CONSEILLERS AU PARLEMENT
Chalmot, sieur du Breuil, de la Tour et de Bois-Vasselot l, et Pierre Berger, avocat au Parlement de Paris, désigné par la province de l'Ile de France -. On leur adjoignit en février 1600 du Coudray lui-même '■'•, et en mars MM. Godefroy, autre avocat au Parlement de Paris, que le roi désirait particulièrement voir nommé 4, et Daniel de Chandieu 5, désigné par le synode provin-
1. Précédemment avocat à Saint-Maixenl (Fr. prot., 2" éd., t. III, col. 1011).
2. Parrain d'un frère cadet de P. du Moulin en 1570 (B. h. p., 1858, p. 172), il épousa une trentaine d'années plus tard Marie Bochart dont le frère a épousé Mlle du Moulin (Fr. prot., t. II, col. 328 et 648). Un arrêt du conseil d'Etat du 28 février 1608 approuve la résignation faite par lui en faveur de son fils (Arch nat. E 16a, fol. 265 et ms. fr. 18173, fol. 97). Sa conversion au catholicisme fut l'objet de grandes discussions après cette époque dans le parlement et les Synodes.
3. Jean Rochelle, sieur du Coudray (près Pérignj', Charente-Inférieure I, est le fils d'un maire de la Rochelle, lui-même échevin et député de la ville à l'assemblée de Châtelleraut, qui l'envoie remercier le roi d'avoir signé l'édit de Nantes (B. h. p., 1898, p. 322) ; en mars 1599 inversement il porte « à Messieurs les pasteurs du Consistoire de La Rochelle une lettre du roi faisant entendre le soin pris pour la vérification de l'Edit » (Lettres missives d'Henri IV, t. V, p. 99). Il fut député général jusqu'au moment (juillet 1600) où il devint conseiller au Parlement de Paris. Nous ne savons s'il est parent d'un du Coudray qui dès 1595 figure sur les registres de l'Eglise de Paris. En 1608 (ib., p. 265), Jean du Coudray est parrain ; cette même année son collègue protestant Rullion et M. de la Noue se réunissent chez lui pour examiner une affaire concernant Charnier (Journal de ce pasteurs, B. h. p., 1853, p. 433). E. Renoît {Hist. de l'Edit, I, II, p. 111) dit que " chaque année, au temps des vacations, il faisait un voyage à La Rochelle, dont il était échevin » (1612). Sur le baptême de son fils à Paris en 1003, voir ci-dessus et Fr. prot., V, 655.
4. Denis Godefroy « advocat au Parlement de Paris et professeur aux lois, R. D. G. » (bourgeois de Genève ?) se trouvait à Genève en mars 1584 lorsqu'il écrit dans l'Album de J. Durant (B. h. p., 1863, p. 229). On lui attribue, entre autres ouvrages anonymes, la « Maintenue et Défense des Princes souverains et Eglises chrestiennes, contre les attentats, usurpations et excommunications des papes de Rome (in-8°, s. 1., 1592), et » Pape controrolé, où se preuve que de toute ancienneté la jurisdiction ecclésiastique a appartenu aux Roys et magistrats, » avec une préface au duc de Bouillon (A Leyde, par Hendrick Rodouerdeu. 1603, in-8") ; M. A. Claudin pensait que ce livre avait été réellement imprimé à Sedan, par J. Salesse — comme le précédent (Catalogue de la bibliothèque J. R. Rrincourt, Paris, Paul, 1909, p. 13). II se peut aussi qu'il ait été imprimé à Paris même par un des imprimeurs protestants dont nous parlerons ci-après (IIe p., ch. V, § 3).
5. Sur la famille dauphinoise des Chandieu voy. B. h. p., 1890, p. 271-282. C'est au château féodal de ce nom, à l'est de Lyon, sur les bords du Rhône, que les protestants lyonnais sont allés, pendant quelques temps, notamment
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cial de Jargeau. Godefroy fut remplacé bientôt par M. de Bullion, d'une très ancienne famille d'Auvergne ] apparentée aux Lamoignon et aux Sillerv à Paris, aux Anjorrant (de Glaye) et Brosses à Genève 2.
de 1597 à fin 1600 (B. h. p., 1863, p. 484) assister au culte : Casaubon s'y rend, au cours d'un voyage, le 2 janvier 1600 (Ephémérides). Les armes des Chandieu étaient : de gueules au lion d'or armé et lampassé d'azur, et leur devise : » Pour l'éternité ! » Daniel de Chandieu, né en 1574 (B. h. p., 1888, p. 409), était l'un des treize enfants d'Antoine de Chandieu, pasteur de Paris en 1555 et ensuite l'un des aumôniers d'Henri IV. Jean, l'aîné, fut commissaire pour l'exécution de l'édit en Auvergne (B. h. p., 1898, p. 442). Daniel était en pension à Heidelberg auprès de Toussaint, le beau-frère de Couët, en 1588 {ibid., 1888, p. 621). Inscrivant quelques lignes à la fin du journal de son père après la mort de celui-ci (1591), il priait Dieu de faire les enfants « héritiers de la piété, de la foi et de la droiture paternelles » (B. h. p., 1888, p. 635). En 1601 il habitait » rue de la Harpe en la maison de la Croix-Blanche », et possédait en Beauce la seigneurie de Folleville au sujet de laquelle il fait en juillet 1601 une transaction avec François de Balzac, bailli d'Orléans, seigneur d'Entragues et de Marcoussis (Répertoire des minutes de Me Richard Bourgeois, auj. dans l'étude de Me Démanche ; cf. en septembre 1601 une procuration de D. de Chandieu).
1. La terre de Bullion, d'où cette famille tirait son nom d'après la Noblesse d'Auvergne, était « près de Maringues en Bourgogne. » Au point de vue des circonscriptions territoriales de l'Eglise réformée, l'Eglise de Maringues dépendait aussi du colloque de Châlon (Naef, la Réforme en Bourgogne, éd. Claparède, p. 126). Maringues (arr. de Thiers) fut désigné comme lieu d'exercice de la sénéchaussée de Riom par les commissaires Frère et Chandieu en septembre 1603 (B. h. p., 1898, p. 442). Cette localité appartenait au duc de Bouillon.
Bullion est aussi le nom d'un village de Seine-et-Oise (canton de Donrdan nord). Précisément <■ à cause de la similitude du nom et pour agrandir ses fiefs de Bonnelles et des Carneaux, » Cl. de Bullion acheta cette seigneurie vers 1611 (Wideville [par le comte de Galard], 1874, in-4°, p. 26, n. 1). Les armes qu'on voit en plusieurs endroits de l'église de ce village sont celles des Bullion : écartelé au 1er et au 4e d'azur au lion d'or, issant de trois ondes d'argent, au 2e et 3e d'argent à la bande de gueules accompagnée de six coquilles de même, trois en chef et trois en pointes, qui est de Vincent.
2. « Ung nommé Bullion, seigneur de Laj'et » (La3re) figure sur la liste des huguenots de Lyon et environs dont les biens sont confisqués en 1568 par ordonnance royale (Fr. prof., 2" éd., t. I, col. 280). Etait-ce Claude de Bullion secrétaire du roi en 1567 (Wideville, p. 26), conseiller au parlement en 1575 (M. de Boislisle, t. I, p. 104, n. 5, des Mémoires de Saint-Simon, le cite en même temps qu'un autre nommé également Claude), ou était-ce Jean, sieur d'Arny, qui avait épousé Charlotte de Lamoignon ? Les deux filles de celui-ci épousèrent des protestants : l'une, Françoise, née en 1571, Pierre Anjorrant, conseiller au parlement de Bretagne (Fr. prot., 2e éd., II,