Paul, filleul du chancelier de Navarre Calignon
2. Et non Chabaïuiij comme on a traduit. (B. h. p., 1853, p. 270).
3. Il y a Moninius qu'on peut lire Montinius plutôt que Molinseus (Du Moulin), correction préférée par le B. h. p., 1853, p. 272.
4. Le Ier juin 1602, Casaubon écrit à Périllau (autogr. à la Bibl. h. pr.) : Monsieur mon très cher frère, lorsque je receus vos dernières lettres
j'estois en affliction pour la maladie d'un mien nepveu que avés pu voir à la maison. Et depuis la mort d'icelui j'en ai receu une très grande fascherie, pour l'amitié que je portois à sa douce nature. Toutefois je recognois qu'il faut acquiescer à la volonté de nostre bon Dieu : auquel soit honneur et gloire. Despuis ma femme a aussi esté malade et moi presque toujours languissant. »
§ 4. Culte public et particulier
Voilà comment agissaient dans la vie et en face de la mort les membres de l'Eglise de Paris. Leur vie spirituelle était bien celle que dépeignait leur pasteur Du Moulin ; « Dieu aime une probité gaie, une joie non insolente, une simplicité prudente, une piété franche et sans feintise, qui ne tâche point de complaire aux hommes, mais tâche de plaire à Dieu, par laquelle un homme est bon en dedans et en dehors, comme une étoffe à deux endroits... Pensez souvent à la mort, de peur qu'elle ne vous surprenne, et afin que, quand elle viendra, elle vous trouve préparés. En bien vivant vous apprendrez à bien mourir 1. »
Ces protestants du xvne siècle étaient souvent les dignes fils et petits fils des martyrs et confesseurs de la foi. Ils profitaient avec ardeur de la liberté récemment acquise, et il fallait des raisons de force majeure pour les empêcher de prendre chaque dimanche ce long et mauvais chemin du temple qui, ailleurs, s'appelait, d'un « nom prédestiné - » : « le chemin des bannis. »
Lorsque la maladie grave, le temps affreux ou quelque raison exceptionnellement sérieuse les retenait loin d'Ablon, tous les protestants parisiens ne pouvaient, comme Casaubon, méditer chez eux la Bible en hébreu et en grec, puis les Commentaires des Pères et des réformateurs en latin 3 mais tous lisaient alors en famille l'Ecriture sainte avec notes explicatives en langue française de Calvin et de Bèze — celui-ci encore vivant — . Il y avait aussi quelques recueils de sermons imprimés 4, et surtout