JACQUES COUET
de testament l, on le trouve en 1576 de nouveau en Bourgogne, auprès des chefs du parti huguenot, les Villarnoul, desservant leur église de fief an Vau-Jaucourt 2 et l'église d'Avallon •"•. Au synode national de 1579 il est adjoint au modérateur qui est précisément La Faye ; Cayer s'y trouvait également et il n'y eut point de sympathie entre eux4. Marié en 1567 avec Barbe Courtois d'Avallon, il avait acheté, avec une partie de sa dot, un petit domaine sur lequel il fit bâtir « une métairie à Bussières, terre de Messieurs de Villarnoul 5. »
Pasteur à Bàle depuis 1588 ,!, il reste en rapports constants avec les synodes de son pays natal, « en la créance de nos Eglises françaises7; » désigné par elles (1590) pour servir auprès du roi, il ne remplit peut-être pas effectivement cette charge ; en tout cas il refusa ensuite de venir près de Madame à Paris ; il consentit seulement, comme nous l'avons vu, à se rendre en
1. Ms. autographe à la Bibl. h. prot. Voir nos pièces justificatives, XXV.
2. Le Vault de Lugny en aval d'Avallon et de Villarnoux, sur la Cure, dans le département de l'Yonne.
3. Eu juin 1584 il signe « in villa Arnoldi » dans l'Album amicorum de son beau-frère Durant (B. h. p., 1863, p. 229). Cf. F. Naef, la Réforme en Bourgogne, éditée par R. Claparède (1901), p. 84. La ville même d'Avallon était très catholique et formait vers 1570 comme un ilôt au milieu du pays environnant, dont les protestants occupaient les points principaux. Le seigneur de Jaucourt avait alors « repris des habitudes de seigneur féodal et parcourait le pays à la tète d'une petite armée » (Vallery-Radot, Un coin de Bourgogne : le pays d'Avallon, 3' éd., 1893, p. 130). Avallon persista, dans sa résistance, même quelque temps après l'abjuration du roi. Et lorsqu'il s'agit d'exécuter l'édit de Nantes, les commissaires demandant pour lieu d'exercice un faubourg de la ville, cela ne fut pas accordé, et le culte fut célébré au village de Savry (Challe, le Calvinisme dans l'Yonne, t. II, p. 252).
4. « L'arrogance est son ordinaire à ce qu'on dit, car je ne l'ay jamais veu qu'à Figeac là où il se fit assez suffisamment mocquer de luy pour son fast et présomptueuse contenance en tous ses actes » (Cayet, Remonstrance à Madame, 1601, p. 13).