‹ L'Église réformée de Paris sous Henri IVChapitre 113 sur 558 · JACQUES COUET · texte numérisé non relu

JACQUES COUET

prêcher à Ablon : par exemple en juillet et août 1603, époque où la duchesse de Bar fit un voyage à Paris : et peut-être l'accompagnait-il. Madame Casaubon l'entend avec « un vrai et ineffable contentement de l'âme ; » le savant helléniste luimême déclare Couët « riche de cette science qui est la vraie. » Dans les Ephémérides écrites au retour d' Ablon, nous lisons : « Que dire de l'excellence de ce sermon ? Le temps qu'il a duré m'a paru bien court * ! » Cependant Couët était parfois fort long, prêchant jusqu'à deux heures de suite. Mais il savait intéresser ses auditeurs les plus cultivés. Sa doctrine était strictement calviniste, par exemple en ce qui concerne la prédestination. Elle lui valut de violentes attaques, entre autres de la part de l'évêque de Nevers Arnaud Sorbin qui l'appelle en 1604 « soy disant ministre de la paroisse d' Ablon lès Paris. » Les seuls ouvrages imprimés qu'ait laissés Couët sont d'ailleurs des traités de controverse contre les catholiques, les luthériens et les sociniens 2.

Ces fréquents voyages de Bàle à Paris, à Metz et en Bourgogne étaient singulièrement pénibles à une époque où les routes et les moyens de transport étaient encore très primitifs. Couët ne s'y résignait que par -devoir, soupirant après le temps où « ne bougeant plus » il pourrait achever paisiblement ses jours avec sa famille et ses pensionnaires de Bàle, au « faubourg de la Chetayne » » ou dans sa maison rustique de Bourgogne.

En attendant cette époque, qui ne devait jamais venir, hélas ! il revient une fois encore « en échange ordinaire » à Paris au commencement de 1606. Une lettre à sa fdle (29 janvier), d'un style d'une simplicité et d'une vivacité charmantes 4, le montre plein de tendresse pour les siens, « souvent malades quand j'en suis eslongné ; » il pense à eux en se demandant avec angoisse si, décidément, il doit accepter l'appel que lui adresse avec de

1. Ed. Russell, p. 507 : « Développant le texte de saint Mathieu. XV, 10, il a parlé des divers surnoms du Christ, surtout consiliarius et J.ôyoç S 1)U!S il a exposé d'une manière très instructive ce que c'est qu'entendre et comprendre ; il a montré que dans L'Eglise papiste ces deux actions, entendre et comprendre, n'occupent guère de place. Enfin il a expliqué le sens de ce passage du livre des Actes où une grande nappe apparaît à Pierre. »

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