Projet de testament
1599 à Nancy pour disputer contre un Jésuite et un capucin1. « Tout, écrit-il alors, est icy bandé pour induire Madame à aller à la messe. » Il la fortifie dans sa résistance, entreprend à ce propos une discussion par écrit avec P. Cayer - ; c'est à ce moment aussi que la duchesse lui exprime ses regrets de le voir refuser avec tant d'obstination de prêcher à Paris, mais elle n'insiste plus : « Madame me dit que j'avais assez fait entendre ({ue je ne vouloys suivre la court. » Il n'accepta pas davantage un appel de l'Eglise de Metz qui désirait se l'attacher, après la conférence ; il vint toutefois y donner une prédication de temps à autre.
L'Eglise de Paris, sans se décourager, fait de nouvelles démarches dès que l'exercice est établi à Ablon. En mai 1601 le synode 3 prie Couët de venir en personne examiner la question. Les lettres ne l'atteignent pas ; « il ne s'est pas trouvé à Paris. » Le député de la Bourgogne a beau protester que Couët appartient toujours à cette province, « le synode autorise les poursuites que l'Eglise de Paris fait » pour s'assurer le ministère de ce pasteur si recherché. Malgré les réclamations de la même Eglise, le synode prit une décision contraire relativement à un autre pasteur naguère en fonctions auprès du roi comme Lobéran, La Eaye, et peut-être Couët : Gabriel d'Amours fut déclaré valablement appelé à desservir une autre Eglise que celle de Paris (Chàtelîerault) 4.
Couët n'accepta pas, cette fois encore, une vocation définitive •"' ; mais de temps à autre, pour un « quartier » il vient
1. Notons qu'un des prédécesseurs de J. du Moulin dans l'Eglise d'Orléans, D. Toussaint, était beau-frère de Couët. Voir ci-dessus et Fr. prot., 2e éd., t. IV, col. 765.
2. Scriptum pseudoministri Coueti ad M. Petriim Yictorem Palman (sic) Caietanum doctorem sacrée theologiiv etc. per iureconsultos quosdam in manus tradition ut ei scripto responderet, imprimé par Cayer à la suite (p. 105) de sa Remonslrance à Madame, 1601.
3. Quick, Synodicon, I, 221, matières particulières, xxx et xxxm ; Aymon, I, 251 (xxxi et xxxvn). M. Coquerel avait en vain cherché ce renseignement (H. h. p., 1867, p. 356).
4. Quick, Synodicon, I, 213. Nous n'avons pas consacré ici d'étude à la personne, si intéressante, de G. d'Amours, précisément parce qu'il n'a plus exercé son ministère à Paris après l'édit de Nantes, et n'a fait même auprès de Madame que de courts séjours (en 1596 et 1598 p. ex. ; Fr. pr., 2e éd., I, 178).
5. On est < hors d'espérance d'avoir le sieur Couët », écrit Mme de Mornay à propos de l'année 1604 (Mémoires, éd. de Witt, t. I, p. 39).