 1604. Il en avait encore trois autres « attenant l'une à l'aultre, sises près la porte Saint-Germain ; » comme fortune mobilière il possédait à la fin de sa vie au moins « quinze cents livres de rente sur les aides et recettes générales » lui appartenant « tant de son propre, que d'acquêts ; » plus cent livres de rente que lui payait Lobéran. Pour un capital de seize cents livres que lui confie l'Eglise de Paris, il paiera un intérêt de 6 1/4 pour cent, soit cent livres par an *.

La Faye était marié, mais il n'eut pas d'enfants. Sa femme s'appelait Anne de Rueil '-.

Pas plus que Lobéran, La Faye n'a laissé d'oeuvres imprimées 3. Gomme lui ce fut surtout un homme d'action plutôt qu'un théoricien et un penseur. Il fut pasteur de l'Eglise de Paris pendant au moins trente ans, puisqu'il figure déjà en cette qualité au synode national de 1579 qui l'élut modérateur 4. Nous avons rappelé comment il se trouva, en qualité d'aumônier, dans l'entourage immédiat d'Henri IV jusqu'au jour même de son abjuration, et comment il remplit les mêmes fonctions auprès de Madame jusqu'à son départ de Paris.

Lorsqu'il mourut en 1609, il fut enterré « avec un grandissime convoy » au cimetière du faubourg Saint-Germain 5. Lobéran

nasquirent d'une mesme couche le der" jour de juillet 1602 et furent baptisées le dimanche XIe jour dudict mois d'aoust et portées assavoir Magdeleine aisnée par M. D'Amours et Mlle de Ruvigné, et Anne la jeune par M. le baron de Monge ('? serait-ce Monchy près Gournay) et M. de la Faye par adjonction, et Mlle de Bantelleu » (Banthèlu dont il est question à la page 133).

1. Voir ci-après : ressources de l'Eglise de Paris, et testaments.

2. Il en est question dans les registres de M° François notamment à propos de la répartition d'un héritage de douze cents livres entre elle et Marie de Rueil — sa sœur probablement — fille d'Israël de Rueil et Nicolle de Bezançon. Marie de Rueil épousa un autre « M. de Bezançon » (Guillaume) (Min. François, 1604, n° 116). L'Estoile appelle Mme de la Faye « Anne de la Grange » en lui donnant probablement le nom d'une de ses terres (Loc. cit., 1609).

3. On possède seulement quelques lettres de lui adressées à l'Eglise de Xeucliàtel pour obtenir le renvoi à Paris du pasteur d'Amours, en 1582-84 («. h. p., 1863, p. 503-508).

4. En juin 1583, il écrit (à Baie semblc-t-il) quelques mots dans VAlhni.i amicorum de .1. Durant (H. h. p., 1863. p. 228).

5. Journal de I'Estoili:, mars 1609, p. 503 ; les registres du fossoyeur, dont le Bull. h. p. (1863, p. 276) a publié des extraits, portent seulement : « le corps du deffunt a esté accompagné par de ses amis et archers du

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qui l'avait eu pour collègue — et d'abord son seul collègue pendant si longtemps, — lui survécut dix ans. Il se trouva d'abord, pendant quelque temps, partager de nouveau toute la tâche avec le pasteur qu'ils avaient, d'un commun accord, appelé à Paris, Pierre du Moulin. Et c'est à La Paye, semble-t-il, que revient surtout l'honneur d'avoir, le premier deviné, et retenu pour le service de l'Eglise le jeune homme qui devait y acquérir une éclatante renommée. Avant d'en parler plus longuement, il faut dire quelques mots d'un pasteur contemporain de Lobéran et La Paye, qui desservit l'Eglise de Paris en même temps, mais à intervalles irréguliers : J. Couët.

§ 3. Jacques Couët

Comme Lobéran et La Paye, Jacques Couët avait été aumônier du roi, et celui-ci appréciait sa « suffisance, fidélité et capacité à traitter la Parolle de Dieu *. »

Comme eux encore, il était d'une bonne famille de haute bourgeoisie - et plus directement qu'eux, il se trouvait, par ses origines mêmes, en rapports étroits avec l'Eglise de la capitale. Né à Paris en 1546, Jacques Couët était fils de Philibert Couët, seigneur du Vivier -, avocat au parlement et maître des requêtes de la reine, poste occupé déjà par le grand père, Gilbert Couët. Par sa mère Marie Gohorry, Jacques Couët était, d'autre part, allié aux Harlay, de Thou et autres familles illustres dans les fastes du Parlement de Paris 4.

Pasteur depuis 1506 comme Lobéran, et forcé de s'expatrier « au temps des massacres de France » comme le dit son projet

guet ; » la date imprimée là : 18 mai paraît erronée, et il faut plutôt lire, conformément à l'indication de I'Estoile : 18 mars (l'acte précédent est du 9 mars).

1. Lettre d'Henri IV, datée de Saint-Denis, le 17 juillet 1590, lui annonçant cette nomination. En 1863 (B. h. p., p. 273) cette lettre était en la possession de M. Couët de Lorry, de Metz.

2. Et même « d'une famille noble », d'après l'Histoire de l'Eglise de Bàle, par P. Roques (1720) dont le B. h. p., 1863, p. 265 et suiv.j a publié quelques pages.

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